La loi physiologique de l’équilibre azoté
Il a été fréquemment question, dans ce qui précède, d’un organisme en état d’équilibre azoté, c’est-à-dire éliminant par l’urine et les excréments une quantité d’azote égale à celle qu’apportent les ingesta. Avant d’aborder l’étude de
l’alimentation surabondante, il est nécessaire de mieux préciser d'abord les conditions de ce phénomène.
Cet équilibre azoté peut être obtenu pour des apports d’albumine extrêmement variables, et l’on touche ici à une loi physiologique fondamentale dans l’étude de la nutrition, et qui est la suivante : L’organisme tend à adapter toujours sa désassimilation azotée à la grandeur de l'apport azoté alimentaire. Étudions ce phénomène d’abord en lui-même, puis au point de vue des déductions de physiologie normale ou pathologique qu’il comporte.
Montrons d’abord que la quantité d’albumine détruite, c’est-à-dire d’azote {ou d'urée) excrétée, augmente ou diminue {entre certaines limites), avec la quantité d'albumine ingérée.
Une telle adaptation de l’excrétion azotée à la grandeur de l’apport azoté alimentaire se reconnaît immédiatement dans un fait observé depuis longtemps, à savoir la variation de la quantité d’azote total ou d’urée de l’urine, selon la nature de l’alimentation. Ainsi, Lehmann (1) a trouvé chez lui-même :
Pour une alimentation fortement azotée (32 œufs)
— mixte .
— végétale .
— exempte d’azote .
C’est surtout chez le carnivore que cette adaptation apparaît clairement, bien qu’on l’observe également chez l’herbivore. Voici, par exemple, les quantités d'urée excrétées par un chien dont la ration de viande est successivement portée de 176 à 2.660 grammes (2).
grammes.
S3,20 d’urée.