SÉRUM-ALBUMINE
blement à cause de l’élimination incomplète de la sérum-globuline; en opérant sur des solutions tout à fait exemptes de globuline, pour l’albumine provenant ■de liquide d’ascite, d’hydrocèle et d’exsudats pleurétiques chez l’homme, il a trouvé une valeur de [a]„ variani entre — 62“,6 et — 64”, 39, et pour l’albumine ■de cheval [o]i> = — 60”,5. Cet écart assez notable semble indiquer que ces deux albumines ne sont pas identiques. Elles contiennent, d’ailleurs, des proportions 4e soufre différentes (2,28 p. 100 en moyenne pour l’albumine de l’homme, et 1,8 p. 100 pour celle de cheval). Frédéricq a observé, pour l’albumine du chien, un pouvoir rotatoire plus faible encore [a]o = — 42”, 9 à — 44”,3.
D’après Halliburton (1) la sérum-albumine du sang d’homme est coagulée à la température de 73». On obtiendrait en outre à 77” et à 83”, deux nouvelles coagulations moins abondantes. Ces températures varient, du reste, avec la réaction, la richesse en sel, la durée de l’action de la chaleur. Halliburton a trouvé ces trois albumines a, p et y dans le sérum du sang d’homme, de singe, de chat, de chien, de porc et de lapin, ainsi que dans divers exsudais ou transsudais pathologiques. Chez le bœuf et le mouton la variété a fait défaut. Parfois on voit apparaître chez le chien, le mouton et le bœuf une quatrième variété S, coagulable à 87”. Kauder (2) distingue également deux variétés de sérumalbumines, coagulables respectivement à 37-63“ et à 77-80”. Enfin Starke (3) indique qu’une solution de sérum-albumine à ,1-1,3 p. 100 est coagulée à la température de 30” lorsqu’elle est très pauvre en sel, à 73-80”, au contraire, après addition de 30 p. 100 de sel.
Cette question de l’influence des sels sur la coagulation de l’albumine du sérum (ou de l’œuf) a provoqué un très grand nombre de recherches. Les expériences très curieuses de Rosenberg, et qui ont été exposées au début de cet ouvrage (voy. à l’article : Matières albuminoïdes), permettent de considérer ce long débat comme terminé.
La sérum-albumine se dissout dans l’eau en donnant une solution limpide, ou légèrement opalescente si l’on a employé le procédé de Johansson. L’addition d’alcool précipite la sérum-albumine en flocons qui se dissolvent facilement et entièrement dans l’eau, si le contact avec l’alcool n’a pas duré trop longtemps. La sérum-albumine est en effet bien moins sensible à l'action de l’alcool que l’albumine de l’œuf. D’après Hammarsten (4), elle devient plus rapidement insoluble dans l’eau par un contact avec l’alcool faible qu’avec l’alcool fort. La sérum-albumine est précipitée par certains sels, mais pour des concentrations très supérieures à celles qui assurent la précipitation totale des globulines. Lewith (5) a montré que (dans un sérum sanguin à 0,99 p. 100 de matières albuminoïdes), la précipitation de la sérum-albumine par le sulfate d’ammonium commence
(1) Halliburton, Maly’s Jahresb., t. XIV, p. 126, 1884, et Lehrb. d. Chem. Physiol., trad. ail. de Kayser, Heidelberg, 1893, p. 262. — Les températures varient peu d’une espèce animale à l’autre. Sur 17 espèces examinées par Halliburton sur ce point, les limites extrêmes ont été 72“ et 74”.
(2) Kauder, loc. cit.
(3) Starke, loc. cil.
(4) Hammarsten, Zeitsch. f. physiol. Chem., t. VI, p. 222, 1882.
(5) Lewith, Arch. f. exp. Path., t. XXIV, p. 1, 1887 ; Maly’s Jahersb., t. XVII, p. 126.
pour 33,6 p. 100 el est achevée pour 47,2 p. 100 de sel. L’acétate de sodium précipite la sérum-albumine (dans un sérum à 2,26 p. 100 de matières albuminoïdes) entre 64^', 6 p. 100 et (plus de) 82,2 p. 100 de sel. Ces deux sels sont les seuls qui agissent à la fois sur les albumines et Jes globulines.
La sérum-albumine est transformée par les alcalis ou les sels à réaction alcaline (carbonates alcalins, phosphates alcalins trimétalliques) en alcali-albumine. Par neutralisation de la solution on précipite la matière albuminoïde nouvelle. On a insisté plus haut (p. 113) sur les particularités que présentent ces réactions et qui expliquent tant de résultats contradictoires. La sérumalbumine présente, au contraire, une résistance remarquable vis-à-vis des acides qui ne la transforment que très fentcment en acidalbumine. Johansson a constaté qu’à la température ordinaire des solutions de sérum-albumine à 1,6 p. 100, additionnées de 1-2 p. 100 d’acide acétique ou de 0,2S p. 100 d’acide clilorhydrique, ne contiennent pas trace d’acidalbumine même au bout d’un mois. Kn présence des sels neutres, tels que le sulfate de magnésie introduit jusqu’à saturation, cette résistance est augmentée à un point tel que, avec une proportion de 1 p. 100 d’acide chlorhydrique, on n’observe au bout de huit jours aucune production d’acidalbumine; l’action de la soude est à 0,2 p. 100 au contraire beaucoup plus rapide. Enfin, avec les acides ou les alcalis concentrés, la transformation est très rapide, comme le montre la brusque augmentation du pouvoir rotatoire.
Voici enfin un tableau donnant la composition élémentaire des deux matières albuminoïdes du sang d’après Hammarsten. Les deux sérum -albumines proviennent : la première, d’un exsudât pleurétique chez l’homme; la seconde, ainsi que la sérum-globuline, du sérum de sang de cheval.
Sérain-albuminc . .. . .^>2, 25
Id ... 53,03
Scrum-globuhnc. . . . 52,71