Sang veineux et sang artériel
Le caractère extérieur qui sépare immédiatement le sang veineux du sang artériel est la différence de coloration, qui tient elle-même aune teneur variable en hémoglobine et en oxyliémoglobine. D’après ITerter(t), Hoppe-Seyler (2), le sang artériel ne contient que de l’oxy hémoglobine, tandis que d’après Ilüfner (3), Pflüger (4), Gréhant (S), J. Otto (6), ce sang conserverait toujours une fraction de sa matière colorante à l’état d’hémoglobine (environ d»' p. 100" de sang, d’après J. Otto). Le sang veineux renferme, au contraire, constamment un mélange des deux pigments, mais en proportion très variable, selon les conditions physiologiques (état de repos ou d'activité du système musculaire, degré d’activité de la ventilation pulmonaire, etc.). Ainsi chez le chien, J. Otto a trouvé dans le sang de la veine crurale de 16 chiens de 10«',21 à 8,44 d’oxyhémoglobine contre Cs'',21-3,92 d’hémoglobine. Les deux matières colorantes étaient dosées, côte à côte, à l’aide de la méthode spectrophotométrique et d’après le procédé de Ilüfner.
11 résulte de là que le sang artériel est plus riche en oxygène (faiblement combiné à l’hémoglobine) que le sang veineux. Ce dernier est, au contraire, plus riche en acide carbonique que le sang artériel, et l’on verra plus loin que ce sont les échanges portant sur ces deux gaz qui constituent tout le jeu des phénomènes respiratoires dont les tissus et les poumons sont le siège. Corrélativement le sang présente les variations de coloration bien connues : le sang artériel est d’un rouge clair et brillant. Le sang veineux est, au contraire, rouge foncé et dichroïque ; en couches minces, il est rouge à la lumière réfléchie et verdâtre à la lumière transmise, phénomènes qui tiennent aux propriétés optiqpes de deux matières colorantes.
Le sang artériel se coagule plus rapidement que le sang veineux [Nasse (7), A'. Schmidt (8)]. 11 paraît démontré de plus qu’il est aqueux, moins riche en globules et en hémoglobine que le sang veineux. C’est là une question sur laquelle on a beaucoup discuté. Déjà les anciens auteurs, tels que Hering(9), Simon (10), Nasse (tl) admettaient que le sang veineux est plus riche en maté-
(1) Hertcr. Zeitschr. f. physiol. Chem., t. III, p. 98, 1877.
(2) Hoppe-Sejler, Physiol. Chem., p. 465.
(3) Hüfner, ibid., t III, p. 1.
(4) Plüger. P/lüger's Arch., t. I, p. 69.
(5) Gréhant, Comptes rendus, t. LXXX, p. 495.
(6) J. Otto. Pflüger's Arch., t. XXXVI, p. 14i, 1885.
t7) ÎNasse, Wagner’s Handicbrterb. d. Physiol-, t. I, p. 104, 1842.
(8) Al. Schmidt, Arch. f. Anal. u. Physiol., 1861, p. 545 et 675.
^9) Hering, Physiol. f. Thierartzte, Stuttgart, 1832, p. 132.
VlO) Simon, Journ. f. prakt. Chem., t. XXII, p. 118, 1842.
ai) Nasse, Das Elut, Bonn., 1836, p. 341.