OIS
En résumé, on voit que si l’on ne veut tenir compte que des éléments les plus importants comme masse, on peut dire que le sérum sanguin contient environ 8 p. 100 de matériaux, dont 7 p. 100 d’albuminoïde, et 0,7 p. 100 de sels minéraux, sur lesquels 0,3 p. 100 environ sont représentés par du sel marin.
§ 11. L.a fibrine.
On a vu plus haut que lorsqu’on soumet à un lavage prolongé le caillot qui se forme lors de la coagulation spontanée du sang, on obtient finalement une masse blanche, formée de filaments élastiques enchevêtrés. C’est ce produit, épuisé par l’alcool et l'éther, qui a été analysé si souvent comme fibrine pure. Il est facile de se rendre compte que le composé obtenu ainsi renferme encore des globules blancs, des stromas de globules rouges. Ces impuretés sont surtout sensibles, comme l’a montré Hammarsten (2), lorsqu’on soumet les fibrines ainsi obtenues à l’action de la pepsine chlorhydrique. Il reste alors un résidu insoluble, formé de nucléine et qui constitue la dyspeptone des anciens auteurs. La fibrine que l’on obtient par battage du sang est moins impure que celle du caillot, car elle emprisonne dans ses mailles moins d’éléments figurés, mais elle ne représente pas encore un individu chimique unique. On ne peut l’obtenir sensiblement pure qu’en s’adressant à des milieux dépourvus d’éléments figurés. En observant alors certaines précautions qui seront décrites plus loin on obtient ce que les auteurs allemands appellent la fibrine typique, composé qui (malgré quelques légères variations dans ses propriétés) paraît être un individu chimique défini. Les. produits décrits par Denis(3) sousle nom de fibrine concrète
(1) Heynsius, Pflüger's Arch., t. III, p. 1.
(2) Hainmarten, Pflüger’s Arch., t. X.XX, p. 437, 1883; Maly’s Jahresb., t. XIII, p. 13.
(3) Denis, iVou». études chim., physiol. et méd. sur les substances atbumindides, Paris, 1836; Mém. sur le sang, Paris, 1839.
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modifiée, de fibrine concrète globuline et de fibrine concrète pure, sont des mélanges de fibrine typique avec diverses impuretés. La première, que Denis obtenait par battage du sang artériel, est de la fibrine souillée de globules blancs et de stromas de globules rouges. Traitée par la pepsine chlorhydrique, elle laisse un résidu insoluble de « dyspeptone ». La seconde est gonflée par l’eau salée à 10 p. 100 et se dissout ensuite peu à peu. Denis l’obtenait en abandonnant à la coagulation spontanée du sang humain provenant d’unê saignée et en lavant et malaxant le caillot avec de l’eau. Hammarstcn(l)s’estassuré de la parfaite exactitude des indications de Denis au sujet de cette fibrine, mais il a montré qu’elle devait ces propriétés particulières à la présence d’une notable proportion de globules blancs. Ainsi le plasma de sang de cheval, non filtré, donne la fibrine globuline de Denis; si on le débarrasse, par filtration, des globules blancs qu’il tient en suspension, il donne, au contraire, la fibrine typique. Enfin, si l’on ajoute à des solutions de fibrinogène pur (voy. plus loin), des leucocytes du pus, on obtient par la coagulation, au lieu de fibrine typique, la fibrine-globuline de Denis. Quant à la « fibrine concrète pure », on l’obtient avec toutes les propriétés que lui attribue Denis, si on coagule une solution de fibrinogène additionnée d’une forte proportion de sérum-globuline (2).
Préparation de la fibrine. — Il résulte do ce qui précède qu’on ne peut obtenir de fibrine pure qu’en s’adressant à du plasma de sang (de cheval), ou à un transsudât spontanément coagulable, purifié par filtration ou par l’effet de la force centrifuge. On provoque la séparation de la fibrine par battage, et le caillot obtenu est lavé à l’eau, puis avec une dissolution de sel marin à 5 p. lOG qui enlève les globulines, puis de nouveau avec de l’eau et enfin avec l’alcool et l’éther. Si l’on opère sur un liquide non spontanément coagulable, comme certains transsudais, ou sur des solutions de fibrinogène pur (1), on ajoute, au préalable, un peu de ferment de la fibrine (voy. plus loin) et on bat ensuite le liquide.
Propriétés. — Ainsi obtenue, la fibrine se présente sous la forme d’une masse parfaitement blanche (les flbrines impures, dont il a été question plus haut, sont, au contraire, jaunâtres ou grises), gonflée, constituée par des filaments ou des amas élastiques. A cet état, elle contient environ 80 p. 100.de son poids d’eau. Elle est complètement insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. Les acides étendus et surtout l’acide chlorhydrique à 0, 1-0,3 p. 100 la gonflent considérablement et la transforment rapidement en une masse vitreuse, tremblotante. Les alcalis étendus la gonflent également. Au contact des solutions salines elle subit, au contraire, une contraction d’autant plus considérable que la dissolution est plus concentrée.
Cette gelée se dissout à la longue dans l’acide ou l’alcali employé, un peu moins lentement à chaud qu’à froid, et il se forme alors de l’acidalbumine ou de l’alcali-albumine. La solution de sel marin ou de salpêtre à o-lO p. 100 gonflent également la fibrine, mais ne la dissolvent que lorsqu’elle est souillée
(1) Hammarsten, Pfiüger’s Arch., t. XXX, p. 437, 1883.
(2) On verra plus loin que la coagulation ne se produit que si le fibrinogène est accompagné d’un sel de chaux.