‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e sectionChapitre 253 sur 273 · LES MATIÈRES MINÉRALES · texte numérisé non relu

LES MATIÈRES MINÉRALES

Lorsqu’à l’état de jeûne l’organisme vit sur ses propres tissus, les matières minérales mises en liberté par la destruction de ces tissus sont déversées dans le sang et portées aux divers émonctoires. Si donc la destruction porte principalement snr un tissu donné, le rapport entre l’azote et les cendres (ou tel élément des cendres) devra être le même dans les excreta et dans ce tissu. En d’autres termes, la composition des excreta devra indiquer la nature du tissu sur lequel a porté surtout le prélèvement opéré par l’organisme. Ainsi Voit(l) rapporte que les urines et les excréments recueillis en 90 jours de jeûne chez un chien contenaient 2a7s‘’,t de cendres. En calculant d’après la proportion d’azote la quantité de chair musculaire détruite, on trouve que le poids de cendre fourni par un tel poids de viande a dû s’élever à 260s>',9. Si, au contraire, on donne à l’animal de la gélatine, la quantité de cendre excrétée pour t partie d'azote est d’autant plus faible que l’on a donné plus de gélatine.

Inversement, lorsqu’il y a fixation d’azote, une partie des cendres manquent dans les excreta. On en peut conclure qu’elles ont été retenues pour la construction de tissus nouveaux, et, d’après la nature des matières minérales ainsi fixées, on peut tenter des conclusions sur la nature des tissus formés. Ainsi Pettenkofer et Voit ont établi, sur un chien nourri de viande, le bilan complet des recettes et dépenses en matériaux organiques et minéraux. Lorsque l’équilibre azoté est établi, toutes les matières minérales ingérées se retrouvent dans les excrétions et le rapport des cendres à l’azote (2) est exactement le même que dans la viande ingérée. Lorsqu’au contraire l’organisme fait des gains d’azote, c’est-à-dire lorsqu’il manque dans les excrétions une partie de l’azote ingéré, il manque aussi la quantité correspondante de cendres. Voit en conclut que l’animal a fixé de la viande.

Cette analyse peut être poussée plus loin et devient plus précise, lorsqu’on tient compte, non-seulement de la quantité globale de cendres, mais de chacun des éléments minéraux. Aussi dans les célèbres expériences de la Commission de Berlin sur le jeûneur Cetti (3), l’étude des matières minérales a permis de conclure avec une très grande probabilité à la destruction d’une partie du tissu osseux (4).

(1) Voit, Allffem. Sto/fwechsel, p. 6.').

(2) Ce rapport est de 1 partie d’azote pour 3,13 parties de cendres, chez fanimal nourri de quantités les plus variables de viande. Chez l’animal à jeun, il est de 1: 3,02.

(3) I. Munk, Berl. klin. Wochenschr.. 1887, n" 27; Mahj’s Jahresb., t. XVII, p. 194.

(4) Le lecteur trouvera des indications intéressantes quant à la portée de ce genre de recherches dans un mémoire de C. von .Xoorden et Belgardl {Zur Path. d. Kalksloffwechsels, publié dans C. von Noorden, Beitrüije z. Lehre vom Stoffœechsel ; Berlin, 1895, 3" fascicule, p. 125.

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