Hofmeister, ibid., t. \T, p
1,6) Drechsel, Archiv. de Du Bois Raymond’s, 1891, p. 236 Maly's Jahresb., t. XXI, p. 193.
(7) Abel et Muirhead, Arch. f. exp. Palh., t. XXXI, p. 15, 1892 et Maly’s Jahresb., t. XXII,
(8) V. Slassen et J. Paulow ; M. Hahn et M. Xencki, Arch. des sciences biolog. de St-Pétersbourg, 1892, t. 101 ; Maly’s Jahresb., t. XXII, p. 214.
(9) Celte operation consiste à lier la veine porte à son entrée dans le foie et à établir une fistule entre la veine porte et la veine cave. Des chiens ainsi opérés ont été conservés pendant plusieurs mois.
ACIDE HIPPURIQUE, ACIDE SUCCINIQUE, ACIDE SARCOLACTIQUE.
tétaniques, ataxie, etc.) que l’on observe chez ces animaux, reproduisent exactement le tableau de l’empoisonnement par l’acide carbamique. Dans la partie chimique du môme travail, Hahn et Nencki sont arrivés à cette conclusion, que l’urine du chien et de l’homme renferme presque constamment de l’acide carbamique. Ces faits sont du plus haut intérêt et apportent un appui inattendu à la théorie de Drechsel sur la formation do l’urée aux dépens de l’acide carbonique et de l’ammoniaque, avec production intermédiaire d'acide carbamique. Ajoutons que Ilahn et Nencki ont pu saisir chez les chiens porteurs de la fistule d’Eck, des relations très nettes, en ce qui concerne la production de l’urée, entre l’ammoniaque, l’acide carbamique et l’urée.
Scherer et Strecker (1) ont trouvé de petites quantités d’acide urique dans le sang de bœuf (0,031 p. 1000). Meissner (2) l’a signalé également chez la poule nourrie avec de la viande, et dont le sang contient, d’après W. von Schrœdcr(3), jusqu’à 0,01 p. 100 d’acide urique après ingestion de grandes quantités de viande et au moment de la digestion. Enfin, Abeles (4) a pu constater la présence de l’acide urique dans le sang normal de l’homme.
Créatine, hypoxanthine. — Voit (5) a trouvé dans le sang de bœuf de 0,0Sb à 0,t08 p. 100; dans le sang du chien de 0,03 à 0,07 p. 100 de créatine.
L'hypoxanthine ne paraît pas exister dans le sang frais, mais seulement dans le sang déjà altéré des cadavres (Salomon).
Acide hippurique, acide succinique, acide sarcolactique. — La présence de l’acide hippurique a été signalée pour le sang de bœuf par Verdeil et Dolfuss (6); pour le sang d’homme par Ilcrvier (7). Meissner et Shepard (8) contestent absolument l’exactitude de ce fait, mais étant donnée la présence constante de l’acide hippurique dans l’urine de l'homme (de O^',! à l^^O dans les 24 heures), il est infiniment probable que cet acide doit aussi se rencontrer en petite quantité dans le sérum (9).
L’acide succinique a été trouvé en petites quantités dans le sang par Meissner. On sait d’ailleurs que l’on a signalé la présence de l’acide succinique dans les excréments.
L’acide lactique (sarcolactique) est un principe constant du sang (chien, lapin), même chez les animaux qui ont été soumis à un repos prolongé. Gaglio
(1) Cités par Hoppc-Seyler, Physiol. Chem., p. 431, Berün, 1881.
(2) Meissner, Zeitschr. f. rat. Med., 3' série, t. XXXI, p. 148.
(3) W. von Schrœder, Maly’s Jahresb., t. XVII, p. 148, 1887.
(4) Abeles, Wiener Med. Jahrb., 1887, p. 479; Maty’s Jahresb., t. XVII, p. 148.
(5) Voit, Zeitschr. f. Biol., t. IV, p. 93.
(6) Verdeil et Dolfuss, Soc. de biol., t. I, p. 223; t. II, p.79, 1849-50.
(7) Herxier, Gaz. méd., 1831, p. 76.
(8) Meissner U. Shepard, Unlers üb. d. Entst, d. Hippursütire; Hanovre, 1866.
(9) On pourrait objecter ici que l’acide hippurique se formant dans le rein même aux dépens du glycocolle et de l’acide benzoïque ou des substances pouvant fournir de l’acide benzoïque) ainsi que l’ont démonti'é Bunge et Schmiedeberg, le sang peut très bien n’en pas contenir, mais Salomon a démontré que chez le lapin la production de l’acide hippurique continue après l’extirpation du rein.
i±2 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQDE. — LAMBLING.
en a trouve Oe',021 et O^-'.Otî dans le sang de la carotide de deux chiens qui avaient jeûné pendant 24 et 48 heures. Après un travail musculaire intense (provoqué par des excitations électriques), Spiro a pu en extraire jusqu’à OjOoO environ du sang de chien. Gaglio a constaté qu’en passant à travers le rein ou le poumon (détachés de l’organisme), le sang s’enrichit en acide lactique.
Cholestérine et lécithine. — Le plasma sanguin ainsi que le sérum contiennent toujours quelques millièmes de cholestérine, déjà signalée par Denis (1), et de lécithine (2) qui proviennent probablement des produits de destruction des globules blancs après la sortie du sang hors des vaisseaux. Hoppe-Seyler (3) a extrait du sérum sanguin d’un homme atteint de pneumonie 0,216 p. 100 decholestérine et 0,3506 p. 100 de lécithine.
Pigments. — Les pigments du sérum sanguin sont fort mal connus. Hammarsten (4) a démontré que le sérum du sang de cheval, dont la couleur est d’un jaune ambré franc, contient de la bilirubine, à côté d’autres pigments. La matière colorante jaune du sérum paraît appartenir au groupe des lutéines (du jaune d’œuf) que beaucoup d’auteurs confondent avec les lipochromes ou matières colorantes jaunes des graisses ou du beurre (5). Krukenberg (6) décrit une lipochrome extraite à l’aide de l’alcool amylique du sérum de sang de bœuf. Sa solution présente deux bandes d’absorption, dont l’une couvre F et dont l’autre est située entre F et G.
D’après Mac Munn (7), le sérum du sang de mouton contiendrait de la cholétéline ou une substance analogue, mais pas de lipochrome. Pour Maly (8), les réactions spectrales du sérum de sang de bœuf sont celles de l’hydrobilirubine.
Enfin, Halliburton (9) a constaté que le caillot séparé du sang des poules et des pigeons au moyen de la chaleur abandonne à l’alcool un pigment rouge orangé, huileux, soluble dans l’éther, le chloroforme; le sulfure de carbone insoluble dans la térébenthine et présentant en solution étendue une bande d’absorption dont le milieu coïncide avec F (X = 471 — 500). Cette matière colorante, différente de la lutéine du sérum des mammifères, est colorée en vert par l’acide nitrique fumant, en violet par l’acide sulfurique et l’iode. Le pigment du sérum de tortue se comporte d’une manière analogue.
Ferments. — On décrira plus loin le ferment de la fibrine auquel Al. Schmidt attribue un rôle si considérable dans sa théorie de la coagulation Le sérum
(1) Denis, Recherches sur le sang, Paris, 1830. — Boudet, Ann. de Chim. et Phys., t. LU, p. 341, 1833. — Lecanu, Étud. chim. sur le sang, Paris, 1837. — Hoppe-Scyler, Med. chem. Vnters., p. 140, Berlin, 1866-70.
(2) Hoppe-Seyler, loc. cit.
(3) Hoppe-Seyler, Zeitschr. f. Physiol. Chem., t. VIII, p. 503, 1884.
(4) Haminarslen, Malÿs Jahresb., t. Vlll, p. 129, 1878.
(5) Hoppe-Seyler, Physiol. Chem., p. 434, Berlin, 1881.
(6) Krukenberg, ibid., t. XV, p. 139.
(7i Mac Munn, Maly’s Jahresb., t. XI, p. 211, 1881.
(8) Maly, ibid., t. II, p. 237.
(9) Halliburton, Maly’s Jahresb., t. XVI, p, 138, 1886.
FERMENT GLYCOLYTIQUE.
contient, en outre, un ferment qui saccharifie les matières amylacées avec production de glucose (1).
Ce fait, qui ressort nettement d’un travail récent de Rôhmann (2), n’a rien de surprenant, étant donné ce que l’on sait aujourd’hui sur l’extrême diffusion des ferments solubles dans l’organisme. La présence de la pepsine dans l’urine et celle d’un ferment saccharifiant dans le même liquide sont aujourd’hui bien établis (3). 11 n’y a donc rien de surprenant à rencontrer un ferment diastatique dans le sang.
Ferment glycolylique. — Le sucre disparaît peu à peu dans le sang conservé hors des vaisseau.x. Cette glycolyse est d’autant plus rapide que la température est plus élevée, pourvu que cette température reste inférieure à 55°. Dans le sang conservé à l’abri des microorganismes, cette destruction du sucre ne se produit plus, à condition que le sang ait été porté préalablement à une température égale ou supérieure à 55°.
Lépine admet que le sang circulant contient un ferment soluble, le ferment glycolylique, qui est la cause de cette glycolyse. Comme d’autre part les expériences de von Mering et Minkowski ont montré que l’ablation du pancréas détermine la glycosurie, Lépine suppose que le pancréas produit d’une façon constante le ferment glycolytique. 11 suit de là qu’une altération, une destruction ou l’ablation du pancréas doivent avoir pour conséquence nécessaire la disparition du ferment glycolytique du sang, la non-destruction du sucre dans le sang et finalement la glycosurie.
On ne saurait rapporter ici les débats prolongés qu’a provoqués cette théorie, ni les nombreuses expériences produites de divers côtés à ce sujet. On se bornera à quelques faits essentiels (4).
Le phénomène de la glycolyse dans le sang, étudié hors des vaisseaux, est un fait aujourd’hui bien établi. Il peut varier comme intensité dans des limites assez étendues. Au bout d’une heure, et dans le sang maintenu à 39°, elle varie de 15 à 25 p. 100, pour le sang de la première saignée faite à un chien (Barrai).
Il est hors de doute aussi que cette destruction du sucre du sang doit être attribuée à un ferment soluble. En effet, Lépine a montré que l’agent de la glycolyse a toutes les allures d’une cuzyme ; elle est soluble dans l’eau, puisque l’eau salée à 6 p. 1000 l’enlève aux globules. D’autre part la glycolyse est activée par l’élévation de la température, mais est définitivement supprimée à 53°. Arthus a fait voir en outre que la fibrine fraîche, plongée dans du sang ou du sérum pendant un certain temps, acquiert le pouvoir glycolytique. Il se produit là une fixation du ferment soluble sur la fibrine, analogue à celle que von
(1) En ce qui concerne l’action exercée par ce ferment sur l’amidon, la maltose... voy. les recherches de M. Bial, Pflüger's Arch., t. LU, p. 137, 1892 et t. LIV, p. 72, 1893.
(2) Rôhmann, Deutsche chem. Gesellsch., t. XXV, p. 3631, 1892 ; Maly's Jahresb., t. XXll,
(3) La bibliographie de cette question se trouve dans Neubauer et Vogel, Anal, des Ilarns, revu par Huppert et Thomas, 9' éd., p. 313, Wiesbaden, 1890.
(1) Pour do plus amples détails, voyez, outre les mémoires qui seront cités plus loin, les études d’ensemble de Barrai {Sur le suere du sang, Paris, 1890, et Le ferment glycolytique, Paris, 1892), où sont exposés les recherches de Lépine et de ses collaborateurs, et le mémoire d'Arthus (Mémoires de la Soc. de Biol., mai 1891).
124 E^■CYaOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.
Witlich, GriUzner,... ont décrite pour d’autres enzymes. On constate en outre entre le ferment en question et le ferment de la fibrine de nombreuses^nalogies (Arthus, loc. cit., p. 68).
Le désaccord commence quand il s’agit d’expliquer l’origine de ce ferment. Pour Lépine et Barrai, il existe dans le sang circulant, puisque l’on peut observer par exemple la glycolyse sur le sang conservé dans la jugulaire du cheval (1). Pour Arthus, au contraire, la glycolyse ne commence que lorsque le sang est extrait des vaisseaux, et l’on voit le phénomène s’accélérer à mesure que l’on s’éloigne du moment de l’extraction. Ce ferment prend naissance aux dépens de globules blancs et son apparition est un phénomène cadavérique (2|. Si l’on prépare en effet une jugulaire de cheval, on constate que la portion du milieu, celle qui contient la partie supérieure des globules rouges, les globules blancs et les couches inférieures du plasma, possède un pouvoir glycolytique énergique, tandis que les globules sont inactifs, et le plasma supérieur très peu actif.
l.e ferment glycolytique ne se trouve ni dans l’urine ni dans les transsudais, tandis que tous les ferments solubles (diastase salivaire, pepsine, lab, trypsine) passent dans les divers liquides de l’organisme ainsi que l’ont démontré de nombreuses recherches, et notamment celles de Grützner. On constate au contraire que l’urine prend un pouvoir glycolytique si l’on injecte dans les veines du sang laqué ou du sang conservé pendant quelque temps à 40° (3). Toutes les substances dont l’addition au sang retarde la destruction des globules blancs, diminuent et ralentissent aussi la glycolyse (Arthus, Schenk (4)).
Notons encore que, d’après Lépine et ses élèves, l’observation des phénomènes relatifs à la glycolyse est rendue difficile par l’existence de phénomènes simultanés de glycogénie hématique. Le sang contient en effet un ferment saccharifiant qui transforme le glycogène en glucose. Mais Arthus et Colenbrander n’accordent à cette production de sucre qu’une importance tout à fait secondaire. Enfin Lépine admet aussi que do petites quantités de sucre peuvent prendre naissance dans le sang aux dépens de la peptone. (Comptes rendus, t. CXV,p.304. — Lépine et Motroz, ibid., t. CXVl, p. 419.)
Leucomaïnes et corps toxiques divers. — On peut ranger parmi les leucomaïnes un certain nombre de corps déjà cités plus haut comme la créatine, l’iiypoxanlhine. A ces composés, il faut ajouter les plasmaïnes que R. Würtz (5) a extraites du sang total, d’après la méthode do recherches des ptomaïnes de -A. Gautier. On obtient ainsi : 1° une base dont le chlorhydrate est cristallisé en rosaces et en houppes, et dont le chloroplatinate de forme octaédrique répond à la formule C®H‘^Az% 2HC1, PtC* -t- IPO. En injection sous-cutanée, elle est peu active sur les grenouilles et les cobayes ; déposée sur le cœur de la
(1) Société de Biol., mars 1892; Barrai, Le ferment glycolytique, p. 17.
(2) Arthus, loc. cit., p. 68. — Voy. aussi le travail de Colenbrander qui arrive à des conclusions presque identiques. (Malÿs Jahresb., t. XXII, p. 137, 1892.)
(3) Pour les objections opposées par Lépine et ses élèves à la théorie d’Arthus, voy. le travail de Barrai, Le ferment glycolytique. Paris, 1892, passim.
(4) Schenk, P/lüger's Arch., t. XLV, p. 203, 1891.
(3) Citépar A. Gautier, Cours de chim., t. 111, p. 412, Paris, 1892.