INFLUENCE DE QUELQUES GAZ ÉTRANGERS A L’ATMOSPHÈRE
4u sang dure encore 60'’ après que les victimes (accidents par les poêles mobiles) ont été soustraites à l’influence des atmosphères toxiques. Mais ces conclusions sont basées sur l’emploi du procédé spectroscopique dont la sensibilité est ici Tout à fait insuffisante. L. de Saint-Martin, qui a repris l’étude de cette question à l’aide de procédés extrêmement rigoureux (t), a constaté d’abord que dans un mélange de sang oxycarboné et de sang oxygéné, maintenu pendant longtemps (30 à 36'’) à 38°, à l’abri du contact de l’air, une certaine quantité d’oxyde de carbone finit par disparaître, très vraisemblablement en se transformant en acide carbonique. La destruction est maxima, lorsque le sang est riche en oxygène. Dans lOO" de sang contenant, au début, 13“,89 d’oxygène et 2", 34 d’oxyde de carbone, on ne retrouve plus, au bout de 36'’ de séjour à l’étuve à 38°, que 1“,1S d’oxyde de carbone.
Les expériences de L. de Saint-Martin démontrent en outre que la même destruction s’opère très vraisemblablement chez l’animal vivant. Chez des lapins soumis à l’intoxication oxycarhonée dans un appareil de Régnault et Reisct, on a pu •constater que le volume de gaz toxique détruit par heure a été de l",!? — 1",62. Ce volume a été d’autant plus fort que le sang contenait encore une plus forte ■proportion d’oxyhémoglobine. Le même auteur a pu constater d’autre part, en introduisant dans le sang de plusieurs lapins des quantités rigoureusement connues d’oxyde de carbone (2), puis en les faisant respirer dans de l’oxygène pur, que le toxique s’élimine en nature, comme l’avaient avancé Cl. Rernard et firéhant, mais qu’au bout de 3'’ de respiration dans l’oxygène pur, on trouve encore de l’oxyde de carbone dans le sang. Ainsi dans une expérience, un lapin pesant d.893s’ avait reçu dans son sang 23", 17 d’oxyde de carbone, sur lesquels 3",82 ont été retrouvés dans le sang (3), 14", 32 dans l’air exhalé après 3'’ de respiration dans l’oxygène, et 6",3 ont été éliminés sous une autre forme.
Ajoutons que la destruction chimique d’une partie de l’oxyde de carbone, dans le sang contenant beaucoup d’oxygène, légitime ici l’emploi des inhalations d’oxygène (voy. 338).
(1) L. de Saint-Martin, loe. cit., p. 230. — Voy. aussi le présent ouvrage, p. 60.
(2) Pour les méthodes, qui sont d’une rigueur parfaite, nous renvoyons le lecteur k l’ouvrage •original.
(3) En admettant que la masse totale du sang est égale au dixième du poids de l’animal, chiffre choisi à dessein beaucoup trop fort.
-EXCYCLOP.