ANALYSE DES URINES. — DOSAGE DE LA GLUCOSE
cyanure de mercure. Enfin, la liqueur de Sachsse est formée d’iodure double de mercure et de potassium en solution potassique; ces deux dernières, chauffées au contact de la glucose, donnent un précipité de mercure métallique.
Procédé de la liqueur cupro-potassique.
Principe. — Une solution tartro-potassique d’oxyde cuivrique bleue est réduite à chaud par une solution de glucose, avec formation d’un précipité rouge d’oxyde cuivreux et décoloration du liquide. La réduction est complète quand le liquide filtré à chaud est incolore, n’est pas coloré en rouge par le mélange d’acide acétique et de cynaure jaune, et ne réduit pas une nouvelle quantité de réactif cuivrique.
Liqueurs titrées : t» Solution de sulfate de cuivre et 2° solution potassique de sel de Seignette (de la page 96). Un mélange de 1" de l’une avec 1" de l’autre est exactement réduit par 0*s005 de glucose.
Manuel opératoire. — On mélange dans un tube à essai, de 0“,01b de diamètre, 10" de solution de sulfate de cuivre et 10" de solution alcaline. On porte le liquide à 70-80", et l’on y verse goutte à goutte, a l’aide d’une burette graduée, l’urine étendue de un ou deux volumes d’eau, jusqu’à ce que la coloration bleue du liquide disparaisse. La réaction est terminée quand une goutte du liquide, portée sur une double feuille de papier à filtre blanc donne, à l’envers, une tache qu’un mélange de cyanure jaune et d’acide acétique ne colore plus en rose (Boiret) (1), et qu’une autre partie, traitée par une nouvelle quantité de liqueur de Barreswil, ne donne pas de réduction. .A ce moment, il n’y a plus dans le liquide de cuivre réductible, et la solution ne renferme plus de sucre. Soit n le nombre de centimètres cubes du liquide urinaire, étendu au 1/3, exigé pour la décoloration des 20" du mélange cupro-potassique.
Calcul. — La quantité de glucose contenue dans l’émission des 24 heures est donnée par la formule ;
P de glucose = 0,003 x 10 x
Remarque .— Si l’urine est albumineuse, on doit toujours éliminer l’albumine avant d’effectuer le dosage de la glucose; de même si elle est riche en acide urique, on fera bien de traiter l’urine par le sous-acétate de plomb, puis le filtratum par le sulfate de soude. Le liquide final sera employé au dosage de la glucose.
Pour tourner la difficulté qu’on éprouve à percevoir la décoloration du liquide bleu, par suite de l’oxyde de cuivre en suspension, Pavy et Battandier (2) se servent d’une solution ammoniacale contenant pour 100" de liqueur de Barreswil (50" -f 50"), 125" d’ammoniaque; le mélange ne se réduit plus spontanément. On opère le dosage dans un matras à l’abri de l’air sur 20 ou 40" de liqueur ammoniacale dont la coloration bleue disparaît peu à peu par addition du liquide sucré, sans que l’oxyde cuivreux, soluble dans l’ammoniaque, se précipite; on peut ainsi juger exactement de la décoloration complète.
(1) Boiret, Journ. de pharm. et de ckim., 1882, p. i27.
(2) Journ. de pharm. et de chim., 1880, p. 221.
2' Méthode. — Dosage du siiere par le i)olai*îinètre.
1“ Saccharimétre à pénombre.
L’appareil le plus employé aujourd’hui en France est le saccharimétre à pénombre de Jellett, éclairé par une flamme monochromatique au sodium. L’urine décolorée est intercalée dans un tube de 20 centimètres de long entre le polariseur et l’analyseur, l’appareil étant réglé au préalable de façon que les deux moitiés du disque lumineux aient une intensité rigoureusement égale quand l’analyseur est au 0.
Préparation de l’urine. — L’albumine déviant le plan de polarisation à gauche, c’est-à-dire en sens inverse de la glucose, devra être éliminée complètement, au préalable, par l’addition au liquide de 1/10' d’une solution d’acide phosphotungstique fortement acide.
La détermination du pouvoir rotatoire de l’urine exige un liquide complètement incolore et limpide. On la décolorera, soit en l’agitant avec du noir animal, soit eu la traitant par 1/10' de son volume de sous-acétate de plomb et filtrant. Dans ce dernier cas, on devra augmenter le pouvoir rotatoire constaté de 1/9' pour avoir celui de l’urine non étendue. On a vu précédemment que la décoloration par le noir animal présentait l’inconvénient de déterminer une perle dans la quantité de sucre contenue dans l’urine, perte due au pouvoir absorbant du noir par la glucose (Seegen), mais qui heureusement, dans les cas de diabète franc, n’a pas grande importance au point de vue clinique.
Calcul. — Chaque division du saccharimétre à pénombre correspondant à 2'^',064 de glucose par litre, sous une épaisseur de 20 centimètres, l’émission totale de l’urine contiendra une quantité de glucose donnée par la formule :
P de glucose = 2,064
dans laquelle n e.st la déviation de l’urine non étendue, lue sur l’échelle saccharimétrique supérieure.
2° Polaristrobométre de Wild.
Ainsi qu’on l’a dit page 40, cet appareil possède sur les autres polarimètres l’avantage d’éviter la comparaison des teintes des deux demi-disques de l’objectif, pour laquelle l’œil est d’une sensibilité très variable, et d’y substituer la dispai-ition de lignes noires d’interférences vues sur fond jaune.
L’appareil doit aussi être éclairé à la lumière monochromatique du sodium. Il est réglé quand les franges disparaissent au moment de la co’i’ncidence du 0' fixe avec le chiffre bO de la graduation de la circonférence. Cette graduation est faite en degrés et cinquièmes de degré, facilement divisibles en deux parties à l’œil; la sensibité est donc de I/IO' de degré. Un vernier peut donner le 1/50', soit l'2.
Manuel opératoire. — L’urine est décolorée au préalable, puis introduite dans le tube de 20 centimètres de l’appareil réglé à 0“. S’il y a une déviation, on tourne la vis vers les nombres croissants jusqu’à disparition des franges et l’on fait la lecture de la déviation à 1 10' de degré près, soit (N—50).