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Sang de la veine porte et des veines sus-hépatiques

Le rôle important que jouent visiblement le système porte et le foie dans les phénomènes consécutifs à la digestion et dans tout l’ensemble des phénomènes dé la nutrition, a provoqué de bonne heure des recherches comparatives sur le sang de la veine porte et celui des veines sus-hépatiques. Mais les résultats ont été souvent contradictoires et au total peu fructueux. Ce fait n’a rien de surprenant, car si l’on rapproche la masse considérable de sang qui traverse le foie en un temps donné de la petite quantité de bile et de lymphe produite pendant le même temps par l’organe, on est conduit à cette conclusion que l’analyse chi-

(1) Le Canu, Études chim. sur le sang humain, Paris, 1837, p. 730.

(2) Letellier, ibid., p. 73.

(3) Heidenhain, Arch. f. physiol. Heilkunde, t. N.VI, p. 518, 1857.

(4) Malassez, Arch. de physiol. (2), t. I, p. 49, 1874.

(5) J. Otto, Pflüger's Arch., t. XXXVI, p. 48, 1885.

(6) Hayem est arrivé à des résultats analogues en comparant le sang de la jugulaire externe à celui de la carotide chez le chien. (Hayem, Le Sang, Paris, 1889, p. 197.)

(7) Cohnstein et Zuntz, Pflüger’s Arch., t. XLII, p. 303.

(8) Rôhrmann et Mühsam, ibid., t. XLVI, p. 383, 1889.

(9) Krüger, Zeitschr. f. Biol., t. XXVI, p. 452, 1890. — Le lecteur trouvera dans ce travail le résumé des recherches de Krüger et de ses élèves sur les différences de composition du sang veineux et du sang artériel dans divers territoires vascnlaires, avec une bibliographie complète de la question.

(10) Il convient d’ajouter ici que J. Otto maintient entièrement ses premières conclusions et que, se fondant sur des analyses comparatives de sang pris avant et après la ligature de la carotide et de la jugulaire (chez le lapin), il nie que la stase sanguine, invoquée par Zuntz, puisse expliquer les différences observées dans la richesse globulaire et la teneur en hémoglobine du sang veineux et du sang artériel. (J. Otto, Maly’s Jahresb., t. XVII, p. 135, 1887.)

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — L.i.MBLINC.

inique ne peut, que bien difficilement révéler des difTérences sensibles entre la composition du sang d’arrivée et celle du sang de retour.

On ne reproduira pas ici les anciennes analyses de Lelimann (1). Notons seulement qu’il paraît ressortir de ces recherches que le sang de la veine porte contient plus d’eau, de sérum-albumine, de graisses et de sels, et moins de matières extractives et de globules rouges que le sang des veines sus-hépatiques. Plus près de nous, Drosdoff, sous la direction de lloppe-Seyler, a repris cette étude par une série de quatre analyses complètes qui ont donné ce résultat uniforme que le sang de la porte contient plus de matériaux solides, plus de graisses et de phosphate de sodium, et, par contre, moins de cholestérine et de lécithine que celui des veines sus-hépatiques (2). Nous reproduisons ci-dessous celle des quatre analyses que lloppe-Seyler considère comme la plus exacte, bien que ce soit celle qui révèle entre les deux sangs les différences les plus faibles :

Veine porte. Veines sus-hépatiques.

Eau . 725,80

Matières solides . 271,20

Hémoglobine, matières albuminoïdes et

sels insolubles . 251,75

r.holestérine . 2, .59

Lécithine . 2,15

Matières extractivessolubles dans l'alcool. 1,27

Matières extractives solubles dans l’eau. 5,05

Sels minéraux . 5,38

KCl . 0,60

NaCl . 2,75

NaMlPO* . 0,63

Na^CO-' . 0.53

Dans ces expériences le sang de la veine porte était recueilli à l’aide d’une canule disposée de manière à éviter sûrement toute stase veineuse. Quant à celui des veines sus-hépatiques, on l’obtenait en introduisant par la veine jugulaire jusque dans la veine sus-hépatique une sonde allongée. Et Hoppe-Seyler (3j ajoute, à ce propos, qu’avant de tirer des conclusions fermes d’analyses de ce genre, il conviendrait de s’assurer que cette manière d’opérer n’apporte pas une gêne excessive à la circulation hépatique. Les observations de Rôhrmann et Mühsam et celles d’autres physiologistes ont montré, depuis lors, combien cette critique était justifiée (voy. p. 199). Ainsi s’expliquent probablement les divergences nombreuses que l’on relève entre les résultats des divers observateurs (4).

On a beaucoup agité la question de savoir si le sang de la veine porte contient

(t j Voy. les tableaux relatifs à ces analyses dans Goruii-Besanez, Traité de chimie physiologique, trad. par Schlagdenhauffen, Paris, 1880, p. 513.

(2) Drosdorff, Zeitschr. f. physiol. Chem., t. I, p. 233, 1877.

(3) Hoppc-Seylcr, Physiol. Chemie, p. 469.

(4i Ainsi Drosdoff a trouvé le sang des veines sus-hépatiques plus riche, et Otto, au contraire, l'a trouvé moins riche en hémoglobine que celui de la veine porte (Otto, Maly’s Jahresbericht,

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