C S8 I1 10 0 8 = IP0 3 + G ,8 H
On exécute l’opération en mélangeant l’acide avec la moitié de son poids d’anhydride phosphorique ; on ajoute du sable et on distille.
Le rendement est plus satisfaisant (26 %) lorsqu’on chauffe pendant quelques heures le mélange à 200°, et qu’on extrait l'anthraquinon au moyen de la benzine.
11 est à noter que l’acide p-benzoyle-benzoïque ne fournit pas trace d’anthraquinon dans les mêmes circonstances, ce qui vient à l’appui de l'opinion des chimistes qui envisagent l’anthraquinon comme un diacétone. (Belir et Dorp.)
Distillé avec de l'anhydride phosphorique, l’acide benzoïque foyrnit de petites quantités d’anthraquinon. Il est probable que, dans ce cas, il se forme un peu d’acide (3-benzoyle-benzoïque, par duplication de la formule de l’acide, avec élimination d’une molécule d’eau. (Belir et Dorp.)
4° Lorsqu’on chauffe l’acide o-benzoyle-benzoïque avec de l’acide sulfurique fumant, jusqu'à ce que l’addition d’eau ne produise plus de précipité. Il y a formation d’acide anthraquinon-disulfonique (Liebermann) :
5° Soumis à l’action de l’oxyde de plomb, à une température inférieure au rouge, le tolylphénylacétone liquide engendre de l’anthraquinon en abondance, alors que la modification solide correspondante n’en fournil aucune trace. On sait, du reste, que l’isomère liquide donne seul de l’anthracène sous l’influence de la poudre et du zinc. (Belir et von Dorp.)
6° Dans la distillation sèche des alizarates de baryum et de calcium. (Reverdin.) 7° Westh et Binschleder ont démontré que l'anthraquinon donne de l’acide phtalique par l’action de l’acide sulfurique fumant à une température de 270° : C 28 II 8 0‘ -f- 2S*H*0"—C 16 ll e 0 8 -f- C‘*H 8 .S 4 0'*.
Picard a réalisé la transformation inverse en chauffant à 220° le chlorure de phtalyle avec du zinc et de la benzine. Le produit de la réaction, épuisé par l’alcool et la soude, fournit par sublimation de l'anthraquinon; mais le rendement est faible. Il est préférable d'attaquer le mélange par le chlorure d'aluminium. (Friedel et Crafts.)
L’anthraquinon se fabrique maintenant en grand pour être ensuite transformé en alizarine.
Pour l’obtenir tout à fait pur, on dissout l’anthracène dans l’acide acétique cristallisable, et on ajoute au soluté une dissolution acétique d’acide chromique, tant qu'il y a réduction : une partie de l’anthraquinon se dépose immédiatement sous forme d'aiguilles, l'autre portion qui reste dissoute pouvant être précipitée par l’eau. On purifie le produit brut, soit par sublimation, soit par distillation. (Graebe et Liebermann.)
On peut aussi faire passer un courant de chlore ou additionner de brome une solution bouillante de 1 p. d’anthracène dans 5 à 6 p. d’alcool. On filtre, et, après refroidissement, on lave le précipité à l’alcool froid, puis avec une lessive de soude faible, avant de procéder à la sublimation. (Claus.)
Industriellement, on oxyde l’anthracène avec un mélange de dichromate de potassium et d’acide sulfurique. L’anthraquinon brut, après dessiccation, est chauffé à 80-100° avec 2 p. 1/2 d’acide sulfurique. Après refroidissement, la solution est versée dans 20 fois son volume d’eau bouillante; le précipité est lavé, séché, puis sublimé. (Kopp.)
Propriétés.
L’anthraquinon est sous forme de cristaux rhombiques, soyeux, d’un jaune rougeâtre, dépourvus de saveur et d’odeur, sublimables en aiguilles jaunes, dont la teinte varie suivant le volume des cristaux. Il fond à 273° (Graebe, Liebermann). Son poids spécifique est égal à 1,419—1,438 (Schrôder); sa densité de vapeur, prise dans la vapeur de soufre, a été trouvée égale à 7.33 (Graebe), 7.22 (Meyer), la densité théorique étant de 7.20.
Il est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, l’éther, la benzine, un peu mieux dans la benzine bouillante et surtout dans l’acide azotique bouillant d’une densité de 1.4, qui l'abandonne inaltéré par le refroidissement.
100 p. d’alcool absolu n’en prennent que 0.05 à la température de 18°, et 2.249 à l'ébullition. 100 p. de toluène en dissolvent 0.19 à 15°, et 2.50 à la température de 100°. (Bechi.)
Il devient fortement électrique par le refroidissement. (Boettger, Petersen.)
D’après Schützenberger, dans l’attaque de l’acide nitrique, puis de l’acide sulfurique sur les produits de l'action du chlore sur l’anthracène, il se produit un isomère de l'anthraquinon, sublimable en belles aiguilles rouges, insoluble dans la potasse et dans l'ammoniaque, se transformant en anthraquinon jaune lorsqu’on chauffe sa vapeur vers 300°.
L'anthraquinon est un corps très stable, difficilement attaquable par les agents oxydants.
Le brome est sans action sur lui à la température ordinaire ; vers 100°, il se forme lentement de l'anthraquinon dibromé. (Graebe et Liebermann.)
Même à 200°, une solution alcoolique de potasse est sans action sur lui. Chauffé à 250° avec la potasse caustique, il se transforme en acide benzoïque (Graebe, Liebermann) :
C w H*0*4-2KH0 , =2C 1 *H*K0 t .
Avec une dissolution aqueuse de potasse, additionnée d’éthylate de sodium, on observe la formation d’une certaine quantité d’alizarine. (Wartha, Staidel.)
Distillé sur de la chaux sodée, l’anthraquinon fournit de la benzine, avec des traces seulement de diphényle (Graebe) :
C M H 8 0‘+ 4NaHO ! =2C U H 6 4- 2C s Na*0°.
Chauffé avec 20 fois son poids de chaux vive, il donne comme produit principal du diphénylène-acétone, et, comme produits secondaires, de petites quantités de diphényle, d’anthracène, de fluorène *.
L’anthraquinon produit une coloration rouge caractéristique, due à la formation d'anthraquinon-sodium, avec l'amalgame de sodium ou un mélange de soude et de poussière de zinc. Avec l’alcool absolu, la coloration est verte, mais la plus petite quantité d’eau la fait virer au rouge (Boettger, Claus). D’après Schützenberger, l’hydrosulfite de sodium produit également une coloration rouge caractéristique.
Avec la limaille de zinc et l’ammoniaque, l’anthraquinon se transforme en anthranol et en dihydroanthranol, C a8 H 1 ' ! 0 , .
20 p. d'anthraquinon, traités par 80 p. d’acide iodhydrique d’une densité de 1.7 et par 6 p. de phosphore, se transforment à l’ébullition en dihydrure d’anthracène, corps qui cristallise en lamelles tabulaires, fusibles à 108°. En diminuant d’un tiers la proportion de phosphore, et en arrêtant l’ébullition après 1/4 d’heure, on obtient un produit de réduction qui cristallise dans l’alcool bouillant en aiguilles jaunâtres, qu’on puritie par dissolution dans la potasse faible et précipitation par l’alcool. Ce corps, qui fond à 163-170“, est isomérique avec l’anthrol de Zincke, C S8 R I0 0 ! . Il fournit un dérivé monoacétylê, qui cristallise en aiguilles jaune clair, fusibles à 126-130“ ; la poudre de zinc, au rouge, le convertit en anthracène, tandis que les oxydants Je ramènent à l’état d’anthraquinon. (Liebermann et Topf.)
Le zinc-méthyle réagit vivement sur l’anthraquinon ; il y a formation d’un composé soluble, cristallisable. (Claus.)
Le perchlorure de phosphore réagit à 200" eu produisant du trichloranthracène :
C î8 H*0‘ -f- 2PhCl 5 =2PhCl s O ! -t- HCl -+-C* 8 H 8 C1 S .
Il se forme, en même temps, des produits de substitution plus avancés. (Graebe, Liebermann.)
A 200°, l’anthraquirion est attaqué par l’acide sulfurique et transformé en acides sulfoconjugués. (Graebe, Liebermann.)
Chauffé sous pression, à 260-270°, avec un mélange de bisulfate de soude anhydre et d’acide sulfurique à 56°, il donne un acide disulfoconjugué (Girard). Avec 3 à 4 p. d’acide fumant, à 270", on observe la formation d’une notable quantité d’acide phtalique. (Weith et Benschleder.)
Enfin, un mélange à volumes égaux d’acide sulfurique concentré et d’acide nitrique, d'une densité de 1.5, dissout l’anthraquinon vers 40°, avec production de dinitroanthraquinon. (Boetger.)
Pour caractériser l’anthraquinon, on le transforme au moyen de l'acide sulfurique
i. Anchiitz. fteutsch. Chem. Gesellxch., I. XI, p. 1223.