S6 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
on obtient par expression, après 10 minutes de macération, un liquide rouge brun qui laisse déposer dans un endroit (rais un abondant coagulum ; celui-ci étant épuisé par l’alcool, on réunit les teintures et on les distille aux 4/5. Au résidu, on ajoute un peu d’acide sulfurique, puis beaucoup d’eau ; il se fait un abondant précipité jaune foncé qui fournit, après dessiccation, de magnifiques aiguilles lorsqu’on le soumet dans un tube de verre à l'action d’une chaleur modérée et longtemps soutenue.
Ce procédé étant peu productif, plusieurs chimistes ont cherché à le modifier: Gaultier de Claubry et Persoz, Runge, Debus, Schunck, Iliggins, Rochleder, etc.; mais ces recherches ne présentent plus guère d’intérêt depuis la découverte de l’alizarine artificielle, par Graebe et Liebomann.
Dès l’année 1868, ces deux savants ont démontré que l'alizarine se l’attache, non à la naphtaline, comme on l’a cru pendant longtemps, mais à l’anthracène ; que ce dernier carbure, par oxydation, fournit successivement l’anthraquinon et l’alizarine.
Perkin a ensuite prouvé que les deux alizarinos, naturelle et artificielle, cristallisent de la même manière, donnent avec les alcalis des solutions violettes de même ton et qu’elles produisent des nuances identiques sur les étoffes; enfin, que leurs solutions alcalines présentent au spectroscope les mêmes bandes d'absorption 1 .
Les atomistes admettent actuellement que l’alizarine dérive de deux noyaux benzéniques, reliés par deux groupes carboxyles (CO), et possédant deux hydroxyles (HO) voisins et placés dans le même noyau, comme l’indique la figure ci-contre :
La formule atomique de l’alizarine est dès lors la suivante .
Formation. — Propriétés.
L’alizarine prend naissance dans plusieurs réactions :
1° Lorsqu’on fait bouillir, avec les acides ou les alcalis, l’acide rhubérythrique contenu dans la racine de garance (Rochleder) et dans le Morinda citrifolia (Anderson, Stenhouse, Stein) :
C *°H i2 0 s * = C s, H 8 0 8 -fC 1! H ,! 0“+II ! 0 s .