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384 ENCYCLOPÉDIE CHIMQUE. — LA.MBLING.

Les variations de composition de la lymphe dans diverses conditions physiologiques ou pathologiques sont encore assez mal connues. Dans le cas de Miink et Rosenstein cité plus haut, l’influence la plus marquée était celle que produit l’ingestion des graisses. La teneur en graisse qui était à l’état de jeûne de 1 p. 100 environ, et même moins, s'élevait rapidement, sous l’influence du repas, à 4, 3 — 4,.ï p. 100. L’influence des hydrates de carbone est beaucoup moins sensible. Après un repas de lOO®' d’amidon et sucre, on ne retrouvait guère dans la lymphe recueillie que 1 p. 100 du glucose alimentaire, et la proportion relative allait de 8,093 p. 100 (à l’état de Jeûne) 'a 0,13, à 0,16, puis à 0,21 p. 100, ce qui confirme la théorie généralement admise d’après laquelle le glucose est presque entièrement absorbé par les voies sanguines. Le dosage des albuminoïdes conduit à à la même conclusion en ce qui concerne les voies d’absorption des matériaux azotés.

[.es gaz de la lymphe et leurs variations ont été étudiés dans le chapitre relatif à la tension des gaz dans les tissus.

§ II. Chyle.

A l’état de jeûne les lymphatiques de l’intestin contiennent un liquide qui ne se distingue en rien de la lymphe des autres troncs lymphatiques ; mais sitôt que la digestion est commencée et qu’il y a absorption de graisses, on volt ces lymphatiques se gonfler et se remplir d’un liquide laiteux. Cette lymphe particulière a reçu le nom de chyle.

C’est un liquide blanchâtre, laiteux, se coagulant spontanément au bout de quelques minutes, et donnant, comme la lymphe, un caillot très mou, se déchirant très facilement. 11 est riche en globules blancs, surtout au niveau des glandes lymphatiques du mésentère et de la citerne de Pecquet. Dans le canal thoracique le chyle est moins riche en globules, moins riche aussi en corpuscules graisseux à cause de son mélange avec la lymphe.

Ces corpuscules graisseux sont d’une ténuité extrême, et après le mélange de la lymphe du canal thoracique avec le sang, ils circulent pendant quelque temps dans le réseau sanguin, sans produire d’ailleurs, même dans les capillaires les plus fins, aucune obstruction (1). Puis, au bout de quelques heures, le sérum sanguin perd peu à peu l’aspect laiteux qu’il avait pris, et la graisse disparaît.

Ces graisses sont constituées par des graisses neutres (triglycérides) accompagnées de petites quantités de savons. Quant à la nature de cette graisse, elle dépend de la composition des graisses ingérées. En faisant absorber à leur malade de l’acide érucique, Munk et Rosenstein ont retrouvé cet acide en saponifiant les graisses neutres de la lymphe que fournissait la fistule.

La composition du chyle est aussi variable que celle de la lymphe. Nous don-

(1) Au contraire, la graisse qui pénètre accidentellement dans le sang, par fracture des os longs et traumatisme de la moelle osseuse par exemple, produit parfois des œdèmes pulmonaires graves. C’est que le sang, malgré sa réaction alcaline, ne peut émulsionner une graisse neutre, absolument dépourvue d’acides gras libres, comme la graisse de la moelle osseuse.

CARACTÈRES PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE LA LYMPHE ET DU CHYLE, 383 nous ci-après, dans un tableau emprunté à Gorup-Besanez (t), un aperçu de la composition du chyle de l’homme et de divers animaux :

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