BROMURE DE CAMPHRE BIBROMÉ
Formules S
( Atom.
C ,0 II“Br*
C l0 Il ll Br l
Le chlorobromure de phosphore réagit énergiquement sur le camphre : à la température ordinaire, il donne naissance, entre autres produits, à un corps cristallisé, fusible à 464°, ayant pour formule C !0 H l4 Br 4 .
500 ENCYCLOPÉDIE CUIMIUUE.
Le même corps a été obtenu par de la Royère en dissolvant une molécule de camphre dans une molécule de trichlorure de phosphore, et en ajoutant, par petites parties, une molécule de brome. On refroidit le ballon, car la réaction est très vive : il se dégage de l’acide bromhydriquc et on observe la formation du dérivé tétrabromé C !0 H u Br*, auquel l’auteur donne le nom de dibromure de dïbromocamphilidène.
C'est un corps incolore, qui cristallise en lamelles rhomboïdales, d un aspect gras, doué d'une légère odeur rappelant quelque peu celle de la térébenthine.
11 est peu soluble dans l’alcool, même bouillant, plus facilement dans la benzine, l’éther, l’acétate d’éthvle, très soluble dans le chloroforme. Il commence à fondre vers ICO 0 , mais la fusion n’est complète qu’à 164°. A une température plus élevée, il perd de l’acide bromhydrique.
CAMPHRE IODÉ.
Formules
i Kquiv.
I Atom.
C lo H l5 10.
L’action de l’iode sur le camphre a été examinée par Armstrong et Miller. Les produits de la réaction sont : le carvacrol, le carbure C* 0 H , °, la dimêthylbenzine et la tétraméthylbenzine (1 : 2 : 5 : 5). Il ne se forme ni cymène, ni métacymène.
Un dérivé iodé aété obtenu par Haller en ajoutant à un mélange de camphre et de bornéol sodés de l'iodure de cyanogène, le tout dissous au préalable dans la benzine. On fait agir les corps dans des proportions telles, que pour une molécule de métal, il y ait une double molécule d’iodure de cyanogène ; on peut aussi traiter le mélange sodé par une solution d’iode dans la benzine :
C 20 H i3 NaO -+- C*AzI — C ! AzNa -f- C 10 H 18 I0'.
Le mélange effectué, on le laisse refroidir, en l’additionnant d'eau distillée, on l’agite et on l’abandonne à lui-même. La couche surnageante, primitivement jaune, ne tarde pas à se colorer fortement, par suite de la mise en liberté d’une certaine quantité d’iode; en agitant de temps à autre, on enlève cet iode qui entre en combinaison avec la soude tenue en dissolution dans le liquide aqueux ; en décantant l'hydrocarbure et en le soumettant à l’évaporation, il reste un résidu huileux, mélangé de camphre. On le filtre sur un tampon de coton pour séparer la majeure partie du camphre, on l’agite avec une dissolution étendue de soude et on l’épuise par l’éther; ce dernier abandonne à l’évaporation un résidu que l’on chauffe au bain-marie, à une température de 80° seulement, tant qu il se dégage des vapeurs de camphre. On obtient finalement un liquide visqueux, qui ne tarde pas cristalliser, et que l’on purifie par des cristallisations répétées dans 1 alcool.
Le camphre monoïodé pur se présente sous la forme de cristaux incolores, croquant sous la dent, appartenant au système orthorhombique. Son pouvoir rotatoire, qu[ est plus grand que celui du camphre, a pour valeur :
CAMPHRES.
Il est insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l'éther, la benzine. Il fond à 45-44° et peut rester en surfusion jusqu'au voisinage de 28° ; vers 100°, il émet des vapeurs très désagre'ables, sans éprouver de décomposition. À 150°, il se colore, et, vers 190°, il dégage de l’acide iodhydrique, de l’iode, ainsi qu’un produit brun qui se solidifie dans le col de la cornue,
Une solution aqueuse ou alcoolique très étendue de potasse caustique n’a pas d’action sensible, même à la température de l’ébullition : il se liquéfie et se rassemble au fond du vase sous forme de gouttelettes huileuses, qui se concrètent par le refroidissement. Mais une solution alcoolique concentrée de potasse caustique l’attaque : en précipitant par l’eau le produit de la réaction, reprenant le précipité par l’éther, décolorant le soluté par le noir animal, il reste un résidu jaunâtre, probablement de l’oxycamphre.
Traité par l’acide nitrique ordinaire, il se liquéfie, nage au sein du liquide sous forme de gouttelettes huileuses qui se dissolvent à chaud et réapparaissent par le refroidissement; à l’ébullition il y a décomposition et l’acide se charge d’iode.
L’azotate d’argent n’a pas d’action sur la solution alcoolique, même à la température de l’ébullition.