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FORMATION ET DESTRUCTION DES M.4TIÈRES COLORANTES DU SANG

On ne peut encore faire que des hypothèses à ce sujet. Cette question est, d’ailleurs, étroitement liée au problème histologique de la formation et de la destruction des globules rouges. Comme ces éléments paraissent se détruire au bout d’un temps assez court et que l’observation montre, d’autre part, que les quantités de fer qui entrent dans l’organisme et celles qui en sortent en un temps donné sont assez faibles, il est certain que l’hémoglobine des globql^s nouveaux provient, en grande partie, des matériaux de destruction des ancie'^l globules.

(1) Salkowski, Zeitschr. f. physiol. Chem., t. XV, p. 297, 1891. — Voy. aussi ; Hammarstcn, Maly's Jahresb., t. XXI, p. 423, 1891, et Jolies, ibid., p. 429.

(2) Voy. Maly, Die Verdauungsàfte, ete.... in Hermann’s Ilandbuch der Physiol., t. V, 1™ partie, p. 1S3, Leipzig, 1880.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLISC.

L’histologie détermine, avec une précision de plus en plus grande, le côté morphologique de ce double phénomène; dans la rate, la moelle rouge des os, il y a, dans le cours de la vie, formation de globules rouges; le foie est certainement aussi un lieu de destruction des globules. Concurremment il doit se passer nécessairement dans ces organes de? phénomènes de décomposition et de synthèse d’hémoglobine.

La démonstration directe, in vitro, de ce fait a été tentée récemment par A. Schwartz (1), E. Anthen (2), W. Fick (3), N. llôhlein (4), dans une série de travaux sortis de l'institut physiologique de Dorpat et dans lesquels on a étudié Faction exercée sur l’oxy hémoglobine par les globules blancs, les cellules lymphatiques provenant de ganglions, les stromas provenant de globules rouges, les cellules décolorées de la pulpe splénique et les cellules hépatiques. Voici quelle est la marche du phénomène avec les globules blancs (préparés à l’aide du plasma de .sang de cheval frais et ne conlenanf, comme impureté, qu’un peu de paraglobuline (sérurii-globulinc). La solution d’oxyhémoglobine et la purée des globules sont mélangées, dans la proportion de 2 à 1, dans des éprouvettes de môme calibre et observées au spcctroscope. Au bout de 4 heures, les bandes de l’oxyhémoglobine ont fortement diminué d’intensité et on voit apparaître, dans le rouge, la bande de la méthémoglobine. Après un jour, l’oxyhémoglobine a presque totalement disparu, la bande de la méthémoglobine est intense, le liquide est brun jaunâtre. Puis on voit la méthémoglobine disparaître peu à peu, et pendant le troisième et le quatrième jour le liquide reste complètement décoloré; du cinquième au douzièmejour le phénomène suit une marche inverse : on voit d’abord apparaître faiblement le spectre de la méthémoglobine et celui de l’oxyhémoglobine, puis la méthémoglobine disparaît peu à peu et le spectre de l’oxyhémoglobine devient de plus en plus net; au douzième jour le liquide est rouge et contient plus d’oxyhémoglobine qu’au début, ainsi que Schwartz s’en est assuré à l’aide du spectrophotomètre et par comparaison avec des solutions de contrôle. Le bénéfice peut s’élever jusqu’à 64 p. 100. Des expériences comparatives montrent que le sérum sanguin, l’albumine de l’œuf entravent notablement ce double phénomène de décomposition et de synthèse. Si l’on décante le liquide au moment où il a été décoloré par les globules blancs et si on le met en contact avec des leucocytes frais, il se colore en rouge au bout de trois à quatre jours. Si l’on ajoute à des leucocytes qui ont déjà opéré une décoloration, une solution fraîche d’oxyhémoglobine, on constate que la décoloration ne s’opère qu’à un moindre degré, mais à la fin de l’essai le liquide est considérablement enrichi en oxyUémoglobine. Dans deux mois la concentration a varié du simple au double.

Ces expériences démontrent que les leucocytes ont non seulement la faculté de détruire, puis de reconstruire la molécule hémoglobine, mais encore de produire le pigment aux dépens de produits tirés de leur propre substance.

(1) A. Schwartz, Inaug. Dissert., Dorpat, 1888; Maly’s Jahresb., t. XVIII, p. 78.

(2) E. Anthen, Inaug. Dissert., Dorpat, 1889; Malg’s Jahresb., t. XIX, p.' 105.

(3) tV. Fick, Inaug. Dissert., Dorpat, 1891; Maly's Jahresb., t. XXI, p. 73.

(4) N. Hôhtein, Inaug. Dissert., Dorpat, 1891; Maly’s Jahresb., t. XXI, p. 73. — Vov. aussi : Schnakenhurg, Inaug. Dissert., Dorpat, 1889; Maly's Jahresb., t. XIX, p. 289

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