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ÉCHANGES GAZEDX RESPIRATOIRES ENTRE LE SANG ET LES TISSUS

nutritifs dépendre étroitement de la masse de sang dont dispose l’organisme- L’expérience montre qu'il n’en est rien, puisque les saignées abondantes ne diminuent pas, et souvent' accélèrent même ces échanges (voy. p. 353).

Les oxydations s’accomplissent donc dans l’intimité des tissus (1). Par suite, on est conduit à admettre qu’au contact des éléments cellulaires, la tension de l’oxygène est moindre que dans le plasma, c’est-à-dire autour des globules, et que celte chute de tension détermine la dissociation d’une partie de l’oxyhémoglobine et le passage d’une certaine fraction de l’oxygène du sang vers les tissus. Pour l’acide carbonique, la différence de tension doit exister en sens inverse, et par suite faire marcher ce gaz des tissus vers le sang.

Telle est la conclusion que l’on peut tirer a priori de ce fait aujourd’hui accepté par tous les physiologistes, à savoir que le siège des combustions doit être placé dans les tissus. Mais la démonstration aurait assurément besoin d’être complétée par la mesure directe des tensions gazeuses dans les deux milieux en présence. En ce qui concerne l’oxygène, nous savons que sa tension dans le sang peut atteindre des valeurs très élevées, égales pour le moins à 112”"“, si l’on veut s’en tenir aux expériences de L. Frédéricq. Ces tensions sont bien supérieures à celles qui doivent exister au contact des tissus,ainsi qu’il ressort des faits exposés au chapitre II. En mettant de l’air en contact avec la surface intestinale, Strassburga vu la tension de l’oxygène tomber au bout d’une demi-heure à 13,44 p. 100 (ou 102”“ de mercure), et au bout de 2 heures un quart à 3,23 p. 100 (ou 24,7““). Dans la lymphe, dans le lait, dans les exsudais, on ne trouve que des traces d’oxygène; quant à la bile et à l’urine, Iloppe-Seyler les a trouvées entièrement exemptes d’oxygène. Comme ces liquides se sont formés et ont circulé au contact des tissus, on peut admettre que la tension de leurs gaz représente une valeur approchée des tensions qui existent au contact des cellules.

Reste à la vérité la salive, dans laquelle on a trouvé pour l’oxygène une tension d’environ 150“". Mais cette analyse se rapporte à la salive sous-maxillaire obtenue par excitation de la corde du tympan, c’est-à-dire dans des conditions où la circulation est active, où le sang veineux sort rutilant de la glande et où l’excrétion de la salive se fait très rapidement. Dans ces conditions, on peut admettre que la tension de l’oxygène dans la salive doit tendre à se rapprocher de celle de l’oxygène dans le sang, et qu’elle mesure plutôt la tension de ce gaz dans le sang que la tension au contact des cellules.

On est donc en droit de conclure que la tension de l’oxygène est considérablement plus faible au contact des tissus que dans le sang artériel, et que la chute de tension qui existe au niveau des tissus est largement suffisante pour expliquer une diffusion très rapide de l’oxygène des globules vers les éléments cellulaires des tissus.

Bohr (2) a émis une théorie ingénieuse sur la manière dont l’organisme peut

(1) Toutefois, Bohr et Henriquez se sont efforcés de démontrer récemment que le sang veineux apporte au poumon des produits de déchets, incomplètement oxydés et dont la combustion s'achève dans Torgane pulmonaire même, si bien qu'une partie notable (de 18 à 68 p. 100) des processus d'oxydation s’accomplirait au niveau des poumons. {Comptes rendus, t. CXIV, p. 1496, 1892.)

(2) Bohr, Bulletin de VAcad. voy, danoise, 1890. — Comp, rend., 4 août 1890.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.

régler la tension de l’oxygène dans le sang et faire face aux besoins à chaque instant variables des tissus. La quantité d’oxygène offerte par le sang aux tissus dans l’unité de temps dépend, toutes choses égales d’ailleurs, de la tension de l’oxygène dans le plasma, et celle-ci dépend de la quantité d’oxyhémoglobiue contenu dans le globule. Au fur et à mesure que l’oxygène passe du globule dans le plasma et du plasma dans les tissus, la provision d’oxyhémoglobine diminue et la tension de l’oxygène baisse. Or, d’après Bohr, l’organisme possède un moyen de relever cette tension en dépit de la diminution qu’a subie la réserve d’oxygène contenue dans le sang.

D’après Bohr, la « teneur spécifique du sang en oxygène », c’est-à-dire le rapport de la quantité maxima d’oxygène fixée par un volume de sang à la quantité de matière colorante contenue dans ce volume, est une grandeur variable. Elle varie sous l’influence d’une saignée, avec le territoire vasculaire, sous l’action de certains poisons. C’est qu’il peut exister dans le sang plusieurs variétés d’oxyhémoglobine (voy. p, 43), qui peuvent se substituer l’une à l’autre et s’associer en proportions sans cesse variables. Mais ces variétés présentent.

comihe Bohr s’en est assuré, des courbes de dissociation différentes. Supposons que les courbes 1 et 2 de la figure (4) représentent la marche de la dissociation de la matière colorante du sang artériel (n» 1) et du sang veineux (n° 2). Les pressions sont portées en abscisses et les ordonnées indiquent les quantités d’oxygène fixées par gramme d’hémoglobine.

Supposons que par gramme de matière colorante, il y ait dans le sang artériel une quantité d’oxygène représentée par l’ordonnée pa et à laquelle correspond la tension Op. Si, pendant le passage à travers les capillaires, l’hémoglobine se transforme dans la variété (2), on aura pour une même teneur en oxygène P.A = pa, une tension beaucoup plus forte OP. On voit donc que lorsque la provision d’oxygène tend à diminuer, la tension de ce gaz peut néanmoins se maintenir constante, si par un mécanisme quelconque tout ou partie de l’hémoglobine du sang est transformée en une variété différente.

Pour ce qui regarde l’acide carbonique, on peut conclure également des expériences de Strassburg que la tension de ce gaz est plus forte au contact des tissus que dans le sang veineux, et, a fortiori, que dans le sang artériel, conséquemment que la chute de pression s’opère ici des tissus vers le sang.

LA RESPIRATION Cü FANÉE ET INTESTINALE.

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