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CALORIES FOURNIES

Bauting Oertel . .

Ebstein.

L’apport total de calories est évidemment insuffisant, mais le déficit ne peut être calculé qu’approximativement. On a vu que Rubner estime à 34,9 calories (nettes), par kilogramme, la dépense quotidienne d’un adulte fournissant un travail mécanique d’intensité moyenne. Mais la détermination de Rubner a porté sur des individus normaux et non point sur des obèses, chez lesquels le poids total est augmenté par un poids mort de masses graisseuses, et dont le besoin de calories par kilogramme est évidemment moindre. Ainsi, dans les expériences qu’il a faites sur lui-même et dont il va être question plus loin, Dapper a fixé son besoin total à 28 calories (nettes) par kilogramme pour un organisme obèse de dOO kilogrammes (âge : 29 ans; taille : d^iGS). La dépense en 24 heures était donc, dans l’espèce de 2.800 calories, dont la moitié tout au plus eut été fournie par l’un des trois régimes que l’on vient de citer.

Il résulte de là que l’organisme fournit aux dépens de ses propres tissus le complément de calories nécessaires (voy. p. 49d), et l’on compte que ce prélèvement portera principalement sur les surcharges graisseuses qui encombrent l’organisme. Mais on peut se demander si l’économie ne perd pas, en même temps, d’une manière constante, de l’albumine.

L’expérimentation physiologique apprend, à la vérité, que cette perte est d’autant moindre que l’organisme dispose de réserves graisseuses plus abondantes, ainsi que le démontrent notammentles deux expériences si intéressantes, citées à la p. 491. On peut donc espérer que chez des individus très gras, et qui reçoivent, d’autre part, une alimentation très riche en albumine, la perte d’azote pourra être évitée.

(t) OErtel, Allgemeine Tlierap.der Kreislaufstôrungen, 1891,4" édit., p. 139.

l’alimentation insuffisante 49b

En est-il vraiment ainsi ? Cliniquement, les bons résultats d'une cure d’amaigi’issement se mesurent à cette double constatation, à savoir que l’on aobtenuune perte de poids notable et l'affaissement des masses graisseuses, tout en conservant au sujet une résistance musculaire suffisante, ce qui indique la fonte des tissus a épargné les parties nobles, c’est-à-dire les masses albumineuses. Si de tels résultats sont obtenus assez souvent, on sait aussi, d’autre part, combien sont fréquents les cas où la cure d'amaigrissement provoque des accidents grave et une déchéance organique rapide. Aussi tous les auteurs sont-ils d’accord pour recommander des régimes qui, tout en provoquant par leur insuffisance la consommation progressive des réserves graisseuses, soient cependant tels qu’ils maintiennent l'organisme en état d’équilibre azote.

D’après C. von Noorden, on emploie beaucoup en Allemagne la méthode de Kisch, qui consiste à éprouver de temps en temps la puissance musculaire de l’obèse, à l'aide du dynamomètre et à s’assurer ainsi si la cure doit être ralentie ou accentuée. Ce procédé peut fournir assurément des indications utiles dans la pratique, mais il est insuffisant pour trancher le problème physiologique qui est posé par les cures d’amaigrissement et qui nè peut évidemment être abordé que par l’étude directe des échanges nutritifs.

Or, dans cette question tant agitée, les essais précis sont extrêmement rares. Si l’on écarte les expériences de Herschfeld (f) auxquelles on peut adresser de sérieuses critiques (2), il ne reste qu’une série d’essais exécutés par lui-même par Dapper [loc. cit ), sous la direction de C. von Noorden.

Dans une première période de 8 jours, le sujet reçut une ration quotidienne contenant, en moyenne, t088'',4 d’albumine avec un apport total moyen de l.b30 calories. La perte de poids fut de 3''8^'’,2 (3), et la perte d’albumine des tissus, de b8ï'’,7.

Dans le but de modifier ce premier résultat peu favorable, l'apport d'albumine fut porté jusqu’à 12T8'’,3, en même temps que l’on diminuait proportionnellement la quantité d’hydrates de carbone (4). Pendant les 12 jours qui suivirmit, et avec un apport total, qui s’élevait, en moyenne, à 1.466 calories par jour (lb,6 calories par kilogramme ; poids moyen 93''8>-,03), on observa une perte de poids totale de 27*‘8',7, avec une fixation quotidienne de bK'’,17 d'albumine en moyenne (b).

Dans une autre série, l’apport azoté quotidien fut porté à 133-187 grammes, avec 1.821 calories en tout (18,9 calories par kilogramme), avec cette différence que la ration était un peu plus riche en graisses et un peu moins riche en hydro-

(1) Hirschfeld, Zeilschr. f. klin. Med., t. XXV, p. 142, 1895.

(2) Voy. Dapper, Ueber den Stoffwechsel bel Entfettimgscuren, in von Noorden's Beitrâge zu Lehre vom Stoffwechsel, 2” fascicule, p. 65.

(3) Le calcul montre qu’une partie de cette diminution est représentée, comme on pouvait s’y attendre, par une perte d'eau et de sels minérau.x.

(4) Les aliments ternaires étaient représentés, en moyenne, par 36 grammes d’hydrocarbonés (de 23 à 61 grammes), et par 60 à 63 grammes de graisses.

(5) Ce chiffre est une moyenne obtenue en divisant par le nombre de jours la somme

algébrique des gains ou pertes d’albumine observés pendant la période. Durant les premiers jours, il y a toujours une perte d'azote ; ce n’est qu'au bout d'un certain temps que la fixation d'azote prend le dessus. 4

ENCTCLOPÉDIE CHIMIQUE

carbonés. Le résultat fut le même. Il y eut une perte de poids sensible accompagnée certainement, comme dans le cas précédent, d’une fonte graisseuse notable, mais avec gain simultané d’un peu d’albumine.

Par ces essais, il est, pour la première fois, démontré que l’on peut obtenir, par le moyen de rations insuffisantes un amaigrissement avec usure des graisses, sans qu’il y ait en même temps perte d’albumine corporelle. Mais cette unique expérience est loin de fournir à la thérapeutique de l’obésité une base suffisante. Outre qu’elle gagnerait à être multipliée sous cette forme, il conviendrait d’étudier l’action du travail mécanique (marche poussée jusqu’à la fatigue, ascensions), des bains chauds, des eaux salines, etc. (C. von Noorden).

l’alimentation surabondante

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