Densité du sang
La densité du sang varie à l’état physiologique dans des limites assez étendues. Elle est la plus élevée au moment de la naissance et peut atteindre 1066, tandis que le sang de la mère no pèse souvent que 1040. Elle tombe et se maintient entre 2'semaines et 2 ans, à 1040 pour le sexe masculin et à lOSO pour le sexe féminin. De 6 à 12 ans la densité monte à 1030,5 (garçons) et 1032 (filles) et plus tard le rapport se renverse, car entre 33 et 43 ans, la moyenne est chez l’homme de 1038,3 et chez la femme de 1031,3. Au moment de la puberté on constate pour les femmes un relèvement (1033 en moyenne), mais de 25 à 33 la moyenne retombe à 1031,3, abaissement déterminé évidemment par les grossesses qui se répartissent surtout sur cet âge de la vie. En effet, la moyenne pour les femmes non enceintes est de 1032,1, tandis qu’à âge égal elle est pour les femmes enceintes de 1049,9. De 33-45 ans le poids spécifique s’élève lentement jusqu’à Tâge de 63-73 ans (1054,5), puis sunient une chute assez faible, plus marquée cependant pour le sexe masculin.
L’influence des repas se fait surtout sentir par l’effet des boissons, mais elle est très passagère. L’ingestion d’une grande quantité d’eau peut faire tomber la densité, par exemple, de 1060 à 1058. L’abstinence produit au contraire une augmentation momentanée. La forme générale de la courbe quotidienne montre que pendant le jour, et pour un exercice musculaire moyen, la densité s’abaisse pour se relever ensuite pendant le sommeil. Un exercice modéré dans un milieu
(1) Les méthodes eliniques pour la détermination de la densité du sang ont été, dans ces dernières années, l’objet de travaux nombreux. En partant d’un principe analogue b celui de la méthode de Roy {Journ. of Physiol., t. V, p. 9 ; Maly’s Jahresb., t. XV, p. 168, 1883), Lloyd E. Jones (Journ. of Physiol., t. Vlll, p. 1; Maly's Jahresb., t. XVIII, p. 83, 1888), et J. B. Hayeraft (Maly’s Jahresb., t. XXI, p. 89, 1891), ont imagine des procédés qui rendent rapide et commode la détermination de la densité du sang avec une seule goutte de ce liquide. Hayeraft se sert de deux mélanges de chloi-ure de benzyle (0 = 1,100) et toluène (D = 0,8706). Le premier, A, a une densité de 1,070 et le second, B, de 1,020. Dans un tube de verre on introduit 1“ de A, plus une goutte de sang et on ajoute à Taide d’une pipette divisée en 1/100* des quantités croissantes de B jusqu’à ce que le mélange ait la densité du sang, c’est-à-dire jusqu’à ce que la goutte de sang ne s’élève ou ne tombe plus dans le liquide. Le poids spécifique du sang peut être ensuite facilement calculé, ou déduit d’une table dressée à l’avance (voy. aussi Hammerschlag, Zeitschr. f. klinische Med., t. XX, p. 4ii; Maly's Jahresb., t. XXII, p. 128, 1892).
ne ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.
frais, abaisse la densité; mais s’il y a transpiration active, le poids spécifique peut s’élever considérablement (par exemple de d0o8,o à d063) (1). Le bain froid augmente la densité du sang obtenu par incision de la peau.
L’observation montre que la densité du sang dépend surtout, en ce qui concerne les matières solides, de la richesse relative en hémoglobine (2). Ainsi on verra plus loin que la courbe des variations de l’hémoglobine aux divers âges de la vie coïncide très sensiblement avec celle des variations de la densité, (iuant aux variations rapides, elles sont surtout déterminées par l'afflux ou le départ d’eau. En ce qui concerne ce dernier point, il faut se rappeler que la spoliation aqueuse du sang peut s’exercer non seulement par excrétion d’eau, mais encore par l’intermédiaire d’exsudats divers. Ainsi l’injection du sang dans la cavité péritonéale augmente la proportion de globules rouges du sang, comme l’ont démontré Bizzozezo et Golgi, Obalenski et d’autres observateurs; parallèlement on voit, d’après llunter (3), la densité du sang s’élever notablement (par exemple de 1033 à 1067), mais cette augmentation est due en partie à l’exsudation d’un liquide séreux dans la cavité péritonéale. Ajoutons encore que la congestion locale produite par une ligature fait croître rapidement la densité du sang : Lloyd E. Jones a vu, à la suite d’une ligature posée à la base du doigt, la densité s’élever en 4 minutes de 1036,6 à 1061. C’est là un fait qu’il ne faut pas perdre de vue lorsqu’on fait des prises de sang en vue d’examens alcalimétriques ou spectrophotométriques, car il est évident que la variation de densité doit être accompagnée d’autres modifications.
Dans les affections telles que la chlorose, l’anémie, les affections tuberculeuses, les tumeurs malignes, on voit la densité décroître régulièrement à mesure que diminue la richesse en hémoglobine. Dans les cas de néphrite, au contraire, la densité est moindre que celle qui correspondrait au poids d’hémoglobine dosée. La fièvre fait diminuer la densité, mais celle-ci se relève sitôt que la température redevient normale (Hammerschlag, loc. cil.). Les évacuations alvines abondantes et répétées (choléra, purgations répétées) font hausser la densité du sang dans des proportions énormes.