CHAPITRE VI
LES MATIÈRES MLAÉRALES
On vient de voir que nos connaissances sur les échanges nutritifs des matériaux organiques, bien qu’encore incomplètes sur plus d’un point, forment néanmoins un tout cohérent, et qu’elles conduisent dès à présent aux applications pratiques les plus importantes. Il n’en va pas de même malheureusement pour les matières minérales, car ici la technique expérimentale se heurte à des difficultés particulières.
Prenons, en effet, dans leur ordre logique toutes les questions qui doivent être soulevées à propos du rôle alimentaire d’une substance ou d’un groupe de substances.
La première dans l’espèce est naturellement celle-ci : Les matières minérales sont-elles indispensables à l’entretien de la vie ? Sur ce point, les classiques expériences de Porter (I) complétées par celles de Luniu sont décisives. Elles ne laissent aucun doute sur la nécessité d’une alimentation minérale régulière.
11 s’agirait en second lieu d’établir la liste complète de ces matériaux, c’est-àdire de déterminer quels sont les aliments minéraux à la fois nécessaires et suffisants. On sait que ce problème, fondamental dans l’étude des échanges nutritifs, aussi bien pour les substances organiques que pour les matières salines, n’est encore résolu qu’avec une première approximation. Pour établir, en effet, la nature et le degré d’importance de chaque élément, minéral ou organique, il faudrait pouvoir procéder à des essais de nutrition, avec une ration artificiellement constituée, de telle manière qu’on pût agir tour à tour sur chacun des constituants de la ration, tous les autres facteurs de l’expérience restant identiques. Le rôle et l’importance de chacun des principes immédiats de la ration apparaîtraient ainsi successivement.
On sait que ce programme n’a guère trouvé son application complète que
(t) Ces expériences ont été sommairement analysées dans la partie de cet ouvrage consacrée aux Aliments (p. 156;. Les limites imposées au présent exposé ne nous permettent pas de nous étendre plus longuement sur les effets physiologiques de l’inanition minérale. Outre le mémoire de Forster, le lecteur pourra consulter l'ouvrage de Voit, p. 333.