MATIÈRES MINÉRALES DU SÉRUM
grenouille, elle diminue, puis arrête complètement ses battements; 2° une base en petits cristaux lancéolés, donnant un chlorhydrate et un chloroplatinate cristallisés en aiguilles. Cette seconde base est plus active. A la dose de 2""^ chez une grenouille de 25®', elle arrête complètement le cœur en 23 minutes et tue l’animal.
Du reste, la toxicité du sérum du sang humain et de celui des animaux a été signalée de divers côtés (1), mais le travail de Würtz est le seul dans lequel des corps chimiquement définis aient été isolés. Dans tous les autres, la présence des corps toxiques n’a été démontrée que par voie d’expérimentations physiologiques. — Signalons dans le même ordre d’idées la toxicité considérable du sang et du sérum des murénides, du congre et de l’anguille. L’« ichtyotoxine » du sang des murénides (2), agit, d’après Mosso à la manière du poison de la vipère. Injecté dans l’intestin à l’aide d’une seringue de Pravaz, le sérum des murénides tue rapidement; dans l’estomac il est sans action. La substance toxique du sérum des anguilles a été étudiée par U. Mosso (3). Cette toxine ne peut être éloignée par la dialyse : elle est intimement combinée aux matières albuminoïdes du sérum. Elle est détruite par une température de 78°. Elle paraît être, comme celle des murénides, une albumine; caries globulines éliminées du sérum à l’aide des sels n’ont aucune action toxique. Les albumines, au contraire, isolées à l’aide du sulfate d’ammoniaque sont vénéneuses. F. Pennavaria (4) rapporte un cas d’empoisonnement par le sang d’anguille frais.
A cette question de l’action toxique exercée sur les animaux supérieurs par le sérum sanguin de certaines espèces animales, se rattache naturellement l’étude des actions microbicides que l’on a reconnues à cette humeur au cours de ces dernières années. On sait l’importance considérable qu’ont prises ces recherches dans les théories actuelles sur l’infection, l’immunité et le mécanisme de la résistance des organismes à l’invasion des microbes. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer les résultats de ces recherches qui ne touchent encore à la chimie physiologique et pathologique que par un très petit côté (3).