V. — Les phénomè.nes de hédüctio.n
Les phénomènes de réduction, considérés jadis comme l’apanage exclusif de la plante verte où ils jouent un rôle capital dans le phénomène de l’assimilation, se rencontrent également chez l’animal. C’est, par exemple, la réduction de l’acide malique à l’état d’acide succinique, la transformation de la bilirubine en urobiline, de l’indigo bleu en indigo blanc. Ces réactions sont endothermiques, et l’énergie nécessaire à leur production doit être fournie par d’autres réactions concomitantes, de nature exothermiques. Telles sont, par exemple, certaines réactions de dédoublement dans lesquelles les fragments qui se détaôhent de la molécule emportent avec eux la majeure partie de l’oxygène contenu dans la substance. Il produit donc dans ces cas une véritable combustion interne, l’oxygène .qui sert à brûler une partie des fragments du corps étant emprunté à ce corps lui-même. Corrélativement, les fragments restants, pauvres en oxygène, où même complètement désoxydés, représentent des produits de réduction, l’énergie nécessaire à la formation de ces produits étant empruntée à la chaleur fournie parla combustion concomitante.
C’est ainsi que se présente, par exemple, la fermentation butyrique, qui fournit, aux dépens du glucose, d’une part, de l’acide carbonique et de l’acide buty-
(1) Toutes les complications moléculaires ne se produisent pas par ce mécanisme. Ainsi le glycocolle et la taurine ingérés fixent dans l’organisme les éléments de l’acide cyanique et se transforment respectivement en acide hydantoïque et en acide taurocarbamique (Salkowski).
(2) Voyez aux Notions préliminaires, p. S.
NATÜBE ET SIGNIFICATION THERMIQDE DES RÉACTIONS CHIMIQUES b37
rique, produits d une véritable combustion interne, et, d’autre part, de l’hydrogène libre, corps réducteur et combustible. De telles réactions se produisent également au cours de la vie anaérobie d’une partie de nos tissus, comme l’a démontré A. Gautier, et ainsi s’explique la présence, dans nos produits d’excrétion, de produits putréfactifs, réduits et oxydables, tels que certaines matières extractives et les leucomaïnes, à côté de produits d’une oxydation complète comme l’eau et l’acide carbonique. On reviendra sur ces phénomènes de réduction dans le chapitre suivant, à propos du mécanisme des oxydations intraorganiques.