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DES ÉCHANGES GAZEUX RESPIHATOIRES

§ I. méthodes pour recueillir et étudier les gaz de la respiration.

Les méthodes employées pour recueillir et étudier les gaz de la respiration s’appliquent soit à la respiration totale, soit seulement a la respiration pulmonaire (1). Dans la première catégorie rentrent les appareils de Scharling, de Régnault et Reiset, de Pettenkofer et Voit, de Paschutin, de Bodliinder, de d’Arsonval, etc., dans lesquels l’animal à étudier est plongé tout entier dans un espace clos; dans la .seconde, on trouve les appareils d’Andral et Gavarref, de Rôlirig et Zuntz, de Richet et Hanriot, de Jolyet, Bergonié et Sigalas. Ici l’animal ou l’homme respirent par un masque convenablement appliqué, ou par une canule directement introduite dans la trachée.

Ces méthodes doivent être envisagées encore à un autre point de vue. On peut, pour l’étude des produits de la respiration, faire respirer un sujet dans un volume limité d’air, et analyser cet air au commencement et à la fin de l’expérience. Ce procédé, qui a été employé pour la première fois par Lavoisier et Laplace (2), a le grave inconvénient de produire des troubles dans le processus respiratoire, à cause de l’altération croissante du milieu gazeux. 11 a néanmoins été employé par un certain nombre d’observateurs (Berthollet, Legallois, Va-

(1) En ce qui conceoic la respiration cutanée, on n’ajoutera rien ici à ce qui a été dit précédemment.

(2) (Muvres de Lavoisier, t. II, p. 326.

lentin). Spallanzani (1), Claude-Bernard (2), Friedlander et Herter (3) s’en sont

servis et, dans certains cas, précisément en vue d’étudier les troubles en

question.

Deux méthodes ont été employées dans le but d’éviter ces inconvénients. La première consiste à absorber, d’une manière continue, l’acide carbonique produit, au moyen de bases alcalines, et de remplacer constamment cet acide par de l’oxygène pur. Cette méthode, déjà employée par Lavoisier et Séguin (4), a reçu dans les classiques recherches de Régnault et Reiset (5) son application la plus complète et la plus heureuse. Elle a été employée souvent depuis cette époque, et notamment Seegen et Nowak (6).

La seconde consiste à pratiquer une ventilation constante de l’atmosphère dans laquelle respire l’animal, au moyen d’un courant d’air pur. Ce courant doit avoir une grandeur déterminée, et la composition de l'air, à l’entrée et à la sortie, est fixée par l’analyse. Cette méthode, également découverte par Lavoisier, a servi aux recherches de Dulong (7), de Despretz (8), de Boussingault (9), de Scharling (10), de Senator (H), de Liebermeister (12). C’est enfin d’après ce même principe qu’a été construit à Munich le grand appareil de Pettenkofer et Voit (13).

Ces deux méthodes peuvent être appliquées soit à l’élude de la respiration totale, soit à celle de la respiration pulmonaire seule.

Parmi tous les appareils employés, on n’en décrira ici que quelques-uns, qui peuvent servir de type, et soit ceux de Régnault et Reiset, de Pettenkofer, de Richet et Hanriot (voy. en outre, p. 330, 331 et 332, l’indication d’un certain nombre d’autres appareils).

Appareil de Régnault et Reiset. — Dans l’appareil de Régnault et Reiset l’animal est placé dans une cloche en verre, mastiquée sur un plateau qui ferme son ouverture inférieure, et maintenue à une température constante à l’aide d’un manchon rempli d’eau. Quatre tubes passent par la tubulure de la cloche : 1“ un tube communiquant avec un manomètre; 2° un tube amenant l’oxygène destiné à remplacer celui qui a été consommé par l’animal; 3° deux tubes mettant la cloche en communication avec l’appareil destiné à absorber l’acide carbonique produit. Un de ces tubes est en communication avec un mano-

(1) Spallanzani, Mémoires sur la respiration, Genève, 1803.

(2) Claude Bernard, Leçons sur les effets des substances toxiques, etc., Paris, 1857,

(3) C. Friedlànder et E. Herter, Maly's Jahresb., t. VllI, p. 319, 1878.

(4) Œuvres de Lavoisier, t. II, p. 693.

(3) Régnault et Reiset, Ann. de chim. et de physique (3), t. XXVI, 1849.

(6) Seegen et Nowak, Pflüger’s Arch., t. XIX, 347, 1879.

(7) Dulong, Ann. de chim. et de physique (3), t. 1, 440, 1840. — Ce mémoire a été présenté à l’Académie dès 1822.

(8) Despretz, ibid. (2), t. XXVI, p. 337.

(9) Boussingault, ibid. (3), t. XI, p. 433, 1844.

(10) Scharling, Ann. der Chem. u. Pharm., t. XLV, p. 214, 1843.

(11) Senator, Du Bois Reymond's Arch., 1872, p. 1.

(12) Liebermeister, Deutsch. Arch. f. klin. Med., t. VII, p. 75, 1870.

(13) Pettenkofer, Abhandl. d. math.-phys. Classe d. Acad, zu München, t. IX (2), p. 2.32, 1862. — Pettenkofer et Voit, Liebig’s Annalen d. Chem. u. Pharm., suppl. Band, II, p. 52.

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