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Diabète

L’altération capitale que présente le sang au cours du diabète consiste dans l’augmentation de la proportion de glucose qui peut.s’ élever dans les cas graves jusqu’à p. 1000 et au delà, tandis que le taux normal n’est que 0,5 à. 1,8 p. 1000. Cette hyperglycémie paraît être le phénomène préalable nécessaire à rétablissement de la glycosurie. Du moins constate-t-on, en général, un certain parallélisme entre les deux phénomènes, ainsi qu’il ressort, par exemple, des déterminations suivantes de Pavy (4) ;

Sucre Sucre pour 100 p. de sang

excrété on 24 heures. ^moyenne de 2 analyses).

(Il Voy. Drouin, Thèse, Paris, 1892, p. 169.

(2) Cité par von Noorden, Lehrb. d. Path. des Sloffwechsels, Berlin, 1893, p. 435.

(3) R. Drouin toc. cit., p. 167.

(4) Pavy, cité par Ganigee, Physiol. Chemislry, Londres, 1880, 1. 1, p. 168; voy. aussi -. Ver h. des X. inlern. Congr., t. il, V' partie, p. 80, 1891.

E>CYCL0PÉ01E CHIMIQUE. — L.4MBL1XG.

Cependant tous les auteurs n’ont pas constaté un parallélisme aussi exact; ainsi Seegen (1) a observé chez deux diabétiques qu’à la suite de repas riches en féculents, la proportion de sucre augmentait dans les urines, mais non dans le sang, et, de plus, que chez d’autres malades atteints de diabète caractérisé, l’hyperglycémie était très médiocre (1,3-1, 8 p. 1000 de sucre). C. von Noorden (2) fait remarquer, à ce propos, que ces contradictions, qui sont très nombreuses, sont dues en partie à ce fait que les difficultés du dosage de sucre dans le sang ne sont bien connues que depuis peu, et il conclut finalement que le seul cas dans lequel une glycosurie indépendante de l’hyperglycémie parait bien démontrée est l’intoxication par la phloridzine (diabète phloridzique).

A côté du glucose, Ehrlich et Gabritschewsky (3) ont constaté dans le sang diabétique une augmentation de la proportion de glycogène; le glycogène qui se trouvait en partie dans les globules, en partie dans le plasma, doit être rapporté aux globules blancs qui, plongées dans un milieu riche en sucre, ont pu s’enrichir en glycogène. Quant aux amas de glycogène libre, ils provenaient probablement de la désagrégation d’une partie des leucocytes.

Les autres altérations du sang diabétiques, connues actuellement, portent sur la concentration et l’alcalinité.

La concentration est le plus souvent augmentée, phénomène dû probablement à l’énergique soustraction d'eau produite par la diurèse, et que l’on observe d’ailleurs également dans le diabète insipide. Quant aux variations individuelles des matériaux solides, elles sont mal connues et, au surplus, difficiles à suivre. Leichtenstern (4), qui s’est occupé de la richesse en hémoglobine, dit qu’elle est sujette à des variations considérables. Parfois elle est diminuée au début, puis à mesure que l'affection progresse, le sang subit un épaississement qui fait hausser la proportion relative de matière colorante.

L’étude des modifications de l'alcalinité a conduit à une théorie sur la pathogénie du coma diabétique. L’alcalinité du sang est nettement diminuée chez le diabétique; c’est là un fait qui est établi par de nombreuses observations de Wolpe, Minkowsky, Krauss, Frerichs, Mya et Tassinari, von Jaksch, Lépinc, Rumpf, Drouin (5). Cette diminution, qui s’accentue surtout dans le coma diabétique. s’accompagne, d’après Krauss, d’une augmentation de Facidité réelle du sang. Ce phénomène est évidemment dû à l’accumulation dans le sang d’une proportion anormale de principes acides qui sont, d’une part, des acides minéraux, acides sulfurique et phosphorique, résultant de la désassimilation des éléments azotés ou des tissus en voie de désagrégation, et, d’autre part, des acides organiques, acides gras inférieurs (6), acides acétylacétique, lactique et p-oxybutyrique, qui ont la même origine (voy. plus ba.s).

(1) Seegen, Die Zuckerbildung in Thierkôrper, Berlin, 1890, p. 239.

(2) C. von Noorden, Lehrb. d. Path. der Stoff’wechsels, Berlin, 1893, p. 409.

(3) Gabritschewsky, Arck. f. exp. Path., t. XXVIII, p. 272, 1891.

(4) Leichtenstern, Untersuch. ueber den Hæmoglobulingehalt des Blutes, Leipzig 1878

(3) Voy. pour la bibliographie de cette question : R. Drouin, Hémo-alcalimétrie et hémoacidimétrie, Thèse, Paris, 1892, p. 151.

(6) Von Jaksch, Zeitschr. f. klin. Med., t. XI, p. 307.

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