POULE
Potasse .
Soude .
Chaux .
Magnésie .
Oxvdc de fer .
Chlore .
Aeide sulfurique (SO*) .
Acide phosphorique iP-0®i . . .
Acide carbonique .
Silice .
Poids d’oxygène à retrancher à cause du chloi’e .
Citons encore deux analyses de Schmidt afin de donner une idée des quantités absolues de sels minéraux contenues dans le sang. Ces analyses sont relatives : la première, au sang d’un homme de vingt-cinq ans, blessé depuis peu, et la seconde, au sang d’une femme. Mille parties de sang renferment :
Sodium . 1,902
Chlore . 2,620
Acide sulfurique . 0,094
Acide phosidiorique . 0,766
l’iiosiihatc de chaux . 0,193
Phosiihalc de magnésie . 0,137
Quantité d’oxygène à ajouter . 0,424
A ces éléments il faut ajouter une trace de lithium découverte, à l’aide du
spectroscope, par Folwarzny et du fluor, caractérisée par Wilson. Millon a, de plus, trouvé dans le sang un peu de plomb, de cuivre et de manganèse (1).
Le rôle des matières minérales dans le sang n’est encore que très incomplètement connu. 11 est à coup sfir beaucoup plus important qu'on ne l’avait cru jadis. Ce qui en témoigne, c’est la remarquable constance de composition que présente le sang en ce qui concerne la plupart de ces principes. Ce fait est surtout frappant pour le chlorure de sodium, dont la proportion dans le sang reste sensiblement constante malgré des variations alimentaires très étendues. Un excès de chlorure de sodium introduit dans le sang par le tube digestif est très rapidement éliminé par les urines. Inversement, la privation de sel marin est aussitôt suivied’une diminution énorme delaquantilé dechloruresexcrétés par les urines. La teneur du sang fléchit aussi au début, mais elle se relève au bout de quelques
(t) Travaux cités par Gorup-Besanez, loc. cit., p. 509.
tt
jours et peut même atteindre son taux primitif, les autres liquides et tissus de l’organisme s’appauvrissant visiblement en sel marin au profit du sang. Ainsi dans une expérience de Schenk (1), le sang d'un chien contenait 0,297 p. 100 de chlore, et après huit jours d’une alimentation presque exempte de chlore (viande épuisée par de l'eau bouillante), 0,142 p. 100; mais en dix-neuf jours de la même alimentation, la teneur en chlore était remontée à 0,283 p. 100. Lorsque ensuite on donne à ces animaux, mis ainsi en état d’inanition chlorée, une alimentation riche en .sel, l’excrétion de chlore par les urines ne remonte qu’au bout de quelques jours, c’est-à-dire lorsque l’organisme a réparé la majeure partie de ses pertes. Dans les affections fébriles, où l’on voit l’excrétion du chlore par les urines diminuer considérablement et même s’arrêter entièrement, le sang continue à présenter, au point de vue du sel marin, la même constance de composition. Chez un pneumonique, Schenk a ti-ouvé 0,314 p. 100 de chlore dans le sang d’une saignée faite au moment où l’excrétion par les urines était tombée à 0s'’,13o dans les 24 heures; et 0,384 p. 100 dans le sang d’une saignée faite au moment de la convalescence et a une époque où l’urine des 24 heures renfermait 8s',462 de chlore (2).
Ces phénomènes montrent évidemment que le sel marin — et sans doute aussi les autres matières minérales — jouent un rôle essentiel dans la constitution du sang, mais la nature de ce rôle est difficile à préciser. On a déjà indiqué plus haut, d’après les travaux de Hamburger (voy p. 16), l’influence exercée par les sels sur les échanges qui peuvent s’établir entre les globules et le liquide qui les baigne. On sait, au surplus, que l’eau distillée est un véritable toxique pour la cellule vivante. Les poissons meurent rapidement dans un tel milieu (3) ; les mouvements des cils vibratils s’y arrêtent, les globules blancs et rouges s’y décomposent. En présence des sels du sang, ces accidents disparaissent au contraire, ou sont atténués. On doit à Sidney Ringer un grand nombre d’essais établissant l’action des sels du sang sur les cils vibratils, sur les muscles striés, et principalement sur le cœur, pour lequel les sels du sang constitueraient un véritable aliment. Kronecker et ses élèves soutiennent, en effet, que le cœur (de la grenouille) ne se nourrit pas au dépens de ses propres substances, mais au dépens de matériaux qui lui sont fournis par le courant sanguin. Or, parmi ces substances les matières minérales, et principalement la chaux, jouent un rôle capital, et Merunovvicz, S. Ringer ont démontré que les dissolutions de sels du sang constituent d’excellents liquides pour entretenir, par circulation artifi-
(t) Schenk, Anat.-physiol. Untersuch., Vienne, 1872, p. 19; cité par Hoppe-Seylcr, Physiol. Cheyn., Berlin, 1881, p. 436.
(2) On a montré, dans une autre partie de cet ouvrage, comment l’organisme résiste à la spoliation de sel marin qui est la conséquence d’une alimentation trop riche en sels .de potasse. (T. l, livre 11 : Les aliments.')
(3) La mort arrive en moyenne au bout de 4 heures et demie (pour Leuciscus pkoxinus). Par addition de 10 h 60" d’une solution de sel marin (à 0,73 p. 100) à 1"‘ d'eau, on obtient une survie de 11 à 30 heures. Le ehlorure de ealciuni. surtout lorsqu il est associé au bicarbonate de sodium, a, dans le même sens, une action encore plus manifeste. Un excès des mêmes sels produit rapidement des effets mortels. En introduisant des œufs de grenouille dans diverses solutions salées, on peut même produire des monstruosités. (Sidney Ringer, Journ. of. physiol., t. V, p. 98; Maly's Jahresb., t. XIV, p. 360, 1881.)
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.
cielle, les contractions cardiaques (1). On constate, à la vérité, que du sang soumis à la dialyse contiuue néanmoins à entretenir ces mêmes contractions, mais la courbe de la contraction a une forme anormale et se rapproche de celle que l’on obtient avec des dissolutions calciques faibles, et, d’autre part, l’analyse montre précisément que la dialyse n’élimine que très incomplètement les sels de calcium du sang. C’est là d’ailleurs un fait général, et la ténacité avec laquelle les matières minérales adhèrent aux substances albuminoïdes du sang semble indiquer que les matières organiques colloïdes contractent probablement avec les sels du sang de véritables combinaisons.