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LE PLASMA ET LA COAGULATION

I I. Le PLAS.MA SA.NGUl.N.

On a exposé au début de celte élude quelques-uns des procédés qui permettent de retarder ou de supprimer complètement le phénomène de la coagulation spontanée et de séparer ainsi des éléments figurés du sang le liquide interglobulaire ou plasma.

Selon le procédé employé, le plasma varie beaucoup dans ses propriétés, principalement en ce qui concerne les conditions dans lesquelles on peut provoquer sa coagulation, et il importe, en vue de l’étude des théories de la coagulation, de bien préciser la nature des diverses préparations sur lesquelles on a expérimenté jusqu’à présent (1).

Plasma pur. — On peut l’obtenir en soumettant le sang de cheval à l’action du froid. Les globules rouges et blancs se déposent, et le plasma peut être décanté à l’aide d’une pipette. On peut hâter le dépêt des globules à l’aide de la force centrifuge (2). On obtient encore du plasma pur eu reproduisant la classique expérience de Hewson, reprise par Glénard et par Frédéricq (3).

Le plasma pur se coagule d’autant plus lentement, à la température ordinaire, qu’il a été plus complètement débarrassé des éléments figurés et spécialement des globules blancs, car on verra plus loin que ce sont ces éléments qui four-

(1) Halliburton, LeArÈMcA der chemischen Physiol., etc. Traduction allemande par Kaiser, Heidelberg, 1893, p. 237.

(2) Voy. p. 9.

(3) Voy. p. liO.

13i E>'CYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — E.YMBLING.

nissent le ferment de la fibrine, qui est le premier excitateur de coagulation. Si la séparation des cléments figurés est complète, le plasma peut même perdre entièrement toute aptitude à la coagulation spontanée. Dans les expériences de Schmidt et de ses élèves, il est question souvent de plasma de sang de cheval, frais et filtré. C’est un plasma pur, différent du plasma salé du même auteur (voy. p. 153). Ce plasma ftllré se coagule avec une très grande lenteur à la température ordinaire (souvent en deux ou trois heures).

On peut rapprocher du plasma pur un certain nombre de transsudais, tels que les liquides du péricarde et de l’hydrocèle, sur lesquels Al. Schmidt a fait ses premières recherches relatives à la coagulation. Ils sont très analogues au plasma; cependant ils sont le plus souvent incapables de coagulation spontanée, mais ils fournissent un caillot de fibrine lorsqu’on les additionne de sérum sanguin (c’est-à-dire, comme on le verra plus loin, de tout liquide contenant du ferment de la fibrine). Cependant, dans les cas où la séreuse qui a contenu le liquide est enflammée (dans les cas de péricardite, par exemple), l’exsudât contient des globules blancs et il est alors spontanément coagulable, sitôt qu’il a été extrait de l’organisme.

Pr.ASMA oxAi.ATÉ. — L’oxalate de potassium, à la dose raaxima de 0«'',1 pour 100«' de sang, supprime complètement la coagulation (Arthus). Le plasma, séparé par le repos ou par l’action de la force centrifuge, ne se coagule pas, comme il arrive pour les plasmas salés, par simple dilution. 11 ne fournit de caillot qu’après addition d’un sel de chaux soluble. Le mécanisme de l’action des oxalates est tout à fait différent de celui qui entre en jeu pour les sels alcalins cités plus bas (voy. pp. 9 et 160).

Les fluorures alcalins, les savons produisent le même effet.

Plasmas salés. — Ce sont les plasmas préparés d’après les indications de Hewson, Denis, A. Gautier, Al. Schmidt (1). Avec le sang de bœuf ou de mouton, le dépôt des globules se fait beaucoup plus lentement qu’avec le sang de cheval, mais en général on obtient, au bout de 24 heures de repos, une quantité suffisante de plasma. Avec une machine à force centrifuge, la préparation devient beaucoup plus rapide. Les plasmas salés se conservent pendant de longs jours sans altérations, encore qu’avec le plasma au sulfate de sodium on observe parfois la formation de filaments de fibrine. On peut aussi les évaporer à sec dans le vide et les conserver à cet étal (voy. p. 148). Les plasmas salés étendus de plusieurs volumes d’eau (de 4 à 6 vol.) se coagulent spontanément, mais le plus souvent au bout de quelques heures seulement. Le plasma au sulfate de magnésium, tel que le prépare Ilammarsten (2), par exemple (4 parties de sang pour 1 partie d’une solution de sulfate de magnésium saturée à froid), se coagule surtout très lentement par la dilution; parfois même il ne se coagule pas du tout (voy. p. 148). Mais tous ces plasmas fournissent au contraire rapidement un caillot lorsqu’on les additionne de ferment de la fibrine. Ils constituent donc des réactifs pour la recherche de ce ferment. Si on porte en même temps à la température de 40“, la coagulation s’achève en quelques instants.

(1) Voy. p. 8.

(2) Hammarsten, Pflüger's Arch., t. XIV, p. 220. — Ce plasma de Hammarston est souvent assez fortement coloré par de l’hémoglobine.

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES ET COMPOSITION Dü PLASMA. 133

Plas.ma sucré. — On l’obtient en ajoutant au sang un égal volume d’une solution de sucre de canne à 0,6 p. 100. Ce mélange se coagule spontanément en 30 à 60 minutes.

Plasma peptoné. — En injectant dans les veines d’un chien environ Os^^jS de peptone par kilogramme d’animal, puis saignant l’animal, on constate que le sang a perdu toute apiitude à la coagulation spontanée. En soumettant ce sang à l’action de la force centrifuge, on obtient un plasma incoagulable. Un courant d’acide carbonique, l’addition de lécithine provoquent la coagulation (voy. p. 170).

Plasma biliaire. — On le prépare en ajoutant à du plasma de sang (de cheval) filtré 1 p. 100 (pour du plasma non filtré, 2 p. 100) de sels biliaires (glycocholate et taurocholate de sodium). La coagulation est supprimée et on peut séparer le plasma. Étendu d’un volume d’eau, ce plasma se coagule spontanément. L’acide carbonique le coagule également (voy. p. 154).

Plasma a l’extrait de sangsue. — On ajoute au sang un extrait préparé en prenant les parties buccales de la sangsue officinale.

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