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KATLRK ET SIGNIFICATION THERMIQUE DES RÉACTIONS CHIMIQUES

des phénomènes d’oxydation, il ne faudrait pas tomber dans l'extrême opposé et nier toute combusüon intra-organique. D’ailleurs, il suflit d'opposer la foi-mule chimique des ingesla, alhrmines, graisses et sucres, à celle des excreta, eau, acide carbonique, urée et autres déchets azotés, pour constater que l’organisme animal a agi, au total, dans un sens qui est inverse de celui que parcourt la matière dans le travail chlorophyllien de la plante verte, et que, si celle-ci a opéré par réduction et synthèse, celui-là a procédé par oxydation et décomposition.

Au surplus, le pouvoir oxydant de l’organisme peut être constaté directement sur un grand nombre de substances. Ainsi les sels alcalins à acides végétaux, malates, citrates, tartrates, etc., se retrouvent dans les urines à l’état de carbonates alcalices. La benzine se transforme dans l’organisme en phénol ; l'anilimen amido-phénol ; le phénol en hydroquinone ; les sulfites et hyposulfites en sulfates, etc.

Ce pouvoir oxydant a son siège dans les tissus, et l’on peut à cet égard établir une sorte de hiérarchie entre les divers organes, la rate, le poumon et le foie, ayant, par ordre décroissant, une puissance oxydante beaucoup plus considél’able que la glande thyroïde, le rein, les capsules surrénales, le pancréas, le testicule et l’ovaire qui eux-mêmes l'emportent sur le tissu nerveux et le tissu musculaire (1).

Ce pouvoir oxydant apparaît surtout nettement et se prolonge pendant un temps plus long, quand on maintient le tissu étudié en contact avec du sang oxygéné par la méthode des circulations artifîcielles, développée par C. Ludwig (2). Le sang ne joue visiblement ici que le rôle d'excitant de l’activité spéciale des cellules. Des sels organiques oxydables, tels que les lactates, acétates, formiates alcalins, qui, ingérés, sont éliminés à l’état de carbonates, ne subissent aucune modification lorsqu’ils sont mis eu contact in vitro avec du sang oxygéné. Lorsqu’au contraire on fait passer à travers le foie du sang additionné de formiate d'ammonium, on constate que la glande transforme ce : el en urée (3), phénomène qui no peut guère s’e.xpliquer qu'en admettant la forma-

(Ul -Abelous et Biarnès, Soc. de Biol. 1890. — 11 faut remarquer que de telles classification ne sont relatives qu’à certaines actions spéciales, telles que l’oxydation de l’aldéhyde salicylique, la synthèse, par oxydation, de l’indophénol, etc. — Voy. aussi Jacquet, Arch. ~f. exp. Palh., t. XXIX, p. 386, 1892.

(2j Voici comment on opère. L'animal est saigné à blanc par section de la carotide, et aussitôt après la mort on fixe une canule dans l'artère principale et une autre dans la veine principale de l'organe à étudier, tous les autres gros vaisseaux étant liés. Le mieux est de laisser l’organe en place, le cadavre étant placé dans un bain à 0,5 p. 100 de sel marin et qui est maintenu à SI”. Les deux canules sont reliées à des tubes en caoutchouc que l’on dispose de manière à réaliser un circuit circulatoire artificiel. Dans sa forme la plus complète, ce circuit comporte une pompe remplaçant le cœur et un appareil manométrique permettant de lire et de régler à chaque instant la pression du courant. Pendant ce temps, le sang fourni par l’animal a été défibriné et étendu d’un volume égal d’une solution de sel marin à 0,5 p. 100, portée à la température du corps, deux opérations qui ne modifient pas sensiblement les propriétés spéciales du courant sanguin (G. Ludwig et Schmidt, Arbeiten aus der physiol. Anslalt zxi I.eipziy, 1868. — Bunge et Sebmiedeberg, Arch. f. exp. Palh., t. VI, p. 233. — Max von Frey et Max Gruber, Arch. f. Anal. u. Physiol., 1885, p. 519).

(3) XV. von Schrœder, .Arch. f. exp. Pathol., t. XIX. p. SIS, 1873.

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lion inlermédiaire, par voie d’oxydation, de carbonate d ammonium, qui pur déshydratation se transforme ensuite en urée :

2CH02 (AxH-i) + 02 = CO (0AzH-<)2 | CO^ + H^O CO (0AzH<)a = CO (AzH2)2 -i- 2H20.

Ce pouvoir oxydant des éléments cellulaires apparaît encore plus nettement chez les organismes inférieurs, tels que le micoderme du vinaigre, les bactéries nitrifiantes, etc...

Pour ce qui regarde le côté thermique de ces phénomènes d’oxydation, il faut remarquer d'abord que, dans nos tissus, ces oxydations s'effectuent non aux dépens de l’oxygène libre, mais aux dépens de l’oxygène déjà combiné à l'hémoglobine des globules. Il y a donc oxydation indirecte, et l'on peut appliquer le théorème suivant (1) : Les oxydations exercées dans les êtres vivants par r oxygène déjà combiné ne dégagent pas la même quantité de chaleur que les oxydations par l'oxygène libre ; la différence est égale à la chaleur dégagée [ou absorbée) lors de la première combinaison.

Ces oxydations, par l’intermédiaire de l’oxyhémoglobine, produisent donc en moins toute la chaleur dégagée au moment où l’oxygène a été fixé sur les globules. Berthelot (2) a montré qu’à la fixation de 32 grammes (ou une molécule) d’oxygène sur le sang veineux correspond un dégagement de 14,77 calories, ce qui représente un effet thermique considérable, comparable à celui qui accompagne la formation de l’oxyde d'argent ou du bioxyde de baryum. C'est à peu près le septième de la chaleur d’oxydation du carbone par le même poids d’oxygène (97,6 calories), valeur qui fournit, comme on le sait (3), une estimation approchée de la chaleur animale par la seule connaissance de l'oxygène consommé en chaque cas, ou par celle de l’acide carbonique produit.

Il est clair que la quantité de chaleur dégagée au moment de la formation de l’oxyhémoglobine se retrouve dans l’évaluation totale de la chaleur animale, puisque cette réaction a lieu dans l’intérieur du corps.

La quantité totale de chaleur dégagée reste donc la même que si l'oxygène libre agissait directement. Mais cette quantité se partage en deux portions fort distinctes par leur localisation : l'une, le septième environ se produit dans le poumon lui-même par la fixatioü de l’oxygène sur le sang; l’autre, les six septièmes restants, se développe dans l’intimité des tissus. Ajoutons que cette chaleur dégagée dans les poumons, n'en surélève pas sensiblement la température, attendu qu’elle est compensée par la chaleur absorbée, d’une part, par le fait de l’évaporation de l’eau à la surface pulmonaire, et d’autre part, par le dégagement de l’acide carbonique, lequel se produit sous un volume à peu près égal à celui de l’oxygène absorbé.

(1) Berthelot, Mécanique chimique, t. I, p. 94. — Mémoires de la Soc. de Biol., 1864, p. 13».

(2) Berthelot, Comptes Rendics, t. CIX, p. 778.

(3) Voyez aux Notions préliminaires, p. 14.

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