Cholétéline
La présence du terme ultime de l’oxydation de la bilirubine, la cholétéline, est également démontrée à l’aide du spectroscope (2).
Appendice. Urines médicamenteuses.
Les urines émises après l’ingestion de rhubarbe, de séné, de sanlonine ou de préparations de bois de campéc/ie, ont une grande ressemblance avec les urines ictériques. Leur coloration est jaune ou jaune verdâtre, et vire, sous l’influence des alcalis, au rouge pour les trois premiers corps, au bleu violacé pour l’hématoxyliiie du campèche, et reprend sa teinte primitive sous l’influence des acides. En outre l’acide azotique décolore partiellement ces urines, tandis qu’il fonce les urines bilieuses et sanguinolentes.
On peut caractériser les substances qui ont modifié la couleur de l’urine à l’aide des réactions suivantes ; sous l’influence du carbonate de soude, l’urine à la rhubarbe vire immédiatement au rouge, tandis que l’urine à la santonine ne devient rouge qu’au bout de t/2 à t minute. Cette coloration rouge de l’urine à la rhubarbe disparaît par la digestion sur de la poudre de zinc, celle de la santonine persiste. L’eau de baryte et le lait de chaux précipitent l’urine à la rhubarbe en rouge, le liquide surnageant restant incolore; dans le cas de la santonine, le précipité est incolore et l’urine reste rouge (Munk). Enfin l’urine à la rhubarbe donne avec le sous-acétate de plomb un précipité rouge amaranthe (Kletzinsky).
B. Mélanine.
L’urine des malades atteints de tumeurs mélaniques prend parfois, sous l’influence du simple contact de l’air ou d'agents oxydants, tels que l’acide azotique et l’acide cbromique, une coloration brune sombre et même noire (Eiselt). La matière chromogène qui produit ce changement de couleur a été étudiée par
(1) Hcynsius et Campbell, Pftiiger’s Archiv., 1874, t. IV, p. 520.
(2) Heynsius, Pflüger's Archiv., t, IV, p. 546.
Pibram et Ganghofer (1). Elle est précipitée incomplètement de l’urine par les terres alcalines, mais en totalité par le sous-acétate de plomb. Le précipité blanc obtenu, mis en suspension dans l'eau, subit les changements de couleur de l’urine elle-même. Décomposé par l’acide sulfurique, il donne une solution incolore que l'évaporation colore fortement en provoquant la formation d’un précipité noir amorphe.
Le pigment noir des urines mélaniques n’est pas précipité quand on sature le liquide avec du sulfate d’ammonium (Méhu) (?).
G. Itlatières colorantes «lu sang.
Les matières colorantes du sang que l’on a trouvées dans l’urine sont : l'hémoglobine et son dérivé la méthémoglobine. La présence de l’hématine n’est rien moins que démontrée.
a. Hémoglobine.
a. Conditions d'apparition dans Vurine.
L’hémoglobine apparaît dans les urines sous deux formes, incorporée aux globules sanguins ou en dissolution dans le liquide. L’hémoglobine incorporée aux globules du sang (hématurie) se trouve dans les urines à la suite d’hémorrhagies des reins ou des voies urinaires. Elle existe en solution (hémoglobinurie] à la suite de certains empoisonnements (hydrogène arsénié, phénol), après de fortes brûlures, à la suite de la transfusion du sang d’une espèce animale dans les veines d'une autre espèce (de Recklinghausen, Iloppe-Seyler), dans certaines affections pathologiques (hémoglobinurie paroxysmale, hémoglobinurie épidémique des enfants, scorbut, fièvre typhoïde, putride, intermittente, pernicieuse, cxanthéniique, etc.).
Suivant Hoppe-Seyler (3) la matière colorante du sang qui se trouve en dissolution dans le sang serait tout d’abord de la méthémoglobine, laquelle se transformerait ultérieurement en oxyhémoglobine.
b. Procédés de recherche.
L’urine qui renferme des globules sanguins est trouble et d’une coloration plus ou moins rapprochée de celle du sang, quelquefois brunâtre avec une nuance verdâtre. Celle qui contient l’hémoglobine en solution est d’une couleur comprise entre le rouge et le noir (vin de Porto), elle peut être transparente ou, au contraire opaque, quand elle est riche en hémoglobine.
Dans tous les cas, l’urine qui renferme la matière colorante du sang, sous l’une quelconque des deux formes indiquées, est toujours albumineuse. On ne peut conclure à la présence de l’hémogloline dissoute que quand, par un repos prolongé, on a laissé, aux globules sanguins qui peuvent colorer l’urine, le temps
(1) Pribrain, Prager V'.erteljahreichrift, 1865, t. LXXXVIII, p. 16. — Pribram et Gangbofncr, Prager Vierte/Jahreschrift, 1876, t CXXX, p. 77.
(i) Jlt'bu, loc. cit., p. 103
(,3) Hoppc-SejTei-, Zeitschr. f. Physiol. Chemie, t. V, p. 6.