ET LOCALES
§ I. C.4R.\CTÈRES GÉNÉRAUX DU SANG TOTAL
Dans son parcours à travers l’organisme le sang subit, par suite de l’activité spéciale des divers tissus ou organes qu’il traverse, des modifications nombreuses dans ses propriétés physiques ou chimiques. La plus frappante et la plus immédiatement sensible est celle qui résulte du passage du sang à travers le poumon, et que marque la transformation du sang veineux en sang artériel. -Mais si l’on fait abstraction de cette différence — qui porte presque uniquement sur la composition des gaz du sang, et dont l’étude sera faite avec celle de la respiration — les autres modifications que subit le sang dans son parcours se traduisent par des différences si faibles, qu’une technique analytique assez perfectionnée pouvait seule les mettre en évidence. Il semble cependant, à première vue, que la sécrétion aux dépens du sang d’un liquide comme l’urine, ou l’activité spéciale d’une glande aussi importante que le foie, doive produire des différences très apparentes entre le sang que reçoit l’organe et celui qui en sort. En réalité ces différences sont relativement faibles, et l’on comprend qu’il en soit ainsi si l’on réfléchit à la grande rapidité de la circulation, et par conséquent à la masse considérable de sang qui traverse un organe dans un temps relativement court.
Aussi l’urine élimine par jour, chez un homme adulte, de 28 à 35*' d’urée, et
DENSITÉ Dü SANG.
cependant la richesse en urée du sang de Tarière et de la veine rénale ne pourront différer que fort peu en valeur absolue. Ce phénomène s’explique, si Ton songe que la niasse du sang qui traverse le rein en 24 heures peut être évalué à t30'‘6 et peut-être davantage. On conçoit dès lors combien doivent être faibles les mômes différences, lorsqu’il s’agit d’une substance comme Tacide urique dont Turine des 24 heures ne contient qu’un gramme en moyenne.
Il résulte de ce qui précède qu’une étude des propriétés générale du sang, abstraction faite des territoires vasculaires ou des circonstances physiologiques, est possible et fructueuse. Cette étude a déjà été esquissée au début de cet exposé. Il convient de revenir ici sur un certain nombre de points, avant d’aborder l’examen des modifications locales que subit le sang sous diverses influences.