I. - MÉTHODES D'.\NALYSE DU, S.V.NG
Le but de l’analyse du sang est de rechercher en premier lieu la nature des éléments organiques et minéraux qui entrent dans la composition de ce liquide et de déterminer ensuite la part qui revient séparément aux globules et au plasma. Ces recherches entreprises d’abord par Prévost et Dumas à l'aide d’une méthode spéciale, modifiée par Decqiiercl et Rodier, Schcrer, Bopp, etc., n’ont conduit qu’à des résultats d’une précision relative. Mais on doit à lloppe-Seyler, Schmidt et Bouchard, des travaux comportant plus d’exactitude.
Nous n'exposerons ici que ces nouvelles méthodes générales en les faisant suivre de la description des procédés spéciaux, propres à la détermination de certains éléments isolés les plus importants, après avoir indiqué tout d'abord les procédés employés pour la numération des globules.
i. NUMÉRATION DES GLOBULES ROUGES.
Vierordt le premier s’est occupé de cette question; mais au procédé long et compliqué qu’il a imaginé dans le temps et qui a été quelque peu modifié plus
ISO ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHACFFEN.
tard par Welclier et Gowers, l’on doit préférer l'une ou l'autre des méthodes suivantes :
a. Procédé de Malassez(l).
On dilue le sang à l’aide d’un sérum artificiel, constitué par un mélange de 1 volume de solution aqueuse de gomme arabique de 1) = 1.020 et de 3 volumes d’une solution à parties égales de sulfate et de chlorure de sodium de même densité. On se sert dans ce but du mélangeur de Potain, petite pipette à tube capillaire renflé en ampoule à son tiers supérieur ; dans cette ampoule se meut une petite boule de verre. De l’extrémité effilée de la pipette jusqu’à l'ampoule au-dessous de laquelle se trouve un trait, le tube capillaire présente une capacité de 1/100' du volume de l’ampoule, limité au-dessus par un second trait. A l’aide d’un tube de caoutchouc fixé sur la partie supérieure de la pipette, on remplit, par aspiration, la partie capillaire de sang pris sur une goutte provenant d’une piqûre faite sur la pulpe de l’extrémité d'un doigt. On aspire du sérum artificiel de façon à remplir l’ampoule, puis on agite, pour mélanger intimement le sang et le sérum. On introduit un peu du sang dilué au 1/100' dans un capillaire artificiel, tube fin on verre calibré et cubé, qu’on examine au microscope. On compte les globules sur un micromètre quadrillé d'une valeur connue. En répétant cette numération, on doit, si le mélange était homogène, obtenir des nombres ne différant entre eux que de 5 p. 100 au maximum.
On multiplie la moyenne de ces nombres (N) par un coefficient (c) inscrit sur la lame du capillaire en regard de la valeur du carré quadrillé et donnant la fraction de millimètre cube correspondante (coefficient 206 ou 1/206 de millimètre cube pour la valeur 500 [l), puis par le titre du mélange 101 ou 201, s’il est au centième ou au deux - centième ; on obtient ainsi le nombre (X) de globules par millimètre cube de sang pur, représenté par la formule générale
X = NxcXl01, ou
X = Nxcx201.
Remarque. — Une bonne numération comporte, comme on l’a vu, o p. 100 de divergence maxima dans les résultats, soit 9 d’erreur possible sur 180 globules trouvés parexemplc. On multiplie ce chiffre 9 par les coefficients 206 x 101 ou 206 X 201, suivant que la dilution est au 1/101' ou au 1/201', ce qui donne les chiffres de 187.254 ou 374.508, qui représentent les erreurs minima dont sont entachés les résultats. En d’autres termes, les nombres obtenus avec le procédé deMalassez par millimètre cube de sang sont passibles d'une erreur qui, avec le coefficient employé 206, peut monter à 374.508, soit en chiffres ronds 400.000 globules.
Les résultats n’ont donc aucune valeur absolue et doivent être accueillis avec une réserve extrême, surtout quand ils proviennent d’expérimentateurs différents. Us auront cependant une certaine valeur relative entre les mains d’un même observateur opérant toujours do la même façon.
(l) Malassez, Archiv. de physiologie, 1874.