CH: CH
C‘H’AzO = CH.C.CH*Az!l
a été obtenue par Ciamician et Dennstedt en hydrogénant lentement le nitryle précédent par du zinc et de l’acide sulfurique étendu. Après deux ou trois semaines, on ajoute au liquide un grand excès d’alcali solide pulvérisé, et on distille dans un courant de vapeur d’eau. Le liquide distillé est neutralisé par l'acide chlorhydrique, évaporé à sec ; le résidu est dissous dans l’eau, additionué de potasse, épuisé par de l’éther ; on évapore lentement ce dernier au bain-marie, afin de séparer la majeure partie de l’ammoniaque, on sèche sur de la potasse et on rectifie à 145-146°.
C’est un liquide incolore, très réfringent, miscible à l’eau en toute proportion, dont l’odeur désagréable rappelle celle de la conicine. A chaud, sa solution dans l’acide chlorhydrique concentré se colore en vert sombre et l’eau en précipite un corps résineux.
Le chlorhydrate s’obtient en évaporant dans le vide la solution exactement saturée par l'acide chlorhydrique. Il cristallise en aiguilles ou en prismes très solubles, non déliquescents.
Le chloroplatinate, C i °H , AzO a .HCl.PlCl 8 , qui est peu soluble dans l’eau froide, s’obtient par précipitation à l’état cristallisé. Il est à peine soluble dans l'acide chlorhydrique concentré.
Formules J
( Atom .
FUROÏ.NE.
C ,0 I1“0»= CTPO.CO - CH(0H).C‘H--0.
La furoïne, découverte par E. Fischer, est un polymère du furfurol, présentant avec ce dernier la môme relation que la benzoïne avec l'essence d’amandes amères.
Pour la préparer, on dissout 40 p. de furfurol dans 50 p. d'alcool étendu de 80 p. d'eau et on fait bouillir le soluté avec 4 grammes de cyanure de potassium. La solution, qui se colore en brun, laisse déposer par le refroidissement une masse cristalline rougeâtre, qu’on lave à l’eau, puis avec de petites quantités d’alcool pour enlever la matière résineuse qui la colore. On purifie le produit en le dissolvant dans le toluène bouillant, auquel on ajoute ensuite son volume d’alcool.
Elle cristallise en prismes déliés, fusibles à 155°, solubles dans le toluène bouillant, moins facilement dans l’alcool, l’éther et l’eau bouillante; elle se volatilise sans décomposition â l’abri de l'air.
L’acide sulfurique la dissout avec une couleur d’un bleu vert foncé ; les acides
chlorhydrique et iodhydrique la résinifient. La poudre de zinc la convertit, en présence de l’alcool et d’un acide, en un produit de réduction qui cristallise dans l’eau bouillante en fines aiguilles blanches.
L’acétylfuroïne, C S0 H 8 O 6 (C*H*O l ), en atomes,
se prépare en faisant bouillir la furoïne avec de l'anhydride acétique. On chauffe pour chasser l’excès de réactif, en ajoutant de l’alcool au mélange et en évaporant au bain-marie. Il reste un produit huileux, qui se prend par le refroidissement en une masse qu’on purifie par le noir animal et par cristallisation dans l’eau bouillante. Elle fond à 75°, comme l’acétylbenzoïne.
Les alcalis caustiques dissolvent la furoïne avec une couleur rouge foncé par transparence, d’un bleu verdâtre par transmission, coloration qui disparaît au contact de l’air, par suite de la formation d’un produit d’oxydation, le furile.
Furile.
Formules i Éc ‘ uiv - G “ Il6 ° 8 -
( Atom. . . . C ,0 H fl O‘ = CTrO.CO-CO.C‘H 5 G.
On obtient ce corps, en quantité presque théorique, lorsqu’on dissout à chaud la furoïne dans 12 p. d’alcool, et en ajoutant, après refroidissement, juste la quantité de soude nécessaire pour dissoudre les cristaux qui se sont déposés ; on étend la solution de son volume d’eau, on la refroidit vers zéro et on y insuffle un courant d’air ; la majeure partie du furile se dépose immédiatement en fines aiguilles, le reste étant obtenu par une affusion d’eau.
Le furile cristallise dans l’alcool bouillant en belles aiguilles jaune d'or, fusibles à 162°, peu solubles dans l’alcool froid et dans l’éther, insolubles dans l’eau, solubles dans le chloroforme.
L’acide chlorhydrique le décompose ; l’acide nitrique le dissout en donnant une combinaison soluble dans l'eau, ainsi que dans l’éther, lequel l’enlève à sa solution aqueuse.
L’amalgame de sodium agit sur la solution alcoolique de furile en reproduisant la furoïne, laquelle est à son tour réduite ultérieurement.
Une solution de potasse à 15 pour 100 le dissout à chaud et le transforme en un acide, qui correspond sans doute à l’acide benzilique, Vacide furilique, que l’on peut extraire par l’éther, après neutralisation de l’alcali. La solution éthérée, fortement concentrée par évaporation, est additionnée de ligroïne légère, qui sépare une résine brune. Le liquide, évaporé rapidement, laisse déposer l’acide furilique, G ,0 H 8 0 10 , en atomes
(C»H s O*)*.C(OH).CO*H,
sous forme d’aiguilles incolores, très solubles dans l’alcool, l’éther, les alcalis, fort peu solubles dans l’eau. A l’état humide, il est peu stable, car sa solution aqueuse
ALDÉHYDES A FONCTION MIXTE. 779
brunit en quelques heures, et instantanément à l'ébullition, avec séparation d’une résine brune. L’acide sulfurique le dissout avec une coloration brune.
Lorsqu'on introduit lentement, en agitant constamment, 1 p. de furile pulvérisé dans 40 p. de brome, et que l’on évapore l’excès de brome au bain-marie, on obtient des cristaux jaune pâle, qui perdent du brome par cristallisation dans le chloroforme et se colorent en brun vers 150°. A 185°, ils fondent, en se décomposant : il reste un résidu qui cristallise à froid, formé de deux corps inégalement solubles dans l’alcool, le monobromo et le dibromofurile.
Le dibromofurile, qui dérive du bromure d’addition C ,0 H 6 0 8 .Br 8 , se dépose en lamelles jaune d’or de sa solution alcoolique bouillante, après purification par le noir animal.
11 fond à 183-184° et se sublime sans décomposition ; il est à peine soluble dans l’eau. 11 se dissout aisément dans l’eau de baryte avec production de dibromofurilate de baryum,
C 10 H , BaBr*0',
sel qui cristallise en fines aiguilles incolores, très aisément solubles dans l’eau, difficilement dans l'alcool. L’acide libre ressemble â l’acide furilique. A chaud et en solution alcoolique, il donne avec l’acide sulfurique une couleur rouge fuchsine.
Le monobromo fur île s’extrait des eaux mères alcoolique du corps précédent, auquel il ressemble par l’ensemble de ses propriétés. [1 est très soluble dans l’alcool et dans l’éther; il fond à 110°. Lorsqu'on traite la solution alcoolique par l’oxyde d’argent, on obtient le sel d’argent d’un acide incolore, cristallisablc en aiguilles dans l’eau bouillante (Fischer).
Benzofuroïne.
p , t Équiv. . . . C**H i °0 6 .
ormues j A(om C ll H 10 0 5 = C fl ll 3 .C0-CH(0H)C‘ll 5 0.
Ce dérivé se prépare en faisant bouillir au réfrigérant ascendant pendant 15 à 20 minutes, avec 4 p. de cyanure de potassium, 18 p. de fui'furol, 20 p. d’essence d’amandes amères, 60 p. d’alcool et 80 p. d’eau.
Une affusion d’eau sépare une masse cristalline jaune brun, qu’on fait cristalliser dans une petite partie d’alcool bouillant, puis, successivement dans l’eau bouillante, la benzine et l'alcool.
Ce sont de fins prismes, fusibles à 137-139°, distillables sans décomposition, très solubles dans l’alcool bouillant, la benzine, le chloroforme, peu solubles dans l'eau et dans la ligroïnc.
Elle se distingue de la benzoïne par une plus forte solubilité dans l’eau ; de la furoïne, par une plus grande stabilité vis-à-vis des agents oxydants et par l’absence de reflets bleu vert en solution alcaline.
Aldéhyde et acide furonique.
De même que l’acide pyromucique fournit par l’action du brome un corps de nature aldéhydique, de même l’acide furfuropropionique donne 1 aldéhyde furonique, corps qu’on isole en décolorant le soluté par l’acide sulfureux et en l’éimisant par l’éther ; celui-ci abandonne à l'évaporation des cristaux qui se résiniflent très vite, ayant pour formule C’*H 8 0\ en atomes,
C 7 H 8 0 l = CHO.CH : CH.CO.CH , .CH*.GO , H.
Si, au lieu d’isoler ce dérivé, on ajoute de suite au liquide la quautité d’oxvd d'argent nécessaire pour l’oxyder, on obtient l'acide fnronique : J
C'‘II a 0 8 + Br s + 6AgO = C“H*Ag’0‘° -f- 2AgBr + H ! O a Ag>.
L'acide fnronique est en aiguilles incolores, difficilement solubles dans l’eau froide, fusible à 180°, donnant avec l’acide sulfurique concentre une eouleu jaune rougeâtre, qui devient brune à chaud. Traité par l’amalgame de sodium^l se transforme en acide hydrofuronique, corps cristallisé, très soluble dans V ’ fusible à 112». *ieau.