‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 55 sur 206 · ANALYSE DES URINES. — ACIDES BILIAIRES · texte numérisé non relu

ANALYSE DES URINES. — ACIDES BILIAIRES

iiiorphe, insoluble dans l’eau et dans l’éther, mais soluble dans l’alcool absolu et dans l’acide sulfurique avec coloration rouge.

C’est à la production de ce dérivé du skatol que Jaffé attribue la coloration rouge ou violet rouge que prennent certaines urines dans la réaction de l’indican sans faire usage du chloroforme.

5, üroérythrine.

Simon a donné le nom d’uroérylhrine à la matière colorante entraînée par les sédiments rouge-brique d’acide urique; cette substance est aussi peu connue que l’urochronie de Thudichun, la coloration qu’elle communique aux sédiments augmente d’intensité au contact de l’air. Elle coexisterait d’ailleurs dans ces ilépôls à côté d’autres pigments tels que l’urobiline, l’indigo bleu et l’urrhodino.

E. üroroséine.

Celte matière colorante, découverte par MM. Nencki ctSieber, est décelée par la coloration rose que prennent les urines, deux à trois minutes après l’addition d’acide chlorhydrique. Elle n’a été trouvée qu’à l’état pathologique dans les affections les plus diverses ; diabète sucré, chlorose, ostéomalacie, néphrite, fièvre typhoïde, pérityphlite, etc.; on la rencontre dans 10 p. 100 environ dos urines.

Pour l’isoler, on Irailc 30-100" d’urine par 3-10" d’acide sulfurique étendu au quart et l’on agite avec quelques centimètres cubes d’alcool arnylique qui dissout l’uroroséine en se colorant en rouge intense.

Cette solution concentrée ne laisse passer que les radiations rouges et orangées. Au spoctroscopc, elle donne une bande d’absorption entre D et E. Traitée par les alcalis ou leurs carbonates, elle perd sa coloration que lui restituent les acides. La solution acide est également décolorée par l’addition de poudre de zinc; au contact de l’air, le liquide reprend sa teinte rouge.

K. Urines noires.

On a vu qu’à la suite de l’absorption du phénol, les urines pouvaient prendre une coloration foncée, brune, verte et même noire. Il en est de même des urines de certains malades atteints de tumeurs mélaniques. On a également signalé des urines colorées en noir à la suite de l’inhalation d’hydrogène arsénié (Vogel).

4. ACIDES BILIAIRES, a. Conditions d’apparition dans l’urine.

Vogel le premier a prétendu que les acides biliaires de la bile humaine, acides glycocholique et taurocholique, existaient dans l’urine normale à l’état de traces et ne pouvaient être décelés qu’en opérant sur un volume considérable de liquide à 0,8 pour 100 litres, Dragendorff, lloehne).

(I) Nencki et Sieber, J. Prakt. C/iém., t. XXVI, p. 233; et Bull, de la Soc. chim., t. XXXIX, p. 618.

iüi EN'CYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHAÜFFEN.

Plus récemment Hoppe-Seyler et Kültz ont reconnu que le procédé d’extraction de Dragendorff donnait des résultats erronés et que Purino normale ne renfermait pas d’acides biliaires. Ces derniers cependant sont excrétés on quantité appréciable, quoique faible, dans l’urine ictériquc- (ictère hépatogène), lors de l’empoisonnement par le phosphore ou dans des cas de pneumonie, avec propagation inflammatoire du côté du foie (Pettenkofer, Lehmann).

b. Procédés de recherche.

Réaction de Pettenkofer. — Si l'on additionne la solution aqueuse d’un sel biliaire quelconque avec quelques gouttes d’une solution étendue de sucre, puis avec de l’acide sulfurique concentré et exempt d’acide sulfureux, jusqu’à ce. que le mélange atteigne la température de 80-70°, le liquide se colore en rouge cerise pâle, puis en rouge carmin foncé et finalement en beau violet pourpre (Pettenkofer). On peut éviter l’addition d’un excès d’acide en chauffant le mélange au bain-marie jusqu’à apparition de la teinte violette sur les bords, puis retirant la capsule et l’abandonnant à elle-même; la réaction augmente alors d’intensité et permet de découvrir jusqu’à 1/400 à 1/600° de milligramme d'acide biliaire (Neubauer). La réaction est beaucoup plus vive à la température du bain-marie qu’en chauffant à feu nu.

Une parcelle de sucre suffit pour faire apparaître la coloration violette qui disparaîtrait noyée dans le brun ou le noir produit par un excès de sucre sous l’influence de l’acide sulfurique.

Le liquide violet fortement étendu d’alcool jusqu’à ce que le violet du spectre soit seul absorbé, présente deux bandes d’absorption au spectroscope : rime, en avant et près de F; l’autre, entre 1) et E, plus rapprochée de E. Une solution concentrée ne donne que la deuxième bande (Schenk) (1).

L’acide oléique, l’alcool amylique et l’albumine donnent une coloration voisine du violet par la réaction de Pettenkofer, mais le liquide coloré ne présente aucune bande d’absorption.

1° Procédé Pettenkofer. — On plonge un papier à filtre blanc dans l’urine additionnée d’un peu de saccharose et on le laisse sécher. On dépose sur ce papier une goutte d’acide sulfurique qui, en diffusant, produit après 1/4 de minute déjà, une belle coloration violette, appréciable surtout par transparence: la réaction réussit avec 0''',3 d’acide biliaire par litre d’urine. L’urine normale ne donne aucune coloration, sauf dans le cas où elle renferme de l’indican qui produit alors une coloration rouge vin ou violet rouge, à la condition qu’elle soit complètement exempte d’albumine.

Le papier employé ne doit pas être encollé, sinon les matières résineuses de l’encollage se coloreraient en violet sous l’influence seule de l’acide sulfurique (Strassburg) (2).

2° Procédé Hoppe-Seyler. — Il est toujours préférable, pour acquérir plus de certitude dans ces recherches, d’extraire d’abord les acides biliaires de l’urine. On a imaginé à cet effet un grand nombre de procédés, mais nous n’indiquerons

(1) Schenk, Jahresber. f. Thierchemie, t. II, p. 232.

(2) Strassburg, Pflüger's Archiv., 1871, t. IV, p. 461.

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