LES MATIÈRES MKÉRALES DU SÉRUM
Nos connaissances sur les matières minérales du sérum reposent sur l’étude des cendres qu’abandonne, par la calcination, le résidu sec du sérum sanguin. Mais ces analyses de cendres ne donnent qu’une image incomplète et altérée de la composition de ces matières minérales. II faut remarquer, d’abord, que les cendres du sérum ne comprennent pas tous les matériaux inorganiques du
(1) Voy. notamment, Ruramo et Bordoni, Centralbl. f. klin. Med., t. XI, p. 508, 1890.
(2) U. Mosso, Maly's Jahresb., t. XVIII, p. 92, 1888; Zeitsch. f. exp. Path., t. XXV, p. 111.
(3) U. Masso, Maly's Jahresb., t. XIX, p. 139, 1889. — Springfeld, Inaug. Dissert. Griefswald, 1889 ; Maly's Jahresb., t. XIX, p. 140.
(4) Pennavaria, Chem. Centralbl., 1889, p. 33.
(5) Voy. à ce sujet lo travail do Buchner dans : Münchener med. Wochenschr., 1892, n” 8, et Maly's Jaresb., t. XXII, p. 638.
ENCYCLOPÉDIE CHl.MIÜUE. — LAMBLING.
plasma, par la raison que la fibrine emporte avec elle une certaine proportion d’acide phosphorique et de chaux. En second lieu, la présence de certaines matières organiques dans le résidu sec incinéré fausse sensiblement les résultats de l’analyse. Si l’on n’a pas pris soin d’éliminer complètement la lécithine, les cendres s’enrichissent notablement en acide phosphorique. L’incinération transforme le soufre des matières albuminoïdes en acide sulfurique; cet acide et l’acide phosphorique provenant de la lécithine (ou de la nucléine, si les éléments figurés ont été incomplètement éliminés) chassent l’acide chlorhydrique des chlorures, l’acide carbonique des carbonates, transforment des phosphates de la forme en phosphates monoraétalliques POHIllL Les
combinaisons organiques de la potasse, de la soude se transforment en carbonates alcalins. D’autre part, si on élimine, au préalable, les matières albuminoïdes par la coagulation, il importe de tenir compte des sels insolubles que ces matériaux emportent toujours avec eux. Ainsi, l’albumine coagulée contient toujours du phosphate de chaux (1). Il faudrait enfin pouvoir tenir compte do l’acide carbonique que le liquide tient en dissolution et dont la présence fait que le sang et le sérum, alcalins au papier, sont en réalité des liquides acides (voy. plus loin à l’article : hémo-alcalimétrie et hémo-acidimétrie).
Ces restrictions faites, nous citerons ici les analyses de matières minérales du sérum faites par C. Schmidt (2) et par Bunge(3). A propos des résultats de Schmidt il faut noter que les chiffres relatifs aux acides phosphorique et sulfurique sont trop élevés, à cause de l’incinération simultanée de la lécithine et de l’albumine. D’autre part, Bunge ayant constaté que le sérum débarrassé de ses matières albuminoïdes ne contient que des traces indosables d’acide sulfurique préformé, n’a pas tenu compte de cet acide dans ses analyses. Les résultats qui suivent, se rapportent à 100 p. de sérum :
(1) Voy. à ce sujet, H. Rose, Ann. de Phys., t. LXX, p. 449; t. LXXVI, p. 303 t LXXIX, p. 398; t. LXXXII, p. 108; t. LXXXI, p. 91 et 402. - Sertoli, Med. chem. Unten., publié par F. Hoppe-Seyler, p. 352, Berlin, 1866-71. - Puis, Pflüger's Archiv., t. XIII, p. 176, 1876.
(2) C. Schmidt, Charakt. d. epid. Choiera, p. 19, Leipzig et Milan, 1848.
(3) Bunge, Zeitschr. f. Biol., t. XII, p. 191, 1876.
MATIÈRES MINÉRALES Dü SÉRUM.
Ces analyses montrent que la composition des cendres du sérum est à peu près la même chez l’homme et chez les animaux supérieurs. Citons encore une analyse de Sertoli (i) portant sur du sang de bœuf et dans laquelle la lécithine avait été, au préalable, éliminée avec soin. Les résultats sont rapportés à 100 p. de sérum.