‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 68 sur 206 · LEUCOMAÏNES, ALCALOÏDES PRYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

LEUCOMAÏNES, ALCALOÏDES PRYSIOLOGIQUES

a. Conditions d’apparition dans l’urine.

En opérant sur le mélange de grandes quantités d’urines, émises pendant une longue période de jours, MM. Pouchet (1) et Ch. Bouchard (2) ont annoncé l’existence d’alcaloïdes dans l’urine normale.

Contrairement à cette opinion partagée par M. A. Gautier (3), il résulterait de i-echerches récentes dues à M. A. Villiers (4) qu’en étudiant, non pas le mélange des urines de plusieurs jours, mais les urines quotidiennes de personnes en bonne .santé ou du moins soi-disant bien portantes, celles-ci ne renfermeraient pas de leucomaïnes. Mais cette assertion a été sérieusement contestée, quoique les résultats des auteurs ne mentionnent la présence d'alcaloïdes que dans deux cas particuliers. Par contre, l’urine en contenait toujours à la suite d’indispositions même légères, telles que la bronchite faible, ou d'un simple malaise accompagné de lièvre.

M. Gautier a montré que les urines pathologiques contenaient une plus grande quantité de leucomaïnesque les urines normales, et M. Bouchard a retiré des urines dans le cas de maladies graves, spécialement de maladies infectieuses (pneumonie infectieuse, fièvre typhoïde, ictère grave), une quantité souvent notable de leucomaïnes dont il rattache la production à des microbes infectieux qui se développeraient anormalement dans le sang.

De ses premières recherches, complétées par la constatation de la présence des alcaloïdes physiologiques dans les urines d’individus atteints d’affections diverses, telles que la rougeole, la diphtérie, la phtysie, etc., M. Villiers conclut que les urines normales de sujets bien portants ne contiennent pas de bases organiques, mais que ces dernières peuvent apparaître dans les cas de lésions plus ou moins anciennes et persistantes qui passent inaperçues avec le temps. 11 émet à ce propos l’hypothèse, partagée d’ailleurs par un grand nombre de physiologistes, que, de la rupture de l'équilibre entre la production dans le sang et l’élimination par les urines (le ces leucomaïnes, il doit survenir une véritable intoxication, à laquelle pourraient être rattachés ces cas mortels où les lésions du rein diminuent leur action éliminatrice. C'est peut-être, en effet, à cette cause que nous pourrions rattacher les accidents de l’urémie, de la fièvre puerpérale, du coma diabétique, etc. (5).

(t) G. Pouchet, Contribution à l’étude des matières extractives de l'urine, Paris, 1880; — et Compt. rend, de lAcad. des Sciences, t. XGVTI, p. 1360.

(â) Bouchard, Compt. rend, de la Soc. de biologie, 12 août 1882; — et Rev. de medec., 10 oct. 1882.

(3) A. Gautier, art. Ptomaïnes du Complém. du Dictionn. de Wurtz, p. 1313; — et Cuniiminii-ation à t'Aeadémie de niedeeine sur tes ptomaïnes et les leucomaïnes, janv. 1886.

4) A. Villiers, Sur les urines pathologiques, Journ. de pharm. tt de chim., 188.3, t. Xlt, p. 246.

(5) Hugouuencq, 'Les alcaloïdes cT origine animale, Paris, 1886.

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