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GLUCOSE ET CORPS AVOISINANTS

masses musculaires et du développement correspondant de l’ovaire, fournit par le repos une véritable couche de crème (1).

Le sérum sanguin contient aussi des savons; les premiers acides de la série formique ne sont pas représentés, ou à peine par des traces, mais on trouve les acides palmitique et stéarique, ainsi que l’acide oléique, à l’état de savons de potasse. La présence des savons a été à la vérité contestée par Lebedeft {Maly's Jahresb.jt. XllI, p. 34) et par Rôhrig et par Zawilsky (Ibid, t. IV, p. 113 et t. Vil, p. SO). Mais Hoppe-Seyler a montré que celte assertion est erronée. Dans le sérum de bœuf, de cheval et de chien, il a pu doser de 0,05 à 0,12 p. 100 de savons (exprimés en acide gras), et dans celui d’un homme atteint de pneumonie, 0,062 p. 100 de savon, à côté de 0,1318 p. 100 de graisses neutres. (Zeitschr. f. Physiol. Chem., t. VIII, p. 503, 1884.)

Glucose et corps avoisinants. — La présence dans le sang ou le sérum sanguin de corps réduisant l’oxyde de cuivre en solution alcaline a été constatée depuis longtemps par Tiedemann et Gmelin, Magendie, Frerichs, qui- remarquèrent qu’après ingestion d’aliments féculents le sang contient une substance réductrice. Mais c’est Claude Bernard (2) qui a montré le premier que, môme chez les animaux nourris de viande, le sérum sanguin contient du sucre d’une façon constante, et soit de 0,110 à 0,115 p. 100 dans le sang de la carotide; de 0,067 à 0,125 p. 100 dans celui de la jugulaire; de 0,125 à 0,145 dans celui de l’artère crurale, et cntin de 0,073 à 0,139 dans celui de la veine crurale. Ces résultats ont été confirmés depuis par un très grand nombre d’observateurs. On se contentera de reproduire ici les résultats obtenus par von Mering (3) pour le sérum de sang de chien (sang de la carotide).

Alimentation. Sucre p. 100.

Amidon et sucre . 0,125

Pain . 0,130

Viande

-Après ii heures de jeûne

— 5 jours —

Toutes ces déterminations, faites en mesurant le pouvoir réducteur du sang, supposaient démontrée l’identité du principe réducteur et du glucose, mais en ^réalité celte démonstration n’était pas faite avec une entière certitude et ne l’est pas encore aujourd’hui, bien que celte identité soit infiniment probable, au moins en ce qui concerne une partie des substances réductrices du sérum. En effet, malgré les recherches d’Ewald (4), d’Abeles (5), de Külz (6), on n’a pu

(1) Jaquet, Inaug. Dissert. Bâte, 1889, p. 26.

(.2) Bernard, Soc. de biol., t. 1, p. 121, 1849.

(3) Von Mering, Arch. f. Anat. u. physiol., 1877, p. 385.

(4) Ewald, Berlin. Klin. Wochenschr. 1875, n“ 31 et 52.

(3) Aboies, Wiener med. Jahrb., 1875.

l6) Külz, Arch. f. exp. Pathol., t. IV, p. 145.

118 E^•CYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLISG.

encore extraire ce sucre en nature. La démonstration repose donc uniquement sur ces trois réactions, à savoir que le sérum contient une substance qui réduit les solutions alcalines d’oxyde de cuivre, fermente avec la levure de bière et dévie à droite la lumière polarisée. A ces réactions, M. Pickardt (1) vient d’en ajouter une quatrième. En opérant sur de grandes quantités de sang de bœuf et de chien, il a pu en isoler, d’après la méthode récemment proposée par Abeles (2), des solutions donnant avec le chlorhydrate de phénylhydrazine et l’acétate de sodium des cristaux de glucosazone ayant la couleur et le point de fusion (204-20o') caractéristiques.

Il est donc permis de considérer comme certain qu’au moins une partie des substances réductrices du sérum est constituée par du glucose, et l’on peut ajouter immédiatement que c’est la plus forte partie. Mais d’autres substances interviennent certainement aussi, en tant que substances réductrices ou déviant à droite le plan de polarisation. Ainsi, on sait que pendant la lactation le lactose apparaît dans les urines; il faut admettre, par conséquent, que dans ces conditions le sang peut en contenir de petites quantités. Von Mering a constaté d’autre part qu’il existe dans le sang, après ingestion d’amidon ou de dextrine, des substances dont le pouvoir réducteur augmente en présence des acides étendus et à chaud; peut-être s’agit -il ici de maltose ou de dextrîne (3). J. Salomon (4) et Iluppert (5) ont également démontré la présence du glycogène dans le sang (de 5 à 10“^ p. 1000 chez le bœuf), et Freund (6) indique qu’il a pu retirer du sang de l’homme et du bœuf : 0,11 et 0,17 p. 100 de gomme animale (de Landwehr). Enfin, après ingestion de saccharose, le sang peut contenir de petites quantités de ce corps. Tous ces composés sont dextrogyres comme le glucose et tous soit immédiatement, soit après l’action des acides étendus, réduisent la liqueur de Fehling. D’autre part, Otto (7) s’est assuré qu’en mesurant le pouvoir réducteur du sang avant et après action de la levure de bière, on trouve des résultats sensiblement différents. Chez l’homme, il a trouvé dans un cas 0,118 p. 100 de sucre (réducteur et fermentescible), et 0,029 p. 100 de substances réductrices, mais non fermentescibles. Ces résultats sont confirmés par Secgen (8), qui a trouvé que l’acide carbonique produit par la fermentation ne correspond qu’aux 70 ou 80 centièmes du sucre dosé par réduction. Enfin, Jacobsen (9) a montré que les substances réductrices et non

(1) M. Pikardt, Zeilsch. f. phys. Chem., t. XVII, p. 217, 1892.

(2) .Abeles, Maly’s Jahresb., t. XXI, p. 97, 1891.

(3) Peut-être aussi de dérivés glycuroiiiques (voy. plus bas).

(4) Salomon, Maly's Jahresb., t. VU, p. 130, 1877, et t. XXII, p. 143, 1892. •

(5) Huppert, Centralbl. f. Physiol.,\S&i, p. 394, et Maly’s Jahresb., t. XXII, p. 143. — Voy.

aussi les dosages récemment effectués par Huppert [Zeitsch. f. Physiol. Chem., t. XVIII p 144, 1893). . ’

(6) Freund, Cenlrabl. f. Physiol., 1892, p. 345 ; Maly's Jahresb., t. XXII, p. 143.

(7) Otto, Maly’s Jahresb., t. XIV, p. 147, 1884.

(8) Seegen, Pflüger’s Archiv., t. XXXVII, p. 369, 1885, et Maly's Jahresb., t. XV, p. 167.— Il convient d’ajouter ici que Seegen interprète ses résultats d’une manière toute différente, bien qu’il admette la présence dans le sérum de petites quantités de substances réductrices non fermentescibles.

(9) Jacobsen, Centralbl. f. Physiol., 1892, p. 368; Maly’s Jahresb., t. XXll, 142.

DRÉE, ACIDE CARBAMIQUE, ACIDIi ERIÜIE.

fermentescibles du sang sont les unes solubles et les autres insolubles dans l’éther. La partie soluble dans l’éther a toutes les propriétés de la jécorine, découverte par Drechsel (1), dans le foie du cheval. La partie insoluble dans l’éther échappe encore à toute analyse.

Dans ce groupe de substances réductrices rentrent probablement quelques-uns des dérivés de l’acide glycuronique. On sait qu’un très grand nombre de corps organiques — appartenant principalement à la série aromatique — se combinent, lorsqu’on les introduit dans l’organisme, à l’acide glycuronique et s’éliminent sous la forme des dérivés conjugués de cet acide. L’acide glycuronique dévie à droite la lumière polarisée et possède vis-à-vis de l’oxyde de cuivre un pouvoir réducteur égal à celui du glucose. Ses dérivés dévient, il est vrai, tous à gauche, mais quelques-uns d’entre eux possèdent aussi, comme l’acide glycuronique, le pouvoir réducteur. Tels sont : l’acide urochloraliqué ou trichloréthylglycuronique, le premier en date et qui a été découvert par Musculus et von Mering dans l’urine après ingestion de chloral, l’acide uronilrotoluolurique, l’acide bromophénylmercapturo-glycw'onique, l’acide paramidophénol-glycuronique. Ces substances que l’on trouve dans l’urine existent certainement dans le .sang et, comme nos aliments, principalement les aliments végétaux, contiennent un grand nombre de corps aromatiques, on conçoit qu’à l’état normal des composés de ce genre puissent exister dans le sang. Les recherches de Külz, Haas et d’autres observateurs rendent probable la présence de dérivés glycuroniques dans l’urine normale, et s’il en est ainsi, leur présence dans le sérum sanguin devient également très admissible (2).

Urée, acide carbamique, acide urique. — La présence de l’urée dans le sang a été établie en 1821 par Prévost et Dumas, au cours de leurs célèbres expériences sur l’extirpation du rein et la formation de l’urée en dehors de cet organe. Les premières déterminations quantitatives sont de Picard, de Poiseuille et Gobley, Meissner et Shepard, Meissner et Gœmann (3), et se rapportent au sang de cheval, de bœuf, de chien, de chèvre et de lapin. La question fut reprise peu après par Würtz à l’aide de méthodes plus précises, puis par Munk, Pekelharing, Treskin (4). Les quantités d’urée paraissent varier à l’état normal

(1) Dreschsel, Maly’s Jahresb., t. XVI, p. 288, 1886. — La jécorine est une substance phospborée et sulfurée, que l’eau gonfle en une sorte d’empois. Ello est soluble dans un gramd volume d’eau, et dans l’éther aqueux. Elle redissout l’oxyde de cuivre en présence d’un alcali et le réduit il chaud. Les acides chlorhydrique ou azotique la décomposent à chaud avec mise en liberté d’acide stéarique.

(2) L’acide glycuronique CHO. (CHOU)*, CO OH = CW''0» est évidemment un produit d’oxydation du sucre, et dans les conditions ordinaires, n’apparaît sans doute dans l’organisme que transitoirement. Si, au contraire, il rencontre des substances capables de former avec lui des dérivés conjugués, il acquiert par ce fait une résistance plus grande et on le voit alors apparaître dans les urines. Le lecteur trouvera dans Neubauer et Vogel, Analyse des Harns, 9» éd. par Iluppert et Thomas, p. 116 et suiv. (Wiesbaden, 1890), avec toute la bibliographie afférente, un excellent résumé de cette question si intéressante au point de vue du chimisme de l’économie animale.

(3) Picard, üe la présence de l’urée dans le sang, Thèse, Strasbourg, 1836. — Poiseuille et Gobley, Compt. rend., t. XLl, p. 164, 1859. — Meissner, Zeitsehr. f. rat. Med., 3” série, t. XXXI, p. 242, etc.

(4) tVürtz. Compt. rend., t. XLl, p. 52, 1839. — Munk, Pflüger’s Ai'ck., t. XI, p, lOO, 1874.

ENXVCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.

dans des limites assez étendues, si l’on en juge par les chift’res suivants obtenus pour le sang de chien.

Würtz . 0,0192 p. 100.

Trcskin . 0,011-0,058

Munk . . 0,238 — 0,0533

Pekelharini; . 0,014 — 0,083

L’urée se trouve également dans le sang des animaux à sang froid; chez les raies et les squales, dont les divers organes sont si remarquablement riches en urée (1), la teneur du sang est très élevée. M. von Schrôder (2) en a trouvé récemment dans le sang du Scyllium catulus, pêché à la station zoologique de Naples, 2,61 P 100 en moyenne. Comme cette urée n’est probablement contenue que dans le plasma, on peut calculer pour ce dernier une teneur en urée de 3,1 p. 100. M. von Schrôder conclut avec raison de ces déterminations que cette espèce sanguine représente certainement le tissu le plus riche en urée qui ait été soumis à l’analyse (3).

Drech.sel (4) s’est efforcé de démontrer la présence de l’acide carbamique dans le sang de chien et ce fait a été généralement admis, malgré les objections de Ilofmeister (5). Récemment, Drechsel (6) a retrouvé ce même acide dans l’urine de cheval, et peu de temps après, Abel et Muirhead (7) ont signalé ce fait très intéressant que l’ingestion de fortes doses de chaux amène l’élimination par les urines d’une notable quantité d’un sel de chaux qui paraît être du carbaniate de chaux. L’urine devient alcaline, bien qu’elle soit absolument exempte des micro-organismes de la fermentation ammoniacale; elle contient un sel de chaux soluble, qui n’est pas du bicarbonate de chaux, et qui se décompose en dégageant de l’ammoniaque et de l’acide carbonique, et en laissant déposer du carbonate de chaux. Enfin, Massen et Paulow (8) ont constaté que l’urine du chien ayant subi l’opération de la fistule d’Eck (9) contient d’une manière constante de l’acide carbamique, et que les accidents très graves (crampes

— Pekelhâring, ibül., t. XI, p. 602 et Arch. néerland., t. X, 1874. — Trcskin, Arch. f. path. Anat., t. LV, p. .188.

(.1) Stædeler et Frerichs. Joum. f. prakt. Chem., t. I.XX1II, p. 18, 1838.

(2) M. von Schrôder, Zeitschr. f. physiol. Chem., t. XVI, p. 576; Maly's Jahresb., t. XX, p. 313, 1889.

(3) Rappelons à ce propos le procédé très commode employé par Hayeraft pour l’extraction de Turée du sang (Halliburton, Lehrb. d. physiol. Chem., trad. ail. de Kavsbr, Heidelberg, 1893, p. 265).

(4) Drechsel, Maly’s Jahresb., t. V, p. 66, 1875.

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