‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 76 sur 206 · SÉDIMENTS ORGANISÉS · texte numérisé non relu

SÉDIMENTS ORGANISÉS

A. Miicns et épithélium.

Toute urine normale renferme du mucus dont l’origine tient à la muqueuse •des voies génito-urinaires et de la vessie, et qui, par le repos, se sépare du liquide clair en flocons nuageux, se rassemblant au fond du vase, et entraînant avec eux des cellules épithéliales granuleuses des voies urinaires et quelques corpuscules muqueux. Ceux-ci se présentent sous la forme de cellttles rondes, fortement granuleuses, à un ou plusieurs noyaux, deux fois plus grosses environ que les globules rouges du sang, animées quelquefois d’un mouvement amœboïde, ■et difficilement reconnaissables à côté des globules blancs du sang ou des corpuscules de la lymphe, du chyle et du pus.

L’augmentation pathologique de la sécrétion du mucus rend le nuage précédent souvent très volumineux et plus riche en cellules épithéliales. Celles-ci sont de trois sortes : t° rondes, généralement gonflées par le chloure de sodium, avec noyaux bien formés, et provenant des canaux urinaires du rein et de là couche profonde de la muqueuse des bassinets, accompagnées ordinairement d’albumine dans l’urine, caractère qui permet de les distinguer des cellules provenant de Turethère chez l’homme, lesquelles ressemblent beaucoup à l'épithélium des canalicules urinifères; 2° coniques, généralement deux fois plus longues que larges, avec prolongement sur un ou deux côtés et provenant ordinairement des bassinets; 3° plates, en lamelles polygonales avec noyau central bien apparent, originaires de la vessie ou du vagin.

B. Plis.

Le pus de Turine se tasse assez rapidement par le repos. Il se présente au microscope sous forme de vésicules rondes, pâles, semblables aux cellules de mucus, granuleuses, de grosseur variable, en moyenne deux fois aussi grandes

que les globules du sang, à un ou plusieurs noyaux, très apparentes après l’addition d’acide acétique qui dissout les granulations, et associé fréquemment à des globules sanguins.

L’urine purulente est toujours albumineuse. On peut, jusqu’à un certain point, conclure à la quantité de pus qu’elle renferme par le dosage de cette albumine, à la condition toutefois de ne pas trouver de globules du sang ni d’albumine du sérum.

Le pus ne contient qu’une proportion relativement faible d’albumine. Si donc on a affaire à une urine renfermant peu d’albumine (0,1 p. 100) et un sédiment purulent considérable, ou beaucoup d’albumine (0,5 p. 100) et peu de pus, il n’y aura pas d’hésitation dans la conclusion. Dans le cas contraire, on devra, pour connaître l’origine de l’albumine, rechercher soigneusement les éléments histologiques et, en particulier, les cylindres.

Dans l’urine alcaline, surtout dans les cas de catarrhes vésicaux, le pus se trouve souvent en quantité considérable quoiqu’il soit impossible de le caractériser au microscope. Les globules, en effet, se sont transformés en une masse mucogélatineuse ne présentant plus rien d’organisé, analogue à du mucus et inaltérable en présence d’un peu de potasse ; tandis que le mucus proprement dit se transforme en un liquide contenant quelques flocons en suspension. Quelquefois cependant, en examinant l’urine aussitôt après son émission, on réussit à y déceler quelques corpuscules de pus en suspension.

En présence du pus et dans les inflammations des voies urinaires, on trouve dans l'urine un grand nombre de corpuscules kytoïdes.

G. Ololxilcs sanguins.

Les globules sanguins qui apparaissent dans l’urine à la suite d’hémorrhagie dos voies génito-urinaires se présentent au microscope sous la forme de disques jaunâtres, à dépression centrale qui, vus de champ, ressemblent à des biscuits; quelques-uns sont framboisés. Il se conservent très bien dans l’urine acide, mais ne s’agglomèrent plus en pile de monnaie; ils sont rapidement dissous dans les urines alcalines.

D. Cylindres urinaires.

Les tubes ou cylindres urinaires de Henle se trouvent dans le sédiment de l’urine, surtout chez les sujets affectés du mal de Bright. Comme ils n’existent généralement qu’en petit nombre, il importe de faire plusieurs préparations microscopiques pour arriver à les découvrir. Il faut les distinguer des coagulums muqueux qu’on trouve souvent dans l’urine à côté des urates; ces sédiments sont souvent accompagnés de pus, de sang, d’épithéliums, de graisse, et toujours d’albumine.

On rapporte les cylindres urinaires à quatre types :

1“ Cylindres ou gaines épilhéliales, formés par une agglomération régulière 40 petites cellules polyédriques à noyau net et provenant de l’épithélium des tubes de Bellini. Ils se rencontrent dans presque toutes les affections inflammatoires des reins (néphrites, scarlatine, etc.).

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