‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 77 sur 206 · ANALYSE DES URINES. — SPERMATOZOÏDES · texte numérisé non relu

ANALYSE DES URINES. — SPERMATOZOÏDES

2" Cylindres hyalins, homogènes, très déliés, à extrémités circulaires, à contours peu prononcés et d'un pouvoir réfringent si voisin de celui de l’urine qu’on ne peut les distinguer facilement au microscope, à moins qu'on ne lésait colorés en jaune par l'iodure de potassium iodé, ou en bleu par le violet d’aniline. Ils peuvent avoir jusqu’à 1 millimètre de long et être contournés en tire-bouchons ou ramifiés suivant les tubes où ils ont pris naissance. Ils sont fréquemment couverts de cellules granuleuses ou de corpuscules lymphatiques, et peuvent accidentellement contenir des cristaux d’urate de soude, de phosphate de soude ou d’acide urique. Ils se rattachent d’ordinaire à toutes les affections aiguës et chroniques des reins, mais ont été trouvés dans la période de desquamation de la scarlatine, dans le choléra, la variole, la fièvre typho'ide et autres maladies infectieuses.

3° Cylindres granuleux, de coloration grise rappelant le verre mat, et remplis de granulations de volume variable, brillantes et très réfringentes. Ils proviennent de l’exsudation des tubes de Bellini, des affections chroniques des reins (mal de Bright).

Dans ces dernières affections, ainsi que dans les maladies subaiguës et dans la dégénérescence amyloïde du rein, ou a signalé la présence de cylindres jaunâtres très réfringents, courts et larges, qu’on a appelés cylindres cireux, et d’autres dits cylindres amyloïdes, également réfringents, qui prennent une coloration brun acajou au contact de l’iodure ioduré de potassium et virent au bleu violet après l’addition d’acide sulfurique.

4° Cylindres hématiques ou hémorrhagiques, constitués par des globules sanguins, agglutinés dans les canalicules urinifères par de la fibrine, plus ou moins décolorés suivant leur âge, et provenant des hémorrhagies qui se produisent localement dans les inflammations aiguës du parenchyme rénal.

E. SperniatozoYiles.

La présence de spermatozoïdes dans l’urine peut se rattacher au coït, aune pol- 1 ution nocturne ou à l’onanisme ; on l’a encore observée dans le typhus et plus rarement à la suite d’une crise épileptique ou d’une attaque d’apoplexie. On trouve ces éléments dans les premières parties de l’émission urinaire. Ils se reconnaissent facilement à leur fête pyriforme, soudée à une très longue queue effilée et terminée en pointe. Quand l’urine n’est pas trop acide, ils peuvent conserver leurs mouvements pendant plus de 24 heures; quand elle est alcaline ces mouvements s’arrêtent; mais on peut encore reconnaître la forme des spermatozoïdes dans une urine putréfiée, môme au bout de trois mois.

F. Fragments de tissus.

Les altérations tuberculeuses et cancéreuses de l’appareil urinaire sont accompagnées quelquefois de l’élimination d’éléments cellulaires, de fibres élastiques, de produits caséeux et même de fibres musculaires provenant des parties environnantes. On a même trouvé des poils développés sur la muqueuse vésicale (Bayet) ou provenant de kystes fœtaux, ouverts dans la vessie, et des lamelles de

liO ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHAUFFEN.

tissus cartilagineux (Broca). On recherchera dans ces débris le bacille de la tuberculose de Koch par le procédé indiqué à propos de l'examen des crachats.

G. Eatozoaîres.

On a rencontré dans les urines certains helminthes, tels que les hydatides, le distoma hœmatobium des pays chauds, le filaria sanguinis humani, dans la chylurie (Filaria immitis de Cobbold), le strongie géant, enfin des lombrics qui avaient pénétré par perforation de l’intestin dans la vessie.

H. Cliauipi^noiis et îiiftisoires.

Les champignons et infusoires se développent toujours dans l’urine, abandonnée pendant longtemps au contact de l’air. Quelquefois cependant, l’urine fraîchement émise en renferme déjà, puisqu’ils existent tout formés dans la vessie au sein du liquide en voie d’altération (catarrhe vésical), ou provenant d'un germe apporté du dehors par le cathétérisme, par exemple.

Les principaux de ces organismes sont :

1“ Le micrococcus ureæ de la fermentation alcaline, torulacée formée de cellules globuleuses réunies en chapelets, à contenu homogène, de 1P,5 de diamètre ;

2° Les champignons ovales et transparents, plus gros que les précédents, semblables eu tous points aux globules de la levure de bière; ils se développent ■dans les urines sucrées ;

3" Les champignons de la fermentalion acide, formés de cellules rondes ou ovales, à noyau apparent, isolées ou réunies en groupes ou en séries qui accompagnent souvent les sédiments briquetés;

4” La sarcine, constituée par des éléments isolés de OF-,8 à I F,6 de diamètre, et plus fréquemment réunis en groupes l’égulièrcment disposés, à côtés rectilignes de 8, 64, 512 globules et plus; cette sarcine urinaire est plus petite que celle de l’estomac.

On peut encore trouver dans l’urine, outre les bacilles de la tuberculose dans le cas du rein tuberculeux, le microccus punctiforme, réuni par groupes de deux ou de quatre dans la blennorrhagie, l’oxyure vermiculaire et le trichomonas vaginis qui auront passé du vagin dans l’urine.

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