Ann.derChem. undPharm, t. CXLVt, p
La même transformation s’accomplit à 100° sous l’influence de l’acide chlorhydrique, ou encore par l’action des agents réducteurs, comme l’amalgame de
sodium. .
Enfin, par l’action des alcalis, le thiocronate se convertit en un autre dérivé du quinon, Yacide dioxyquinodisulfonique ou euthiocronique, C i2 HW° :
C 1, HS 10 K , O s * -t- 2KH0‘= SS’KHO 6 + C“S*K*0*>,
acide cristallisable que l’on isole en décomposant exactement le sel de baryum par l’acide sulfurique ; on évapore ensuite la solution sous une couche sulfurique.
(Graebe.) .
Graebe a encore décrit d’autres acides sulfonés dérivant du chloramle, ou plus exactement des acides qui précèdent. (Voir la cit.)
Le chloranile est coloré par la potasse en vert ; il y a ensuite dissolution avec production d’une coloration pourpre et formation d’un sel particulier, le dichloroquinonate de potassium, dont l’acide a pour formule C 1, H , C1 , 0 8 .
Avec l’ammoniaque aqueux et à chaud, il y a formation de dichloroquinonate d'ammonium ; avec l’alcool ammoniacal, on obtient le même sel, ainsi que du dichloroquinonamide. Enfin, avec la diméthylaniline, il se produit une substance colorante d’un bleu violacé.
D’après Wichelhaus, à l’état de pureté parfaite, cette'matière colorante qui cristallise en petits primes incolores, insolubles dans 1 eau, peu solubles dans 1 alcool, fond à 190° et possède la composition du violet méthylé, C M H“Az s O‘. Il a reconnu que ce dernier est un mélange qui renferme jusqu’à 27 pour 100 de la base cidessus, le reste étant constitué par une poudre brune.
Les deux produits, amorphe et cristallisé, teignent d’ailleurs la soie, comme 1 0 violet méthylé lui-même ; mais les produits de réduction de ces deux bases sont différents : les cristaux dérivés du chloranile et de l’aniline ou du violet méthylé fournissent une leuco-base qui est sous forme de petites lamelles, fusibles à 170°, tandis que la matière amorphe fournit des petits cristaux prismatiques grisâtres, fusibles à 155°.
Le produit de réduction de la première base renferme, non G s, H M Az*, comme l'avait d’abord indiqué l’auteur, mais C w H 50 Az 5 . La réduction se fait de préférence en solution alcoolique, avec l’étaip et l’acide chlorhydrique : on chauffe jusqu’à décoloration, et, après précipitation de l’étain, on extrait la base en agitant le soluté alcalin avec de l’éther *.
Les sulfures alcalins ne donnent pas de réaction nette avec le chloranile ; celuici se dissout aisément, par exemple, dans une dissolution de monosulfure de potassium en fournissant un liquide jaune, qui devient rapidement brun, puis noir au contact de l’air ; finalement, il se dépose une poudre noire et grenue. Ajoute-t-on immédiatement au soluté jaune de l’acide chlorhydrique, il se forme un précipité blanc jaunâtre, soluble dans l’alcool, l’éther, la potasse caustique.
t, Wichelhaus, Soc. chim., t. XXXVII, 148, et t. XLII, 519.
liromoquinon.
Formule, j^'
. . C ls II 5 Br04 . . C K H 3 BrO s .
Ce dérivé de substitution a été obtenu par Sarauw en attaquant une solution aqueuse de dibromhydroquinon par le pcrchlorure de fer. On traite le produit de la réaction par le sulfure de carbone et on le fait cristalliser dans la ligroïne.
Il est sous forme d’aiguilles jaunes fusibles à 55-56°, facilement sublimables, exhalant l’odeur du quinon; il est soluble dans l’alcool, l’éther, le sulfure de carbone, le chloroforme, la benzine, l’acide acétique, moins facilement dans la ligroïne et l’eau bouillante. Il se dissout dans les lessives alcalines, auxquelles il communique une coloration violette qui passe rapidement au brun. Il colore la peau en rouge.
11 s’altère spontanément, même dans des flacons bouchés.
Dlliromoqulnon.
Formules j ^ UIV> ( Atom.
C»H*Br*0*
C 6 ll*Br*0*.
Corps obtenu par Benedick en décomposant une solution aqueuse de dibromhydroquinon par de l'eau broméc.
Purifié par cristallisation dans l’alcool, il se présente sous forme de lamelles jaune d’or, brillantes, fusibles à 188°, sublimables. Il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l'éther et la benzine.
Broyé avec de l’alcool, puis traité par la potasse, il se dissout, mais sans fournir de dioxyquinon, composé qui conduirait par réduction à une tétraoxybcnzine ; en effet, lorsqu’on acidulé la solution et qu’on l’épuise par l’éther, on obtient comme résidu de l’hydroquinon dibromé :
3C»H‘Br‘0* +■ 211*0* = 2C ,, II'Br ! 0‘-+-C lî II , Br ! 0 8 .
Il devrait, d’après cette équation, se former de l’acide bromanilique, mais ce corps n’a pas été isolé (Bénédick). A l’ébullition, avec une lessive de soude, il y a formation de dibromohydroquinon et d'acide bromanilique.
Lorsqu’on mélange une solution alcoolique de dibromoquinon avec une solution concentrée d’hydroquinon, on voit se déposer du quinhydron, comme Wichelhaus l’a remarqué pour les dérivés chlorés du quinon.
On a signalé d’autres dérivés dibromés, qui paraissent isomériques avec le corps qui précède.
C'est ainsi qu’en attaquant à l’ébullition le p-diazodibromophénol, C 1 *II , Br , Az*0’,
t>54 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
par le chlorure de chaux, Bôhraer a obtenu un dibromohvdroquinon que le perchlorure de fer et l’acide chlorhydrique ramènent à l'état de quinon dibromé. Ce dernier composé cristallise en aiguilles sublimables fusibles, à 76° seulement, à odeur forte, peu soluble dans l’eau froide, assez facilement dans l’alcool, l’éther, le sulfure de carbone, la benzine et les alcalis *.
En traitant au voisinage de zéro une solution formée de 1 p. de tribromophénol et 5 p. d’acide nitrique fumant, Lévy'et Schultz ont obtenu un dibromoquinon cristallisé en lamelles brillantes, jaunes, fusibles à 122°, solubles dans l’alcool et dans l’éther, paraissant fournir par oxydation avec l’acide chromique de l’hexabrornophénoquinon, ainsi que du tétrabromoquinon, C 1 *Br 4 0\
Enfin, Prunier a signalé la formation d’un quinon dibromé fusible à 88°, en attaquant à 160-165° la quercite par 20 p. d’acide bromhydrique saturé à zéro *.
Tribromoquinon.
Formules j ^ U ' V ’
( Atom. .
C^IIBi^O 1
CHBrO 5 .
Obtenu par Sarauw en traitant à chaud une solution alcoolique de tribromohydroquinon par le perchlorure de fer.
Il est en lamelles d’un jaune doré, fusibles à 147° et sublimables en feuilles de fougères. Il est soluble dans l’alcool, l’éther, la benzine, le chloroforme, le sulfm. e de carbone; il se dissout dans les lessives alcalines, qu’il colore en violet, pui s en brun.
Bouilli avec de la soude caustique, il fournit du tribromohydroquinon et de l’acide bromanilique.
Il paraît se former du tribromoquinon, fusible à 108°, lorsqu’on attaque en vase clos la quercite par une solution concentrée d’acide bromhydrique. (Prunier.)
D’après Stenhouse, on obtient un corps analogue en traitant le bromanile p ar l’acide sulfureux ; mais dans cette réaction, il se forme principalement du bromhv dranile C 1J II , Br*0 1 et du tribromoquinon.
Suivant Hermann, lorsqu’on abandonne à elle-même en vase clos, pendant une quinzaine de jours, une solution d'éther succino-succinique avec un excès d’alcali puis que l’on sature par l’acide sulfurique et qu’on ajoute du brome, on obtient des dérivés bromés du quinon, notamment du tribromoquinon et du bromanile