ANALYSE DES SIROSITÉS. — DOSAGE DE LA SÉUIXE
additionnée d’un peu de chlorure de sodium est précipitée par la chaleur. Le précipité jeté sur un filtre taré est pesé après lavage et dessiccation ; il représente le poids de la paralbumine.
On pourrait encore précipiter la solution finale de la paralbumine par cinq volumes d’alcool acétique, filtrer après 12 heures, laver avec de l’alcool, sécher et peser.
d. Dosage des matières albuminoïdes totales.
Le liquide primitif, privé par filtration de tous les éléments solides qu’il renferme (fibrine, épithélium, etc.), est consacré au dosage en opérant, suivant les proportions d’albumine présentes, sur 25 ou bO centimètres cubes. On se sert, à cet effet, soit de la méthode de coagulation à chaud (voir Urines, p. 84), soit de la précipitation par l’alcool (voir Sang, p. 179), en épuisant le coagulum par l’éther afin d’enlever les matières grasses.
On pourrait encore empl03'er la méthode des dépôts d’Esbach (p. 93), mais le résultat serait beaucoup moins précis. 11 en est de même d’ailleurs de l’usage du polarimètre, recommandé par Vogel.
Dans le dosage des matières albuminoïdes au polarimètre, on examine le liquide primitif filtré, suivant son opacité et sa coloration, sous une épaisseur de 20, 15 ou 10 centimètres, en observant les précautions indiquées (page 102).
Les globulines ayant un pouvoir rotatoire un peu plus faible que celui de la sérine, les résultats sont en général un peu trop forts ; mais l’erreur en plus e.st assez faible pour qu’on puisse la négliger.
Remarque. — Dans le cas de diabète sucré, les sérosités peuvent renfermer du sucre dont la présence vient troubler les résultats fournis par le dosage polarimétrique des albumines; mais on tient facilement compte de la quantité do glucose en précipitant un certain volume de liquide, 50 centimètres cubes par exemple, par un excès d’alcool, 200 centimètres cubes. On sépare le dépôt albuminoïde par le filtre, et l’on évapore le liquide filtré pour chasser l’alcool; on redissout ensuite le résidu dans l’eau et l’on ramène au volume primitif, 50 centimètres cubes. La déviation à droite de cette solution de sucre devra être ajoutée à celle du liquide primitif albumineux, examiné sous la même épaisseur; Ja somme algébrique des deux représentera la déviation qu’aurait imprimée l’albumine seule au plan de polarisation, en l’absence de glucose.
e. Recherche et dosage de la sérine.
En présence de la paralbumine, la sérine est caractérisée par ce fait qu’elle reste insoluble sur le filtre qui renferme le précipité alcoolique, desséché à 30», dont on a extrait la paralbumine par l’eau tiède.
Le poids de cette sérine s’obtient facilement en retranchant du poids total des matières albuminoïdes la somme des poids de la fibrine, de la caséine, des globulines et de la paralbumine.
En l’absence de la paralbumine, on soumet à la dialyse la solution magnésienne, débarrassée comme précédemment de la caséine et des globulines, en ajoutant au liquide des traces d’acide cyanhydrique pour éviter la putréfaction. On traite ensuite la solution de sérine, restée sur le dialyseur, soit par la chaleur, soit par l’alcool et l’on procède au dosage comme on l’a dit précédemment.
ENCVCLOP.
Wi ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. - GARNIER ET SCHLAGDENHAUFFEN.
6“ Recherche de la colloïdine. — Cette matière translucide, d’aspect gélatiniforme, précipitable par l’alcool fort, non coagulable par la chaleur, ni dialysable, a été trouvée dans certains kystes de l’ovaire par MM. Gautier, Cazeneuve et Daremberg (1). Son précipité alcoolique se redissout facilement dans l’eau.
Elle n’est précipitée par aucun des agents qui précipitent les matières albumino’ides, tels que l’acide acétique, l’acide picrique et les sels métalliques. Le réactif de Millon donne à chaud une coloration rose sans la précipiter. Le tannin seul, avec l’alcool, la rend insoluble.
B. Dosage des sels minéraux.
La recherche et le dosage des sels minéraux doit se faire avec le produit de l’incinération complète de la substance, effectuée suivant les règles indiquées précédemment (p. 143). Celles-ci doivent cependant subir, dans le cas particulier, des modifications, à cause de la proportion variable de soufre et de phosphore qui se trouvent dans les sérosités à l’état de combinaisons organiques, telles que : albumines, lécithine, acide taurocholique, etc., et qui, donnant par oxydation de l’acide sulfurique et de l’acide phosphorique, transformeront certains sels qui devraient se trouver dans les cendres, particulièrement les chlorures et les carbonates, en sulfates et phosphates, avec déplacement et perte des acides chlorhydrique et carbonique correspondants.
On devra donc éliminer, au préalable, les combinaisons organiques de ce genre. A cet effet, on précipitera un certain volume du liquide primitif 50 à 100 centimètres cubes environ par un excès d’alcool. Le précipité recueilli sur un filtre lavé à l’acide, sera lavé à l’alcool, puis à l’eau à 30-40“ et les liquides alcooliques seront évaporés au bain-marie. L’extrait, repris par l’alcool absolu, cédera à ce dernier la lécithine qu’on enlèvera au nouveau produit de l'évaporation de la solution alcoolique par l’éther anhydre qui ne dissout aucun sel minéral. Tous les liquides et extraits alcooliques, réunis aux eaux de lavage du précipité albumineux seront évaporés; le résidu obtenu sera calciné, en prenant les précautions indiquées pour le lavage et l’incinération du charbon.
Le précipité albuminoïde resté sur filtre, calciné à part, donne dos cendres qui renferment les phosphates de chaux, de magnésie et peut-être de fer, et qu’on examine séparément.
G. Sérosités chyleuses.
Dans le cas particulier de liquides ascitiques d’aspect laiteux (ascite chyleuse), tin peut doser les matières grasses et albuminoïdes par la méthode d’Adam décrite pour le dosage du beurre dans le lait (p. 207) (2). L’emploi des dissolvants tels que le chloroforme, l’éther, le sulfure de carbone, agités directement avec le liquide primitif, donne en effet une émulsion blanche et très stable, dont la séparation par couches ne s’effectue jamais complètement.
Quant à la séparation des principes gras, on opère comme il est dit pour l'analyse des corps gras (p. 277).
(1) Mim. de la Soc. de biologie, 1884, p. 243.
18^^ l® réalité de l’ascite chyleuse, Journ. de pharm. et de c/iim..