C'H'.CO
II a été obtenu par Fittig et Ostermayer en oxydant par l’acide chromique le phénanthrène, C ,8 II <0 .
Lorsqu’on fait bouillir ce carbure, en solution acétique, avec de l’acide chromique, l’oxydation est très lente; car, après 5 à 6 heures d’ébullition, il reste encore du phénanthrène inaltéré. Mais en employant comme oxydant 1 p. de dichromate de potassium et i p. 1/2 d’acide sulfurique, la transformation est rapide.
Graebe dissout le carbure à chaud dans 4 à 5 p. d’acide acétique glacial ; la température du mélange s’élève, on porte à l’ébullition, puis on ajoute de l’eau : il se sépare une masse cristalline orangée que l’on purifie par cristallisation dans la benzine et dans l’alcool bouillants.
Anschiitz et Schultz introduisent dans une grande capsule 900 p. d’acide sulfurique étendu delà moitié de son volume d’eau,300 p. de dichromate de potassium, puis, par petites portions, 100 p. de phénanthrène. Lorsque la réaction est terminée, on ajoute de nouveau 300 p. de dichromate et on porte le tout à l’ébullition. On précipite par l’eau, on dessèche le précipité, on le pulvérise et on l’abandonne pendant 24 heures au contact de l’acide sulfurique. On ajoute de l’eau, on filtre, on traite le résidu par de la soude froide étendue, on lave à l’éther la partie insoluble; on dissout celle-ci dans le sulfite de sodium, on précipite par l’acide chlorhydrique et on fait cristalliser le précipité dans l’alcool, la benzine ou l’acide acétique.
Le phénanthraquinon cristallise en aiguilles prismatiques, d’un jaune orangé foncé. 11 fond à 198° (Fittig, Ostermayer), à 202° (Hayduck), à 205° (Graebe); sa densité est égale à 1,464 (Sclirceder). Il distille vers 368®. En le chauffant brusquement, il se sublime en partie, mais plus difficilement que l’anthraquinon.
II se dissout à peine dans l’eau froide, un peu mieux dans l’eau bouillante; l’alcool le dissout bien, surtout à chaud. Les véritables dissolvants sont l'éther, la benzine, l’acide acétique glacial, l’acide sulfurique, ce dernier avec une coloration brune.
Les oxydants, tels que l’acide chromique, le peroxyde de manganèse et l’acide sulfurique, etc., le transforment en acide diphénique, C M 11 10 0 8 .
Graebe a reconnu le premier que la potasse bouillante dissout le phénanthraquinon avec une coloration verdâtre, puis brune, et que cette solution fournit la combinaison potassique du quinhydron correspondant par l’addition de l’eau et sous l’influence de l’air. En évaporant et en chauffant, on obtient du diphényle.
D’après Caro, dans certaines conditions, les alcalis transforment le phénan-
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thraquinon en un nouvel acide, Vacide diphénylène-gly colique, par fixation d’une molécule d’eau :
C î8 II 8 0 4 + IPO 2 = G î8 lI 10 O 8 .
On arrive à ce résultat en faisant bouillir une solution alcaline, jusqu’à décoloration; on précipite par un acide et on fait cristalliser le précipité dans l’eau bouillante. Ce corps ne représente pas l’aldéhyde de l’acide diphénique, car, par oxydation, il engendre le diphénylacétone, fusible à 82°.
D'après Anschütz et Japp, l'oxydation du phénanthraquinon, dissous dans une lessive faible de soude, par une petite quantité de permanganate à 100°, ne fournit que des traces d’acide diphénique, le produit principal étant l’acide diphynylèneglycolique, fusible à 160°. Le traitement par l’alcool du précipité d’oxyde de manganèse en extrait une certaine quantité de diphénylacétone, fusible à 82°, celui-ci n’étant que le produit de l’oxydation de l’acide, lequel prend facilement naissance par l’action de la soude étendue sur le phénanthraquinon. Enfin, avec le permanganate seul, en l’absence des alcalis, il ne se forme que de l'acide diphénique.
Le diphénylacétone et l’acide diphénique, oxydés lentement par un excès de permanganate, en solution alcaline, engendrent de L’acide phtalique, exempt de ses isomères. Cet acide, d’ailleurs, se forme abondamment en traitant le phénanthraquinonsulfite de sodium par le permanganate.
Lorsqu'on traite une solution alcoolique de phénanthraquinon par de l'amalgame de sodium à 5 pour 100, elle se colore d’abord en rouge brun, puis se décolore; en enlevant l’alcool par distillation, acidulant par l’acide chlorhydrique et agitant avec de l’éther, on dissout un corps qui présente tous les caractères de l’acide diphénique.
Dans l’action de la chaux sodée sur le phénanthraquinon, on obtient du fluorène, un produit fusible à 150°, et un corps rouge à point d’ébullition élevé (Anschütz et Schultz), alors que Graebe indique seulement la formation du diphényle. La cause de la divergence paraît résider dans la nature de la chaux sodée : la chaux sodée ordinaire fournit du diphényle en quantité presque théorique, tandis que la chaux sodée par sodium et la chaux calcinée fournissent un mélange complexe contenant du fluorène, du diphénylacétone et un corps rouge non déterminé.
Traité par une solution éthérée de zinc-éthyle en excès, le phénanthraquinon donne naissance à un composé qui répond à la formule,
C* 8 H 8 0 4 .Zn*(C 4 H s )\
Par une affusion d’alcool, il se sépare un alcoolate qui répond à la formule O B H“0*.C t H'0 l . Ce corps, qui cristallise en grandes tables fusibles à 77°, perd sous une cloche sulfurique sa molécule d’alcool et se convertit en C s, H l4 0\ en atomes :