‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 190 sur 206 · MATIÈRE COLORANTE DE LA GRAISSE HUMAINE · texte numérisé non relu

MATIÈRE COLORANTE DE LA GRAISSE HUMAINE

La graisse humaine contient une matière colorante jaune en proportion variable, laquelle présente l'odeur et la saveur de la bile. On sépare facilement cette substance en épuisant la graisse par l'alcool bouillant, filtrant et précipitant par feau ; elle reste en solution, mélangée à divers produits parmi lesquels on trouve un corps à fonction acide, du chlorure de sodium et des sels alcalins. Cette matière colorante est analogue, sinon identique, à celle que l’on trouve dans les graisses des diverses espèces animales (A. Gautier) (2) et ne serait peut-être que de la lutéine.

§ V. — .\NALySE DES ORGANES GLANDULAIRES : POUMONS, FOIE, PANCRÉAS, RATE, GLANDES SALIVAIRES, ETC.

J. GÉNÉRALITÉS

I.es connaissances relatives aux matériaux solides de ces glandes sont encore fj'ès incomplètes et il existe peu de travaux sur le dosage de ces éléments, en particulier des matières albuminoïdes et des ferments solubles qu’elles renferment. Il n’en est plus de môme heureusement des principes solubles qui sont aujourd’hui bien étudiés; le poumon, la rate, le foie, les reins, les glandes salivaires contiennent un grand nombre des composés qui se trouvent dans le tissu musculaire : ce sont la créatine, la xanthine, l’hypoxanthine, la taurine,

(I) Catalogup (le Wiesnegg, constructeur, 64, rue Gay-Lussac, Paris, 1887.

,2) A. Gautiw, Chimie physiologique, t. I, p. 333.

ANALYSE DES TISSUS ET OlîGANES. — GLANDES.

Uiiiosite, l'acide lactique et des acides gras. On a trouvé de la tyrosine et delà leuci ne dans les glandes salivaires et dans le foie, où elles paraissent être un produit de régression des matières albumino'ides et augmentent notablement dans certaines affections de cet organe. On a constaté de même la présence de l’acide urique dans le foie et la rate, celle de la guanine dans le pancréas, de la cystine dans le foie, de la nucléine dans le foie et dans diverses glandes (Plosz) (1).

Le foie renferme normalement des quantités notables do inatièi-e glycogène dont on a trouvé des traces dans le poumon, le cerveau et les testicules d’un diabétique (Crohé) (2), dans un poumon infiltré de pus, également chez un dialiélique et dans les testicules du chien (Rübne) (3).

A l’état pathologique, le foie, les reins, la rate et le poumon sont le siège d’une dégénérescence amylo'ide; les diverses glandes peuvent alors contenir de l’urée quand le rein ne fonctionne plus normalement.

Les sels minéraux des glandes sont les mêmes que ceux qu’on trouve dans les .sérosités. Certains organes putréfiés renferment de petits points bleuâtres constitués par du phosphate de fer.

L’analyse quantitative des glandes au point de vue de l'eau, du résidu sec, des cendres, des extraits alcooliques et éthérés s’effectue de la façon déjà indiquée pour le tissu musculaire et nerveux, et ne présente rien de particulier.

2. SÉPABATION DES MATIÈRES EXTRACTIVES, MÉTHODE DE llOPPE-SEYLER.

L’analyse immédiate des matières extractives peut être faite, (faprès des méthodes diverses, en particulier d’après celle que nous avons décrite pour la séparation des matières extractives du muscle qui convient tout spécialement pour la recherche de la créatine, de la sarcine et de la xanthine. La suivante e.sl recommandée par Iloppe-Seyler (4).

Les organes frais sont divisés ou écra.sés par fintermédiaire de fragments de. verre; on en fait une bouillie avec de l’eau froide, on lai.sse macérer pendant linéique temps, on passe et l’on exprime, puis on épuise une seconde fois par l'eau. On fait bouillir les liqueurs réunies avec quelques gouttes d’acide acétique; on sépare par le filtre les matières albumino'ides coagulées, puis on traite le liquide par l'eau de baryte tant qu'il se forme un précipité; on sature l’excès de baryte par l'acide carbonique, on fait bouillir, on filtre et l’on concentre le liquide. On réunit les pellicules superficielles au précipité barytiqne (a) dans lequel on recherchera l’acide urique, et la xanthine. On abandonne au froid les liqueurs concentrées à un petit volume, mais non en consistance sirupeuse, l.a créatine se sépare en cristaux nets, tandis que la sarcine et la xanthine forment un dépôt boueux. On sépare les cri.stau.\ de créatine qu’on lave à l’alcool à 88" et qu'on purifie par cristallisation avec du noir animal.

Les eaux mères de la créatine sont traitées par de l'alcool bouillant et filtrées

1) Plosz, Avch. f. (l. Ges. Physiol, I. VIL p. 3"l.

2) Grohê, Per Chylus ein Fermant.

{Z) Külino, Arch. f. pathol. Anat., I. NXXII. p. m.

i'j Hoppe-Soylcr, C/iimie analytique, p. .‘iâO.

280 ENCYCLOPÉDIE CHIMKJUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHAUFFEN.

sur un filtre chaud. On obtient ainsi une solution alcoolique (b) qui peut renfcrincr des acides gras, de l'acide lactique, de la leucine et des traces de tyrosine, du sucre (foie), de la créatinine, des traces d’inosite et d’acide succinique, puis line partie insoluble (c) qui contient de la xanthine, de riiypoxanthino et de l'inosite.

La solution (b) est évaporée en consistance sirupeuse, traitée par l'acide sulful•i([uc et distillée. Le produit distillé renfermant les acides gras volatils est traité c:omme il est dit (p. 178) ; le résidu épuisé par l'éther sert à la recherche de l’acide lactique et de l’acide succinique. A cet effet on évapore la solution éthérée, on reprend le résidu par l’eau et l’on sature le liquide par du carbonate de soude, on l'vapore à sec et l’on épuise par l’alcool absolu qui dissout le lactate et laisse le succinate insoluble.

Le résidu insoluble dans l’éther, neutralisé par l'ammoniaque, est traité par l'alcool bouillant ; la solution alcoolique, concentrée en consistance sirupeuse, additionnée d'une solution alcoolique de chlorure de zinc, puis abandonnée au froid, laisse se déposer la combinaison de créatinine et de chlorure de zinc.

Les eaux mères sont évaporées pour chasser l’alcool, précipitées par le sousacétate de plomb, et le liquide filtré par l’hydrogène sulfuré ; on enlève le sulfure lie plomb, on concentre les liqueurs filtrées, on épuise par l’alcool bouillant qui enlève la leucine. Le résidu contient de la tyrosine qu’on peut obtenir pure en la faisant cristalliser dans de l’eau bouillante ou dans de l’eau légèrement ammoniacale.

Le précipité (c) redissout dans l’eau chaude est traité par le sous-acétate de plomb; on obtient un nouveau précipité qui est lavé et consacré à la recherche de l’inosite et du sucre (foie) comme le précipité plombique du suc musculaire ip. 271). Les eaux mères débarrassées de l’excès de plomb par un courant d'hydrogène sulfuré sont évaporées en consistance sirupeuse et le résidu est réuni au précipité barytique (a), mis en suspension dans l’eau et additionné d’un excès d'acide acétique.

Au bout de 24 à 48 heures, on sépare le précipité d’acide urique et de xanthine qu’on traite par l’ammoniaque; la xanthine se dissout, tandis que l’urate ammonique reste insoluble. La solution ammoniacale évaporée laisse la xanthine comme résidu.

La solution acétique est évaporée à siccité, et le résidu dissout dans l’eau liouillante. Le liquide, traité par le nitrate d'argent ammoniacal, donne un précipité qui renferme l’hypoxanthine, et qu'on purifie comme il est dit (p. 272).

Xeubauer (1) insiste sur les difficultés que l’on éprouve parfois à séparer la xanthine de l'hypoxanthine. En effet, la solution azotique chaude des combinaisons de ces deux corps laisse déposer à la fois par le refroidissement la xanthine et la sarcine. On reprend alors le précipité par l’acide nitrique bouillant additionné de quelques centimètres cubes de nitrate d’argent et l’on abandonne la solution au refroidissement. On reconnaît dans le précipité la présence de la combinaison argentique de xanthine, parce que les eaux de lavage conservent pendant long- Icnips une acidité très prononcée.

IJ Neubauei', Zeilschr. f. Annbjt. Chem., loe. cil.

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