‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 18 sur 206 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ANALYSE DES URINES

GÉNÉRALITÉS

Les aliments se divisent dans le tube digestif en deux parties : l’une, constituée par les substances réfractaires à l’action des sucs digestifs, est éliminée directement par l’anus ; son mélange avec les débris de la desquamation épithéliale des muqueuses stomacales et intestinales, et la partie non résorbée des sécrétions digestives constitue les fèces. La seconde, essentiellement assimiliable, pénètre par endosmose dans le torrent circulatoire, se répand dans les diverses parties de l’organisme, y séjourne un certain temps en devenant partie constituante des tissus; puis, en vertu de la loi générale du renouvellement de la matière dans les êtres animés, se transforme, sous l’influence des fonctions diverses, en produits de régression de moins en moins complexes qui sont entraînés par le sang vers les divers émonctoires. De ces produits de déchets, les uns sont éliminés par les poumons (eau, acide carbonique, azote?), les autres par la sueur et les sécrétions, on partie récrémentitielles ; mais la majeure partie des éléments solides excrémentitiels vrais passe à travers le filtre rénal : le produit de la sécrétion rénale constitue l’urine.

L’urine de l’homme présente des caractèf^s généraux qui la placent entre celle des herbivores et celle des carnivores, plus près cependant de celle-ci, bien qu’elle soit le produit final d’une alimentation mixte.

C’est un liquide limpide, d’une couleur ambrée. Sa réaction, notamment acide, ne devient neutre ou très légèrement alcaline qu’au moment de la digestion ou à la suite de bains tièdes. Sa saveur est amère et salée, et son odeur caractéristique est due à des acides volatils (phénique, taurylique, damalurique et damalique de Stœdeler. Sa densité varie entre 1005 et 1030; elle dépend d’ailleurs du

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sexe, de l'àge, du régime, et en général des conditions physiologiques diverses

de l’individu.

L’urine des 24 heures est toujours acide et doit son acidité surtout aux phosphates acides (Liebig), ainsi qu’aux acides urique, hippurique, lactique et phénique qui s’y trouvent en faible quantité.

La composilion de l’urine humaine est sous l'influence directe des conditions physiologiques et pathologiques les plus diverses de l’économie. .Lussi 1 analyse de cette sécrétion est-elle aujourd’hui de la plus haute importance pour le médecin, surtout en raison des changements qui s’y opèrent. Ces variations dépendent non seulement de la proportion des principes normaux qu’elle renferme, mais encore de leur nature ; elles sont corrélatives des transformations et modifications qui se produisent au sein de l’organisme et dont elle nous permet très souvent de nous rendre un compte exact. En dehors de ces applications au diagnostic et au pronostic de certaines affections générales ou locales, l’examen des urines est souvent le seul moyen de déterminer rigoureusement la nature et le siège de certaines maladies.

Principes constitutifs.

Les principes coiisiilulifs de l’urine se répartissent entre deux groupes naturels : t” principes constants; 2” éléments anormaux ou inconstants.

Dans le groupe des principes constants et normaux, on trouve les composés suivants : urée, acide urique, acide hippurique, créatinine, xanthine, hypoxanthine, paraxanlhine, neurine (?), acides oxalique, oxalurique et hippurique, acides sulfocyanique, phosphoglycérique, succinique, chrysophanique, etc., dérivés phénoliques, matières colorantes, principalement de l’urobiline et del’indican, matières extractives, mucus vésical, oxalate de chaux, glucose (?), acides gras (traces);— et comme éléments minéraux ; eau, potassium, sodium, ammonium, calcium, magnésium et traces de fer, sous forme de chlorures, de sulfates, ou de phosphates; traces de nitrates et de silice; acide carbonique, azote et traces d'oxygène en dissolution.

Le groupe des éléments anormaux ou inconstants contient ; de l’albumine, des globulines, de la mucine et des peptones; de la glucose, de l’inosite, de la lactose et de la maltosc; de l’acide éthyldiacétique et de l’acétone; des acides gras, lactique et succinique; des matières grasses; de la bilirubine, des pigments et des sels biliaires, de l’uroroséine, de l’hémoglobine, de la méthémoglobine, des acides sulfoconjugués des phénols, de l’acide benzo’ique, de l’alcaptone (pyrocatéchine), de l’allanto’ine, de la leucine, de la tyrosine, de la cystine, de la taurine, des ferments de l’urée et autres, des éléments de pus et de sperme; du carbonate d’ammoniaque, du phosphate ammoniaco-magnésien, de l’hydrogène sulfuré, de l’eau oxygénée (?).

Les dépôts qui se produisent fréquemment dans les urines, abandonnées au repos, alors même qu’elles étaient limpides au moment de leur émission, et qui forment des sédiments plus ou moins abondants et de couleur variable, peuvent renfermer : de l’acide urique, des urates acides de sodium, de potassium et d’ammonium ; de l’oxalate de chaux, des phosphates de chaux et de magnésie, du phosphate ammoniaco-magnésien, de la cystine, de la tyrosine, de la

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