EXTRACTION ET DOSAGE DU GLYCOGÈNE
Le foie renferme normalement une forte proportion de glycogène, résultat qui s'accorde avec sa fonction physiologique. Mais on a vu précédemment que cette matière existe également et constamment en petite quantité dans les muscles frais, surtout dans le cœur. Pour procéder à l’extraction du glycogène contenu dans l’un ou l’autre de ces organes on peut employer indistinctement l’une des deux méthodes suivantes :
1° Procédé Cl. Bernard. — D’après ce procédé, le premier en date, on divise le foie en lanières minces qu'on jette dans l'eau bouillante pour tuer le ferment saccharifiant. Les morceaux de foie sont triturés dans un mortier (avec du noir animal, Ritter), et mis en ébullition avec de l'eau pondant une heure environ. On exprime la matière et l'on filtre le liquide qui passe opalescent. Ce liquide est additionné de 4 à 5 volumes d’alcool à 95°; il se forme immédiatemeni un précipité blanc floconneux qu’on lave par décantation avec de l’alcool. Li' glycogène, mélangé de matières azotées, est laissé pendant une demi-heure avec une solution très concentrée de potasse; on ajoute un peu d’eau et l’on filtre; on précipite de nouveau par 4 volumes d’alcool et on lave le précipité à l’alcool pour entraîner la potasse. On redissout dans l’eau, on sature le carbonate de potasse qui est resté mélangé au produit par de l'acide acétique et l'on précipite une dernière fois par l’alcool.
On peut encore traiter le précipité de glycogène impur, redissout dans l’eau, par de l’acide acétique cristallisable qui maintient les matières protéiques seules en dissolution.
2° Procédé Brücke (o). — 11 s'applique à l’extraction du glycogène, du foie, des muscles, du cœur, etc,, en même temps qu'à sa détermination quantitative. Les organes déchiquetés en menus morceaux sont mis en ébullition avec de petites quantités d’eau tout le temps que l'iode colore le liquide en bleu. Les solutions sont réunies et exactement neutralisées. On ajoute alternativement au liquide refroidi de l’iodhydrargyrate de potasse et de l’acide chlorhydrique tout le temps qu’il se forme un précipité de matières albuminoïdes; on filtre et l’on précipite par de l’alcool fort aussi longtemps qu’il se dépose du glycogène, en évitant un excès d'alcool qui à la fin précipiterait les corps étrangers. On filtre, on lave avec de l’alcool à 60 p. tOO jusqu’à ce que le flltratum ne se trouble plus par
'1. Sdicrer, Ann. Chem. Pharm., t. CXII, g. 276.
^2'; Gorup-Bi'zaiiez, Ann. Chem. Pharm., t. LXXXIX, p. lit.
(3; Neukomm, Uber das Vorkomm. ron Leitrin in Menschl. Kôrper. Zurich, IS-zD.
(*} Meissner, Zeiischr. f. Rat. .Med., 1868, l. XXXI.
l'i) Briicke, Silzitngsb. d. Wien. .ikadern., 1871, I. LXIII.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — C.4RNIER ET SCHLAGDENH.AUFFE.N.
l’ammoniaque et la potasse étendues. On traite ensuite par l'alcool à 90”, puis par rcther et de nouveau par l'alcool; enfin on dessèche dans le vide et l’on obtient une matière blanche, pulvérulente, qui se détache aisément du filtre.
Quand les organes sont difficiles à réduire en petits fragments, on les fait bouillir avec de l'eau contenant un peu de potasse caustique qui n’attaque pas le glycogène; mais il faut une plus grande quantité de réactif mercuriqiie pour précipiter totalement les matières gélatineuses et albuminoïdes.