‹ Encyclopédie chimique.Tome VII.- Chimie organique. AldéhydesChapitre 4 sur 151 · C8 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

C8 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

« La théorie qui précède repose sur des relations de fait, indépendantes de toute hypothèse concernant la constitution interne des carbures, des aldéhydes ou des acides; mais il est facile de la rattacher à ce que nous savons de la formation des carbures eux-mêmes, sans avoir besoin de recourir à des radicaux, ni même à un symbolisme particulier.

Tous les carbures peuvent être dérivés du formène par l’union successive de ce carbure à une première molécule de formène, avec séparation d’un volume d’hydrogène égal ou supérieur à celui du formène qui entre en combinaison. Les aldéhydes à leur tour (aldéhydes proprement dits, acétones, carbonyles) résultent en fait de la substitution de l’oxygène à l’hydrogène, à équivalents égaux, O 2 et H 2 , dans les carbures. On peut donc admettre que les aldéhydes résultent tous de l'oxydation d’une certaine molécule de formène; mais leurs propriétés doivent varier, suivant le nombre et la nature des réactions préalables déjà accomplies sur la molécule de formène qui leur donna naissance.

1° Cette molécule F peut n’avoir subi qu’une seule réaction, à savoir, celle qui l'a réunie à un autre carbure A, quelconque d’ailleurs,

Dans ce cas, l’oxydation qui produit un aldéhyde représente une seconde réaction effectuée sur le formène F, qui forme en quelque sorte l 'extrémité de la chaîne moléculaire. Cette oxydation engendre un corps comparable à l'aldéhyde ordinaire, qui dérive simplement de deux molécules de formène assemblées dans l’hydrure d’éthylène : il pourra de même, par une oxydation ultérieure, produire un acide monobasique, tel que l'acide acétique. Ce sont là les aldéhydes proprement dits.

2° Supposons maintenant que la molécule du formène qui s’oxyde ait déjà subi deux réactions, par exemple qu’elle ait été associée à deux autres carbures d’hydrogène, quelconques d’ailleurs :

F se trouvant en quelque sorte au milieu de la chaîne moléculaire.

Dans ce cas, l'oxydation qui produit un aldéhyde représente une troisième réaction, effectuée sur le formène, c’est-à-dire une réaction de plus que pour les aldéhydes proprement dits ; de là résultent les aldéhydes secondaires ou acétones.

Le cas le plus simple est celui de l'acétone ordinaire, qui dérive de trois molécules de formène assemblées. 11 existe une multitude d'aldéhydes ainsi engendrés et comparables à l’acétone; ils ne pourront pas davantage donner naissance à un acide de même richesse en carbone comparable à l’acide acétique. Bien que la formation d’un acide unique, d’une autre constitution, ne paraisse pas exclue en principe, jusqu’ici l’expérience a montré que les acétones se séparent en général en deux par oxydation et fournissent à la fois deux acides monobasiques, formés chacun suivant la même loi que l’acide acétique aux dépens de l’hydrure d’éthylène ; l’un correspond au carbure A + F, l'autre au carbure B, dont l’association a constitué le carbure primitif.

5“ Mais un troisième cas peut aussi se présenter, celui où la molécule du formène a déjà subi deux réactions telles, que l’une ait eu pour effet de le combiner

CARBONYLES

avec un autre carbure, tandis que l'autre lui ait fait perdre de l’hydrogène; II*, le nouveau carbure, sera alors à proprement parler un dérivé du méthylène M = G s ll% plutôt que du formène F — C' 2 H\ le méthylène occupant, comme le formène dans les carbures générateurs des aldéhydes, l 'extrémité de la chaîne moléculaire, A-l-M, et non le milieu, comme le formène sur lequel on agit pour produire les acétones.

« Cela posé, faisons éprouver à ce méthylène une troisième réaction, telle que la substitution de O 2 à H 2 qui engendre les aldéhydes ; le corps résultant aura une propriété nouvelle qui n’appartient ni aux aldéhydes proprements dits, ni aux acétones. Ce sera, d’après son mode de formation, un composé incomplet, et cela, indépendamment de sa fonction aldéhydique. A ce titre, il pourra fixer en principe 4 volumes d’un corps quelconque, par exemple II*0 2 , ce qui le changera en un acide formé suivant la même loi que l'acide formique au moyen de l’oxyde de carbone : telle est la caractéristique des carbonyles 1 . #

Les principaux carbonyles connus sont :

L’oxyde d’allylène. C 8 U*0*

Le subérone. C u II 1! 0*

Le camphre et ses isomères. C 20 H 16 O a

Le diphénylène-carbonyle. C S6 H S 0 Î

L’histoire de ce dernier corps a déjà été faite sous le nom de diphénylacétone (Voy. 1 er Fascicule, p. 405). ^

On a donné et on donne encore le nom de camphres à des corps volatils, doués d’une odeur particulière, et que l’on rencontre le plus souvent dans les huiles essentielles; mais la plupart de ces corps sont des alcools et leur étude doit être faite avec ces derniers : tel est le cas du menthol, qui constitue la plus grande partie de l’essence de menthe du Japon.

t. Annales de Chimie et de Physique , t. VI, p. 408, 2° série.

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