‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e sectionChapitre 235 sur 273 · APPORT TOTAL DE CALORIES · texte numérisé non relu

APPORT TOTAL DE CALORIES

AZOTE

Sll s|i ifl

l’OaGlSISilE 1 COITMI U DÉFICIT

1 avant la sup- 1 pression d’une RATION 1 pirliedes

1 hydrocarbonés

après la suppression d’une partie des hydrocarbonés

(en calories et en centièmes du

(en calories et en centièmes du

Lusk

gr. 1

Lusk .

Miura .

Miura .

VonNoorden

On voit donc que, dans l’inanition partielle brusque, comme dans le jeûne total, c’est la graisse fournie par forganisme qui comble la presque totalité du déficit, et que l’albumine corporelle est d’autant plus épargnée que les réserves graisseuses sont plus abondantes.

Lorsque le déficit provoqué par la suppression d’une partie des hydrates de carbone est médiocre et ne dépasse pas 10 à 15 p. 100 de l’apport total des calories, on constate que l’excrétion d’azote reste la même qu’auparavant, en d’autres termes que l’économie ne fait appel qu’à ses réserves de graisses. C’est le cas de l’expérience de Krummacher (2), citée à la p. 473. Ajoutons ici que, lorsqu’àvec la même ration le sujet se mit à exécuter des travaux mécaniques considérables (ascension de montagnes), il s’ajouta au déficit antérieur de 615 calories, un nouveau déficit d’au moins 1,200 calories (3). Cette fois, l’équilibre azoté fut rompu, au détriment de l’organisme bien entendu, c’est-à-dire qu’en sus d’une certaine quantité de graisse, l’organisme dût sacrifier encore une petite quantité d’albumine (4).

(1) Lusk, Zeitschr.f. Biol., t. XXVII, p. 468, 1891.' — Pour le travail de Miura, voy. C. von Noorden, Beitrüge zur Lehre vom Stoffwechsel ; BerUn, 1892, 1°' fascicule, p. 9.

(2) Krummacher, Disserl; Bonn., 1890.

(3) Krummacher n’évalue ce déficit qu’à 378 calories, mais C. von Noorden a montré que, dans les conditions où s’est placé Krummacher, il faut compter un surcroît de dépense d’au moins 1.200 calories (C. von Noorden, Palh. d. Stoffwechsels, p. 125).

(4) Notons que c’est dans ces cas de déficit dans l’apport total de calories que le travail mécanique semble agir sur la désassimilation azotée. Mais on saisit immédiatement

l'alimentation insuffisante

Dans les expériences précitées, le déficit de calories est provoqué par suppression d’une partie des hydrocarbonés. On ne sait pas comment les choses se passent lorsqu’il y a soustraction d’une partie des graisses. L’organisme couvret-il le déficit en sacrifiant les mêmes proportions d'albumine et de graisse ? Les -expériences manquent encore sur ce point.

Lorsque l’alimentation insuffisante est chronique, le déficit de calories est encore couvert par les mêmes procédés, mais avec cette différence que l’écononie administre ses réserves en albumine avec une parcimonie encore plus grande. Ce qui le démontre, c’est la faiblesse des excrétions d’azote, que l’on constate, lorsqu’on fait succéder le jeûne total à une alimentation insuffisante établie depuis quelque temps. Dans ce cas, l’homme adulte, au lieu de perdre comme dans l’inanition aiguë et brusque, en tout iO à tt grammes d’azote par jour, ou 0S'',t5 à 0®’^,23 d'azote par kilogramme et par jour, n’en élimine que b à 6 grammes ou O»'',! par kilogramme, et la femme n’en donne que 3 à 4 grammes par jour, ou Os'’,d par kilogramme.

On voit donc que l’organisme, soumis à une alimentation insuffisante, administre, avec beaucoup plus de parcimonie encore qu’à l’état d’inanition aiguë, les ressources d’albumine dont il dispose. On verra dans un instant la contrepartie de ce fait, dans l’extraordinaire énergie avec laquelle l'économie retient et fixe l’albumine, lorsque s’opère le retour à l'alimentation normale, énergie si pénétrante que les règles ordinaires de la fixation d’azote chez l’homme sain s’en trouvent comme brisées (voy. p. 516).

Il est difficile de donner des chiffres exacts touchant la répartition de la dépense totale de calories entre les graisses et l’albumine. Les observations sont encore trop peu nombreuses. Il serait cependant intéressant d’être renseigné exactement sur ce point. Beaucoup d’états pathologiques sont caractérisés par une désassimilation azotée exagérée, comme si l’organisme était inondé de corps toxiques produisant, à la manière du phosphore (voy. p. 489) une fonte protoplasmique exagérée. Ce phénomène s’observe, par exemple, dans certaines formes d'anémie. Mais il est clair que l’étude de la nutrition dans ces cas pathologiques exige absolument la connaissance préalable des échanges nutritifs daus l’inanition partielle pure et simple, puisque, dans les affections en question, l'alimentation insuffisante surajoute presque toujours ses effets à ceux de l’agent pathogène.

Notons seulement que, d’après C. von Noorden, la dépense totale de calories serait couverte, dans l’inanition partielle, pour 15 p. 100 environ par l’albumine pour 85 p. 100 environ pour les graisses.

que cette action est indirecte et que c’est à tort que l’on concluerait d’une telle expérience que le travail mécanique consomme des albumines. En réalité, le muscle travaille avec des hydrocarbonés.

EXCYCLOPÉDIE CHIMIQLE

§ III. — L’i.N.INITIO.N P.JkRTIELLE THÉB.^PEUTIQUE. — LeS CURES d’.\M.4IGRISSE.MENT

L’alimentation insuffisante est fréquemment emplqyée par les médecins pour combattre et diminuer l’obésité, et les rations adoptées à cet effet sont caractérisées :

1“ Par l’insufiisance du nombre total de calories mises à la disposition de l’organisme ;

2“ Par la prédominance de l’albumine vis-à-vis des aliments ternaires.

Voici d’ailleurs la composition moyenne des rations employées dans les cures de Banting, d’Oertel et d’Ebstein (I).

HYDROCARBONÉS

Page 1