‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e sectionChapitre 44 sur 273 · SÉRUM-GLOBULINE · texte numérisé non relu

SÉRUM-GLOBULINE

On peut aussi agpliquer à la préparation de la sérum-globuline le procédé employé par Michailow (1) pour la séparation de l’albumine et des globulines du blanc d’œuf. Le sérum étendu de 2 ou 3'’°‘ d’eau est saturé par du sulfate d’ammonium en poudre qui précipite la totalité des matières albuminoïdes. La masse est lavée à l’aide^d’une solution saturée de sulfate d’ammonium, puis redissoute dans de l’eau et soumise à une dialyse énergique qui précipite la globuline. — Signalons enfin le procédé de Hofmeister et Kauder (2) qui consiste à ajouter au sérum un égal volume d’une solution saturée de sulfate d’ammonium qui, à ce degré de concentration (26®' p. 100), précipite complètement la sérum-globuline, tandis que la précipitation de l’albumine ne commence que pour une teneur en sulfate beaucoup plus élevée.

Les procédés de préparation dans lesquels la précipitation de la globuline est obtenue à l’aide des sels fournissent rapidement de grandes quantités de produit, mais l’élimination complète de cette masse considérable de sels par la dialyse est longue et fastidieuse. Si l’on veut éviter cet inconvénient, il vaut mieux avoir recours à la précipitation du sérum par dilution et passage d’un courant d’acide carbonique, bien que le rendement soit moins bon. Ajoutons que, même dans ce cas, la sérum-globuline est toujours mêlée à un peu de lécithine et de ferment de la fibrine. On ne peut éviter cette dernière impureté qu'en s’adressant à certains transsudats, tels que le liquide de l’hydrocèle, qui en sont parfois exempts.

Propriétés. — Fraîchement précipitée et encore humide, la sérum-globuline est une masse blanche, en flocons très fins, n’ayant en aucune façon la consistance élastique de la substance fibrinogène. Elle dévie à gauche le plan de polarisation. Pour les solutions dans l’eau salée, Frédéricq a trouvé pour [a]“ de

magnésium précipite en même temps que la sérum-globuline un peu d’une albumine qui se comporte comme la sérum-albumine avec cette seule différence qu’elle est précipitable par le sulfate de magnésium. Il se base sur ce fait que si le précipité fourni par le sulfate de magnési*ra est dissous dans l’eau et soumis à la dialyse, on n’obtient jamais une reprécipitation complète de la masse dissoute, quelle que soit la durée de la dialyse. Cette fraction qui reste ainsi dissoute est aux yeux de liurkhardt une sérum-albumine particulière. Mais Hammarsten a clairement démontré quo la précipitation de la sérum-globuline par la dialyse n’est jamais absolument complète et que si l’on précipite cette prétendue albumine de Burkbardt k l’aide du sel marin pour la redissoudre ensuite dans un peu d’eau, on parvient par la dialyse k obtenir la précipitation d’une fraction de la matière dissoute. Ce précipité a tous les caractères de la sérumglobuline ; quant au liquide filtré, il fournit en présence du sulfate de magnésium un nouveau précipité dont la solution aqueuse donne par la dialyse un deuxième précipité ayant les mêmes caractères que le précédent et ainsi de suite. La dialyse est donc un moyen insuffisant pour obtenir la précipitation totale de la sérum-globuline. Seul le sulfate de magnésium est un réactif absolument fidèle (Burkbardt, Arch. f. exp. Path., t. XVI, p. 322, 1883 ; Maly's Jahresb., t. XIII, p. 113. — Hammarsten, Éei<sc/i. f. phys. Chem., t. VIII, p. 467, 1884; Maly’s Jahresb., t. XIV, p. 123). D’ailleurs on trouve dans les expériences de Kauder une confirmation des résultats de Hammarsten. En précipitant méthodiquement les matières albuminoïdes du sérum par des quantités ci-oissantes de divers sels on distingue très nettement deux phases : la sérumglobuline se sépare d’abord, puis pour des concentrations beaucoup plus élevées commence la précipitation des albumines. (Kauder, Arch. f. exper. Path., t. XX, p. 411, 1886; Maly’s Jahresb., t. XVI, p. 119.)

(1) Michailow, Maly’s Jahresb,, t. XIV, p. 7, 1884.

(2) Kauder, Arch. f. exp. Path., t. XX, p. 411, 1886 ; Maly’s Jahresb., t. XVI, p. 119.

— 47», 8 à — 48°, 2 pour la globuline du sérum de sang de bcpuf, de cbeval, de lapin et de chien. Hammarsten indique, d’autre part, [a]o = — 47° et Haas — 59°, 8 (pour la sérum-globuline dissoute dans le carbonate de sodium étendu). — La sérum-globuline ne dialj'se pour ainsi dire pas à travers le papier parchemin.

La sérum-globuline est insoluble dans l’eau, soluble, au cohtraire, dans les dissolutions salines. L’action des sels dépend de la concentration de la solution et de la nature du sel. La sérum-globuline se dissout facilement dans les solutions de sel marin à 5-10 p. 100, moins facilement dans les solutions plus étendues ou plus concentrées. Il suit de la que si l’on étend d’une grande quantité d’eau une solution concentrée de sérum-globuline dans de l’eau salée à 5-10 p. 100, une partie de la matière albuminoïde se précipite. D’autre part, si on introduit un surplus suffisant de sel marin dans la même dissolution, on provoque également une précipitation. Dans la dissolution de sérum-globuline tout à fait pure, cette précipitation pourra être complète. Mais dans les liquides de l’économie (sérum, transsudats divers), la sérum-globuline est accompagnée d’autres substances encore inconnues, très difficiles à éliminer et qui empêchent sa précipitation complète par le sel marin.

Un grand nombre d’autres sels agissent d’une façon analogue sur la globuline du sérum, et on constate que la séparation de la globuline commence pour des concentrations très variée-, lorsqu’on passe d’un sel à un autre. Les écarts sont très considérables. Ils vont, par exemple, de 8K°,6f p. 100 pour le sulfate de lithium, à 50s'',82 pour le chlorate de sodium. Pour le chlorure de sodium (avec une solution de globuline du sérum à 1,66 p. 100) la précipitation commence à 21«%8 p. 100 de sel, pour le sulfate de magnésium à 16s',9 p. 100 (avec 0e%98 p. 100 de globuline). Les chlorures d’ammonium et de magnésium, les bromures de sodium, de potassium et d’ammonium, les iodures de sodium et de potassium, le chlorate de potassium, les nitrates de potassium, d’ammonium et de magnésium, les acétates d’ammonium et de magnésium, le chromate d’ammonium et le bicarbonate de sodium n’exercent aucune action. Pour ce qui regarde la précipitation complète de la sérum-globuline dans le sérum, trois sels seulement entrent en ligne de compte : le sulfate d’ammonium, l’acétate de potassium et le sulfate de magnésium. Ainsi avec, le sulfate d’ammonium la précipitation des globulines commence à 14e'-,2 p. 100 et est terminée à 23®',! p. 100 de sel (1). —

(1) Un grand nombre d’autres particularités intéressantes ont été observées encore en ce qui touche cette action des sels sur les globulines et sur les matières albuminoïdes en général. Hofmeister admet qu’il existe une relation entre le pouvoir diffusif, l’action diurétique ou purgative et l’action de précipitation des sels. On remarquera l’intérêt que présentent ces recherebes en ce qui concerne l’action thérapeutique parfois si puissante de certaines eaux minérales. Il est possible que cette action soit en rapport avec des modifications exercées par tes sels sur le protoplasma de nos cellules dont l’état d’imbibition ou d’hydratation, et par suite los échanges chimiques peuvent être ainsi puissamment modifiés. (Consulter au sujet de cette action des sels sur les matières albuminoïdes ; Méhu, Journ. de Pharm. et Chim., 1878. — Heynsius, Pflüger's Archiv., t. XXXIV, p. 320, 1884 ; Maly's Jahresb., t. XIV, p. 6. - Halliburton, Maly's Jahresb., t. XIV, p.l26, 1884. — G. Kauder, Arch. f.'exp. Path., t. XX, p. 411, 1886; Maly's Jahresb., t. XVI, p. 119. s. Lewith, Arch. f. exp. Path., t. XXIV, p. 1, 1887; Maly’s Jahresb., t. XVII, p. 126. — F. Hofmeister, Arch. f. exp. Path.,l. XXIV, p. 247,1888; Maly's Jahresb., t. XVIII, p. 3. — O. Nasse, Pflüger's Arch., t. XLI, p. 304, 1887 ; Maly’s Jahresb., t. XVIl, p. 5.)

SÉRUII-ALBÜMINE.

Notons encore que par leur contact prolongé les sels modifient les propriétés physiques de la globuline du sérum. L’évaporation lente (dans le vide) d’une solution de sérum-globuline dans l’eau salée fournit un résidu qui ne se dissout plus qu’incomplètement dans la solution de sel marin. Le contact prolongé avec l’eau pure ou des lavages prolongés sur filtre avec les dissolutions salines produisent le même effet.

La sérum-globuline se dissout dans les alcalis étendus, dans les solutions étendues des carbonates alcalins et des phosphates alcalins bimétalliques. Les acides la précipitent de ces dissolutions, mais incomplètement, parce que le sel formé maintient une certaine quantité de globuline en dissolution. On conçoit même que pour des proportions convenables d'alcali et de globuline, la neutralisation par un acide puisse ne produire aucun précipité. Ces solutions alcalines sont également précipitées par le gaz carbonique. Ce précipité se dissout facilement et totalement dans l'eau salée. Si l’on continue à faire agir le courant d’acide carbonique, une partie de la globuline précipitée repasse en di.ssolution, puis se reprécipite lorsqu’on abandonne le liquide à l’air, mais alors le précipité n’est plus soluble dans l’eau salée.

La globuline du sérum se dissout aussi dans les acides étendus (et même dans l’eau chargée d’acide carbonique), mais moins facilement que dans les alcalis-, un contact prolongé avec les acides la transforme très facilement en acidealbumine, qui n’est pas soluble dans les solutions salines. Ce phénomène peut se produire si on précipite la globuline du sérum par un courant longtemps prolongé d’acide carbonique. On peut alors obtenir un précipité qui est insoluble dans l’eau salée. Les acides (même l’acide carbonique) précipitent la globuline de sa dissolution dans l’eau salée, .seulement le précipité n’est plus de la globuline, mais bien de l'acidalbumine.

Le tableau suivant donne les quantités des divers sels nécessaires pour tenir en dissolution dans 100»'' d’eau l»' de sérum-globuline (1). Ces chiffres n’ont qu’une exactitude approchée, mais ils donnent une idée de l’action relative de ces divers dissolvants ;

Soude. . . . O’^OOa

Carbonate de sodium . 0 ,017

Bicarbonate de sodium . 0 ,034

Acide acétique . 0 ,046

Phosphate de sodium . 0 ,092

Sel marin . 1 ,974

La température, de coagulation des solutions de sérum-globuline oscille entre 68 et 80", les températures les plus élevées se rapportant aux dissolutions les plus étendues.

2" Sérum-albumine.

Préparation. — On s’adresse à du sérum sanguin débarrassé, à l’aide d’une machine à force centrifuge ou par un repos prolongé des éléments figurés qu’il

(1) Al. Schmidt, Maly's Jahresb., t. II, p. 59, 1872.

lu ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — L.YMBLING.

pouvait tenir en suspension. On peut aussi faire dissoudre dans de leau froide de l’albumine du sang telle qu’on la trouve dans le commerce et clarifier la solution par des filtrations répétées à travers du papier très épais. Le liquide obtenuest saturé, àlatempératurede 30% desulfatede magnésium, et le précipité de globuline qui s’est produit est séparé par le filtre à la même température. Le liquide filtré limpide est ensuite saturé à 40° de sulfate de sodium; la sérumalbumine, recueillie par filtration, puis redissoute dans l’eau, est précipitée de nouveau dans les mêmes conditions, et cette opération est répétée deux ou trois fois. Finalement la solution est soumise à une dialyse énergique, d’abord à l’aide de l’eau ordinaire (passant autant que possible en un courant continu autour du dialyseur), puis à l’eau distillée jusqu’à disparition de la réaction des sulfates. On ajoute ensuite 3 à 4”‘ d’alcool et le précipité est immédiatement recueilli sur un filtre, exprimé entre des doubles de papier, puis enfin lavé à plusieurs reprises avec de l’éther que l’on chasse en triturant à l’air, dans de grands mortiers, la poudre blanche obtenue (1).

On peut aussi faire servir à la^ préparation de l’albumine le procédé de Michaïlofî ou celui de Ilofmeister et Kauder, fondé sur la précipitation successive de la globuline et de l’albumine par des doses croissantes de sulfate d’ammonium (voy. p. lit). Mais la meilleure méthode paraît être celle de Johansson (2), qui a mis à profit la remarquable résistance que présente la sérum-albumine vis-à-vis des acides, surtout en présence des sels. La méthode consiste à éliminer d’abord la sérum-globuline par le sulfate de magnésium à 30°; on laisse ensuite le liquide revenir à la température ordinaire et on sépare par le filtre le sel cristallisé, puis on précipite la sérum-albumine en ajoutant de 0,5 à t p. 100 d’acide acétique. Le produit, recueilli au bout de quelques heures, puis exprimé entre des doubles de papier, est redissous dans de l’eau et précipité par une nouvelle addition de sel et d’acide. Finalement la sérum-albumine est dissoute dans l’eau et la solution est soumise à la dialyse après neutralisation. On achève la préparation comme précédemment, à l’aide de l’alcool et de l’éther.

Propriétés. — La sérum-albumine aussi obtenue se présente, après dessiccation, sous la cloche à acide sulfurique, sous la forme d’une poudre très fine, blanchâtre ou jaunâtre, ou, au contraire, en masses jaunâtres, un peu translucides, si elle a été isolée par évaporation d’une solution aqueuse dans le vide sec ou à 40°.

Le pouvoir rotatoire de la sérum-albumine est, d’après Hoppe-Seyler [a]„ = — 36°; d’après Haas (3) [a]o = — So°,72 à — 62. Il oscillerait, au contraire, suivant Frédéricq (4) entre— 56°,07 et — 38°,41 (moyenne : — 57»,27 pour des concentrations variant de 1,49 à 2,79 p. 100 et pour de l’albumine de cheval, de bœuf et de lapin). Starke (5) estime que ces chiffres sont trop faibles, proba-

(1) K -V. Starke, Maly’s Jahresb., t. XI, p. 17, 1881. t <’• Chem., t. IX, p. 310, 1885; Maly’s Jahresb.,

(3) Haas, Pflüger's Archiv., t. XII, p. 378, 1876.

(4) Frédéricq, Bull. Acad. roy. de Belg. (2), t. XL, n° 7, Compt. rend., t. XCIII r 463 ;

Maly's Jahresb. y i, X, p. 170, 1880, et t. XI, p. loi, 1881. ’

(5) Starke, Maly's Jahresb. y t. XI, p. 17, 1881.

Page 1