SPECTROSCOPE
micromètre et le spectre avec les particularités qu’il peut présenter. Dans la plupart des spectroscopes, la moitié supérieure de la fente est cachée par un petit prisme à réflexion totale, qui reçoit la lumière émise par une lampe placée latéralement et la renvoie dans l’axe du tube ab. Cette disposition permet d’obtenir deux spectres superposés, différemment modifiés, ou provenant de deux sources différentes, et, par suite, de les comparer dans les diverses régions.
On a construit des spectroscopes munis de deux prismes ou même d’un plus grand nombre, afin d’atteindre un effet dispersif plus puissant. Cette dilatation considérable du spectre est presque toujours inutile dans les recherches de chimie biologique. Un seul prisme en flint, d’un angle d'environ 60% répond à toutes les exigences de ce.genre de recherches. Il faut même éviter, en général, les fortes dispersions produites par les prismes multiples, comme aussi l’emploi de lunettes à très forts grossissements. De tels appareils sont moins sensibles pour l'étude des spectres d’absorption des liquides colorés ou des spectres de lignes des vapeurs métalliques, et laissent l’observateur en défaut là où un spectroscope à un seul prisme muni d’une lunette à faible grossissement fournit encore des résultats très nets.
Le réglage de l’appareil se fait de la maniôre suivante ; on enlève d’abord le prisme c, et l’on regarde dans le collimateur de b vers a, en donnant à la. fente une largeur moyenne. En même temps, en tirant sur le tube ab, on approche ou on éloigne la fente jusqu’à ce que les deux bords de cette dernière soient vus très nettement. On vise, d’autre part, avec la lunette un objet éloigné et on règle le tirage de telle façon que cet objet soit vu nettement. On remet ensuite le prisme en place et, éclairant le micromètre à l’aide d’une lampe, on agit sur le tube h qui porte ce micromètre, jusqu’à ce que les divisions soient vues nettement dans la lunette.
Orientation dans le spectre. —11 nous reste à indiquer la manière dont on repère dans les diverses régions spectrales les particularités que l’on observe. Cette orientation dans le spectre se fait à l’aide du micromètre et la position d’une raie, par exemple, peut être indiquée soit par une division micrométrique, soit mieux par la longueur d’onde des rayons correspondant à la région spectrale modifiée.
L’échelle micrométrique pouvant être déplacée dans le champ du spectroscope, il impoi’te de lui donner d’abord une position déterminée dans le champ, c’est-à-dire de faire co'incider une division, déterminée du micromètre avec une région spectrale connue facile à retrouver. Dans ce but, on éclaire la fente à l’aide de la lumière jaune du sodium (flamme de l’alcool salé, par exemple), et on fait tourner la lunette de telle façon que l’image de la fente, qui apparaît seule dans le champ sous forme d’une ligne jaune, soit située un peu à gauche dans ce champ. En faisant varier la largeur de la fente à l’aide de la vis, on constate que l’image de cette fente présente un bord fixe et un bord mobile. On amène alors l’image du micromètre dans le champ et l’on fait co’incider une division déterminée de l’échelle avec le bord fixe de l’image de la fente. Le collimateur et le micromètre sont ensuite fixés dans cette position. Bunsen et ses élèves amènent ordinairement la raie du sodium à la division 50 du micromètre. Si l’appareil possède un pouvoir dispersif considérable, ce qui étale davantage
le spectre, il convient de mettre la raie jaune en coïncidence avec la division 70. Certains observateurs la placent à la division tOO (Lecocq de Boisbaudran). Vogel a proposé d’adopter pour la raie du sodium la division 0, en affectant du signe + les divisions qui sont à droite du zéro, et du signe — celles qui sont à gauche.
11 faut remarquer, en outre, que les échelles micrométriques varient d'un appareil à l’autre, comme aussi le pouvoir dispersif des prismes pour les diverses couleurs spectrales. Il en résulte que les indications des deux appareils ne sauraient être immédiatement comparées. 11 faut calculer d’abord la valeur d’une division de l’une des échelles en divisions de l'autre, et ce calcul doit être fait, non pas une seule fois pour toute l’étendue du spectre, mais successivement
pour les diverses couleurs. Ainsi, les indications suivantes ;
soient deux spectroscopes A et B fournissant
li.A
Na
t; Sr K.3
11 sera facile de calculer que pour la région spectrale située entre les lignes Tl et Sr, une division de l’appareil A vaut 1,108 divisions de l’appareil B, tandis que pour l’espace Sr — Kp, une division de A vaut 1,563 divisions de B (1).
Un procédé plus scientifique consiste à fixer une fois pour toutes les valeurs en longueurs d’onde des divisions de l’instrument dont on dispose, et d’indiquer la position d’une raie par la longueur d'onde correspondante. Ainsi la raie rouge du potassium correspond à une longueur d’onde exprimée par le nombre 768, en prenant comme unité un millionième de millimètre. La transformation des indications micrométriques en longueurs d’onde se fait aisément en suivant le procédé publié par M. Salet {Agenda du chimiste). Étant donnée une feuille de papier quadrillé, on convient que chaque division horizontale, chaque millimètre, représente une division de l’échelle. Sur une ligne horizontale on fixe les positions d’un certain nombre de raies caractéristiques appartenant à des spectres connus. Ainsi la raie jaune D du sodium correspondant dans l’instrument à la division 50 du micromètre, on la marque au numéro 50 du papier quadrillé, à droite du zéro, et ainsi de suite pour les autres raies. Sur les lignes verticales aboutissant aux divisions marquées, on porte des longueurs proportionnelles aux longueurs d’onde connues de ces raies, 1 millimètre valant deux unités ou deux millionièmes de millimètre ; enfin on réunit par une courbe continue les extrémités de ces ordonnées. L’intersection de cette courbe avec les verticales placées entre deux raies consécutives fournit les longueurs d’ondes correspondantes aux divisions où aboutissent les verticales. L’approximation est d’autant plus grande que l’on aura choisi un nombre plus considérable de points de repère (PL I).
Voici les sources de lumière grâce auxquelles on construira la courbe avec une approximation suffisante :
(1) Yoy. p. 33. lo mode de nolation emplove par Slokes cl qui est indépendant de l'appareil employé. — Consulter aussi 1I.-\V. Vogel, Pracktische Spectraktnahjse irdischer Sioffe. Nôrdlingen, 1877.