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État de l'oxygène dans le sang

C’est J. Liebig(5)qui, le premier, a considéré la fixation de l’oxygène'par le sang comme une véritable combinaison chimique, qu’il a comparée fort justement

(1) Fernet, Ann. des sciences nat., 4“ série, 2“ vol., t. VIII, p. 125.

(2) Bert, La pression barométrique, Paris, 1878, p. 660, 701, 792.

(3) Bohr et Bock, loc. dt., n’admettent pas la constance de ce facteur 2,0223.

(4) Pflügcr, Arch. f. d.ges. PhysioL, t. I, p. 73.

(5) Licbig, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. LXXIX, p. 112, 1851.

DISSOCIATION DE L’OXyHÉMOGLOBlNE,

à l’absorption de l’acide carbonique par les dissolutions de phosphate de soude ou celle du bioxyde d’azote par les dissolutions de sulfate ferreux. Gay-Lussac (1) avait déjà fait remarquer d’ailleurs que les quantités d’oxygène extraites du sang par Magnus étaient beaucoup trop considérables pour qu’il fût possible de les considérer — ainsi que le voulait Magnus lui-même — comme simplement dissoutes dans le sang, mais les premières expériences probantes ne furent apportées que par Fernet (2) et Lothar Meyer (3). Les expériences de Fernet, qui ont un intérêt capital, ont consisté, en ce qui concerne l’oxygène (4), k soumettre du sang, préalablement privé de gaz, à l’action de pressions croissantes d’oxygène et à déterminer les quantités de ce gaz qui sont fixées chaque fois. Fernet a montré ainsi que la quantité d’oxygène fixée par le sang peut se décomposer en deux portions, une première, simplement dissoute dans le liquide sanguin, et variant avec la pression, une seconde chimiquement retenue par les globules et indépendante de la pression, au moins dans certaines limites. Ces résultats, confirmés par les recherches, en partie antérieures, de L. Meyer (3), établissaient nettement l’existence d’une combinaison chimique de l’oxygène dans le sang, et cette conclusion fut confirmée presque aussitôt par l’importante découverte de Claude Bernard (6) touchant l’action de l’oxyde de carbone sur le sang. Ce gaz, en effet, déplace l’oxygène du sang et se substitue à lui, volume à volume, ce qui rendait infiniment probable l’existence de combinaisons chimiquement définies. Lorsqu’enfin on eut isolé l’oxyhémoglobine, sous la forme d’une espèce chimique cristalline, Hoppe-Seyler (7) fit voir que ce composé, comme aussi ses dissolutions, abandonnent dans le vide de l’oxygène faiblement combiné et que la matière colorante nouvelle qui prend naissance, l’hémoglobine, se forme avec des réactions spectroscopiques qui sont exactement celles du sang artériel, au moment où il se transforme en sang veineux.

Le sang contient donc sous deux états l’oxygène que l’on en peut extraire au moyen du vide. Une faible portion est physiquement dissoute dans le plasma, le reste est chimiquement combiné à l’hémoglobine. 11 convient donc d’étudier de plus près les propriétés de cette combinaison et en particulier sa dissociation en oxygène libre et en hémoglobine dans diverses conditions de teni’pérature et de pression.

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