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Les divers procédés basés sur l’emploi du réactif de Millon présentent l’inconvénient d’exiger des appareils spéciaux tels que balance, pompes à mercure, etc.; celui de Bouchard est le seul qui soit réellement pratique, mais encore exige-t-il un temps trop considérable pour les besoins cliniques.
Remarque. ~ Les substances azotées autres que l’urée ne sont pas décomposées par le réactif de Millon. Les urines diabétiques, albumineuses et bilieuses n’exigent d’autre traitement préalable que la filtration.
4' MÉTHODE. — Dosage de Purée par trausforuiatioii en earbonate d’aiumoufiiiii.
Principe. — Chauffée sous pression avec des bases ou des acides, l’urée fixe toujours une molécule d’eau et se transforme rapidement en acide carbonique et ammoniaque
CH‘Az»0 -1- H*0 = CO^ + 2AzIU.
1 » Procédé Bunsen.
Bunsen chauffe l’urine pendant 3 heures à 200“ avec du chlorure do baryum ammoniacal, recueille le carbonate de baryte formé dont le poids, multiplié par 0,4041, donne celui de l’urée.
2» Procédé Heintz.
Heintz traite l’urine à 200» par l'acide sulfurique concentré et dose l’ammo-
(1) Bouchard, Tribune médicale, numéro du 22 jaiiv. 1874.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHAUFFEN. niaque dont l p. correspond à d,77 p. d’urée; on doit tenir compte des sels ammoniacaux préexistants.
Remarque. — Dans le procédé de Bunsen, l’acide urique est précipité à l’état de sel barytique, et l’acide hippurique fournit de l’acide carbonique; il importe donc de les éliminer au préalable au moyen de l’acétate de plomb ammoniacal. La créatinine et les acides amidés donnent également du carbonate de baryte. L’aüantoïne se transforme en acide oxalique. Le sucre et l’albumine elle-même dégagent abondanoment de l’acide carbonique. Les résultats obtenus sont donc trop élevés et le procédé ne peut être appliqué aux urines sucrées ou albumineuses. Ajoutez à cela qu’il se forme aux dépens du verre de l’appareil du silicate de baryte dont le poids vient augmenter celui du carbonate de baryte.
Des décompositions du même genre se produisent sous l’influence de l’acide sulfurique concentré, qui dégage de l’ammoniaque, de la créatine, de l’acide oxalurique, et des matières extractives, comme l’a prouvé Heintz lui-même.
Les deux procédés de Bunsen et de lleintz sont donc loin de donner des résultats exacts, ce qui, joint à la difficulté de leur exécution, les fait à peu près complètement abandonner. Et cependant Neubauer dit que de toutes les méthodes employées par le dosage de l’urée, sauf celle de Millon dont il ne parle pas, celle de Bunsen semble donner les meilleurs résultats, tandis que Scheuhs recommande le procédé de lleintz.
3» Procédé Cazeneuve et Hugouneneq.
Au lieu d’employer des réactifs spéciaux, chlorure de baryum amoniacal ou acide sulfurique, pour effectuer l’hydratation de l’urée, les auteurs se servent d’un excès d’eau (I). Ils pioccdent à cette transformation dans des tubes en bronze recouverts intéreurement d’une couche de platine déposée par voie électrolytique, fermés à l’aide d’un couvercle à vis et placés verticalement dans un bain d’huile à I80“. Ils opèrent sur 10" d’urine, préalablement décolorée au charbon, additionnée de 20" d’eau. Au bout d’une demi-heure de chauffe, ils laissent refroidir le tube, recueillent le liquide après lavage convenable du tube et déterminent le dosage volumétrique de l’ammoniaque avec de l’acide, sulfurique normal, en se servant de l’orangé 3 ou de la phtaléine du phénol, comme réactif indicateur. Vérifié avec de l'urée pure en dissolution dans l’eau, ce procédé fournit des résultats parfaitement exacts, tandis que ceux de Liebig et d’Esbach, indiquent des nombres ou trop élevés ou trop faibles.
D’un autre côté, les principes divers qui accompagnent l’urée dans l’urine, à l'exception de la créatinine, n’exerçant aucune influence fâcheuse sur les résultats, les auteurs proposent leur méthode pour exécuter le dosage de l’urée dans l’urine avec précision.