ET INTESTINALE
L’existence d’échanges gazeux s’opérant à travers la peau a déjà été constatée par Lavoisier et Séguin (1) en enveloppant dans un sac en caoutchouc tout le corps du sujet, qui restait en communication avec l’air extérieur par un tube adapté au nez et à la bouche. Mais, dans ces conditions, l’acide carbonique et la vapeur d’eau s’accumulent dans le sac et gênent finalement les phénomènes d’exhalation cutanée.
Plus tard, Scharling (2), Aubert et Lange (3) obvièrent à cet inconvénient en renouvelant par un courant d’air l’atmosphère dans laquelle s’opéraient les échanges de la surface cutanée. Un grand nombre d’autres expérimentateurs, tels que Gerlach (4), Reinhard (S), Rôhrig (6), Fubini et Ronchi (7), ont étudié les échanges gazeux sur des surfaces limitées de la peau (par exemple la peau de l’avant-bras et de la main). La plupart de ces observations ne portent que sur la quantité d’acide carbonique exhalé. Seuls Gerlach, Régnault etReisetont étudie l’absorption de l’oxygène par la peau.
Les échanges gazeux par la peau ne sont pas très considérables chez les animaux supérieurs, et Hoppe-Seyler incline même à penser qu’une grande partie
(1) Œuvres de Lavoisier, t. Il, p. 708.
(2) Scharling, Journ. f. pi’act. Chem., t. XXXVI, p. 454, 1843.
(3) Aubert, Arch. f. d. ges. Physiol., t. VI, p. 539, 1872.
(4) Gerlach, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1831, p.. 433.
(5) Reinhard, Zeitsch. f. Biol., t. V, p. 28, 1869.
(6) Rôhrig, Physiol. d. Haut, Berlin, 1876, p. 12.
(7) Fubini et Ronehi, Moleschslt’s Unters., t. XII, p. 1, 1878, et Mah/s Jahresb., t. Vtll,
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de l'acide carbonique fourni par la peau provient de décompositions putréfactives. Mais la perméabilité de la peau pour les gaz ne peut être mise en doute par la raison que dans une atmosphère d’acide carbonique on peut observer au contraire une absorption de ce gaz par la peau, et que les gaz les plus différents peuvent pénétrer à travers la peau intacte jusque dans le sang (1).
Malgré l’étendue de la surface cutanée chez l’homme (15.000'“^ environ, d’après Sappeyh l’excrétion d’acide carbonique n’est, d’après Aubert, que de 4s‘' environ pour 24 heures. Beaunis l’évalue à lOs' pour 24 heures.
Elle varie d’après la région cutanée considérée. Ainsi, en calculant la quantité d’acide carbonique excrétée par toute la surface cutanée d’après celle que fournit la main, on ne trouverait, d’après -Aubert, que le'',25 de gaz par jour.
La température, la lumière, l’état de la circulation et l’alimentation la font varier notablement. Aubert a vu monter la quantité d’acide carbonique de 2b',9, à la température de 29», à 6s'’,3, à la température de 33°. D’après Fubini et Ronchi, l’excrétion de gaz carbonique à la lumière et à l’obscurité sont entre elles comme 113 à 100. Elle diminue d’un tiers lorsqu’on a applique sur un membre la bande d’Esmarch. Elle monte de 100 à 116 lorsqu’on passe de l’alimentation animale à l’alimentation végétale; de 100 à 112, lorsqu’on passe de l’état de jeûne à l’état de digestion.
Le volume d’oxygène absorbé paraît être toujours beaucoup moins considérable que celui de l’acide carbonique exhalé. Pour 100" d’oxygène absorbé, il s’élimine de 128 à CIO" d’acide carbonique. — D’après Beaunis, la quantité d’oxygène absorbée par la peau est à celle qui pénètre par les poumons comme 1 : 127.
La peau élimine également de la vapeur d’eau, mais il est difficile de dire, dans la quantité d’eau totale éliminée par la peau, la part qui revient à la sécrétion sudorale et celle qui pourrait revenir à la perspiration cutanée proprement dite.
A cette question de la respiration cutanée se rattache ce problème si souvent agité de l’élimination de produits nuisibles par la peau. Pettenkofer (2) envisage ces produits comme des composés organiques gazeux, à tension très faible, si bien que l’air extérieur en est promptement saturé. A partir de ce moment, ces produits s’accumulant dans l’organisme, produiraient par leur action sur le système nerveux des accidents graves. Ces accidents commencent lorsque, par le séjour d’un grand nombre de personnes dans une pièce, la proportion d’acide carbonique est portée à 0,1 p. 100. A ce moment, l’air commence à présenter une odeur désagréable. Lorsque l’acide carbonique atteint 1 p. 100, le séjour dans une telle atmosphère devient intolérable.
Mais l’expérience a montré que si la peau et les habits sont maintenus dans un état de propreté parfaite, ces produits odorants n’apparaissent pas, et qu’au surplus, l’analyse chimique la plus soignée reste impuissante à déceler dans l’air la moindre trace de produits organiques. Les expériences de Hermans(3) sur ce point sont tout à fait démonstratives.
tl) Gerlach, loc. cil., 1851, p. 431. — Rôlirig, toc. cil., p. 30.
(2) Pettenkotfer, Annales de Liebig, supplément, 1862, p. 5.
(3) Hermans, Arch. f. Hygiene, t. 1, p. 1, 1883.