CHAPITRE PREMIER
SPECTROSGOPIE.
Depuis les mémorables recherches de Kirchhoff et Bunsen sur les spectres discontinus émis par la vapeur incandescente des métaux alcalins et alcalinoterreux, et les résultats si considérables auxquels conduisit la comparaison de ces spectres avec les lignes de Fraunhofer du spectre solaire, l’attention des chimistes n’a cessé d’être sollicitée par cette nouvelle méthode d’analyse. Ce procédé de recherche des métaux, par l’examen des spectres d'émission, qui reçut bientôt des applications si nombreuses et si importantes dans toutes les parties du domaine de la chimie pure et appliquée, ne présentait, on le comprend, pour le chimiste biologiste qu’un intérêt assez restreint. Même au point de vue général, après que la nouvelle méthode, créée et perfectionnée par Kirchhoff et Bunsen, eût conduit, entre les mains de ces savants et celles de leurs successeurs, à la découverte d’un certain nombre de métaux nouveaux, il sembla un instant que l’intérêt de cette méthode fût épuisé pour le chimiste.
Mais dans l’intervalle, grâce aux recherches de Brewster et de Gladstone, une branche nouvelle de l’analyse spectrale, à savoir l’étude des spectres d'absorption, s’était peu à peu développée. Angstrôm, Ilagenbach, Krauss,Valentin, etc., firent connaître les spectres d’absorption d’un grand nombre de substances organiques et minérales, en même temps que Sorby, Reynolds, Vogel et d’autres observateurs montraient tout le parti que l’analyse chimique pouvait tirer do ces recherches, notamment dans l’examen des aliments, des boissons, des médicaments, etc... Enfin, la chimie biologique proprement dite, appliquant à son tour cette méthode d’investigation si précieuse, s’enrichit rapidement d’un ensemble de faits nouveaux du plus haut intérêt. Grâce aux travaux de Hoppe-
i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHAÜFFEN.
Seyler, Stokes, Sorby, Valentin, Vierordt, les matières colorantes du sang, de l'urine, de la bile, etc..., les matières colorantes végétales et notamment la chlorophylle, ont pu être étudiées et suivies dans leurs multiples transformations. Ces recherches, où presque toujours l’analyse spectrale précède l’analyse chimique et lui ouvre la voie, constituent l’application la plus importante de la spectroscopie aux études biologiques. — Dans ces dernières années, l’examen optique des matières colorantes est devenu plus précis encore par l’élude photométrique des spectres d’absorption. Cette méthode nouvelle, dite spectrophotométrique, a pu être appliquée au dosage des matières colorantes. Elle a reçu entre les mains de Vierordt, de Hüfner, de Branly, de Quinquaud, etc., de nombreuses applications à l’étude qualitative et quantitative des liquides colorés de l’organisme.
C'est la technique de toutes ces applications de la spectroscopie aux sciences biologiques que l’on se propose d’exposer rapidement dans le présent chapitre.
On étudiera successivement :