Influence de Vàge
Le sang du fœtus. — La composition du sang foetal aux diverses périodes du développement a été étudiée par Colinstein et Zuntz (1) sur le lapin, le cobaye, le chien et le mouton. Les fœtus étaient extraits de l’utérus et examinés en même temps afin d’établir les variations individuelles aux divers stades du développement. Dans d’autres expériences, on n’extrayait qu’un seul fœtus, puis l’utérus et la cavité abdominale étaient refermés avec toutes les précautions antiseptiques, de manière à pouvoir procéder, au bout de quelques jours, à l’excision d’un nouveau fœtus. Ces expériences ont montré que durant les premiers stades de la vie intra-utérine le nombre des globules du sang fœtal est très faible. Chez les fœtus de lapin de 3 à 3'”', S de longueur, on a trouvé, en moyenne, pour un globule maternel, 0,096 globules dans le sang fœtal. Le nombre des globules augmente lentement pendant le développement et finit par atteindre, au moment de la naissance, les 96/100“ de la richesse globulaire maternelle. Parallèlement on voit augmenter la proportion d’hémoglobine, mais elle est toujours un peu inférieure à celle du sang maternel. En ce qui concerne la quantité de sang trouvée dans le fœtus et le placenta, on constate quelle diminue régulièrement à mesure que le développement avance. Elle est, par exemple, chez le lapin de 22'“,2 pour 100*% pour un hetus pesant Os^SO et un placenta pesant 2s%01, tandis qu’elle n’est plus que de 6““,93 pour 100*% pour un fœtus pesant 436%69 et un placenta pesant 3*',o. Enfin la répartition des quantités de sang précitées entre le placenta et le fœtus se fait de la manière suivante. Au début, le placenta contient, proportionnellement à son poids, plus de sang que le fœtus; au moment de l’expulsion du fruit il en contient, au contraire, environ 4 à 3 fois moins.
Le sang fœtal au moment de la naissance. — Au moment de la naissance et avant toute inspiration, le sang fœtal tel qu’on peut le recueillir par section du cordon entre deux ligatures ne diffère guère du sang maternel. Il paraît être cependant un peu plus riche en matériaux solides chez l’enfant, si l’on s’en rapporte aux chiffres de Becquerel et de Rodier (2) rapprochés de ceux de Krüger (3) et de Scherrenziss (4) (19,84 p. 100 de résidu fixe chez les femmes enceintes, d’après Becquerel et Rodier, contre 21,07 p. 100 chez le nouveau-né n’ayant pas respiré, d’après Krüger).
(1) Colinstein et Zuntz, Pflüger’s Arch., t. XXXIV, p. 173, 1881.
(2i Becqucl et Rodier, Recherches sur la composition du sang dans l'état de santé, etc., Paris, 1844.
(3) Krüger, Virchoio's Arch., t. CVI, p. 1, 1886.
(4) Scherrenziss, hiaug.-Dissert., Doqiat, 1888; Maly’s Jahresb., t. XVIII, p. 83.